Extension Factory Builder
05/11/2012 à 10:10
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Djibrill Bassolé (d) et son homologue malien Tieman Coulibaly, le 3 novembre 2012 à Ouagadougou. Djibrill Bassolé (d) et son homologue malien Tieman Coulibaly, le 3 novembre 2012 à Ouagadougou. © AFP

Le 4 novembre, la médiation burkinabè a entamé des discussions à Ouagadougou avec Ansar Eddine, un des groupes islamistes qui contrôlent la région du Nord-Mali. Alors qu’une intervention armée est en préparation, l’enjeu des discussions est de faire pression sur l’organisation d’Iyad Ag Ghali pour qu’elle rompe ses liens avec les terroristes d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Pour Ansar Eddine et son leader touareg Iyad Ag Ghali, l’heure du choix approche. Une délégation du  groupe islamiste, conduite par Algabass Ag Intalla, est arrivée à Ouagadougou le 2 novembre et s’est entretenue en fin de journée, pendant 45 minutes, avec Djibrill Bassolé, chef de la diplomatie du président burkinabè Blaise Compaoré.

Ce dernier avait rappelé, le 3 novembre, « les exigences de la Cedeao » (Communauté économique des États de l’Afrique de l'Ouest) pour qu’Ansar Eddine (« Défenseurs de l'islam ») entre dans le « processus de dialogue politique » destiné à rétablir l'unité du Mali : qu’il se démarque « de la terreur et du crime organisé », c'est-à-dire qu’il rompe avec les groupes terroristes Aqmi et le Mujao, responsables notamment de rapts dans la région.

"Très disponibles, très ouverts"

« Ça s'est bien passé », a déclaré Ag Intalla à la sortie de la réunion. Compaoré, médiateur dans la crise au Mali au nom de la Cedeao, pourrait recevoir, le 5 novembre, la délégation islamiste, dont les responsables « ont réitéré leur disponibilité et leur engagement à trouver une solution négociée à la crise », a indiqué une source proche de la médiation, qui les a trouvés « très disponibles, très ouverts ».

Au sujet de liens avec des groupes terroristes, la même source a expliqué qu’Ansar Eddine a tenu à « affirmer qu'ils sont un groupe autonome, indépendant » et n'ayant commis « aucun acte terroriste ». En revanche, la question de la charia n'a pas encore été évoquée publiquement, alors que les trois mouvements islamistes appliquent dans leurs zones la loi islamique dans sa version la plus rétrograde.

La crise malienne a été au cœur des discussions de Ouagadougou pendant tout le week-end. Selon plusieurs sources, Ag Intalla a rencontré le ministre malien des Affaires étrangères, Tiéman Coulibaly, arrivé le 3 novembre et reparti le lendemain, et, séparément, des responsables du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), rébellion touarègue prônant l'autodétermination qui a été supplantée par les islamistes dans le Nord malien.

Pression de l'Algérie

L’Algérie  a elle aussi fait pression sur Ansar Eddine. Selon des informations rapportées le 4 novembre par le quotidien algérien francophone El-Watan, le groupe d'Iyad Ag Ghali négocie à Alger un lâchage d'Aqmi. Le journal cite « une source proche du dossier », confirmant la présence sur place d'une autre délégation d'Ansar Eddine. De leur côté, les autorités algériennes gardent le silence.

L'Algérie, comme le Burkina Faso, est très favorable à une solution négociée incluant Ansar Eddine, sans toutefois écarter en dernier ressort une intervention militaire. Une option qui se précise d'ailleurs de plus en plus. Des experts internationaux travaillent depuis le 30 octobre à Bamako sur un « concept d'opération », préalable à l'obtention d'un feu vert du Conseil de sécurité de l'ONU.

Le général Sékouba Konaté, ex-chef d'État guinéen et chargé par l'Union africaine de rendre opérationnelle la future force, est arrivé le dimanche 4 novembre à Bamako pour participer à cette réunion, prolongée jusqu’à lundi. Elle sera suivie à partir du 6 novembre d'un rendez-vous des chefs d'état-major de la Cedeao.

Le 12 octobre, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté une résolution préparant le déploiement d'une force de quelque 3 000 hommes au Mali. Cette force serait soutenue sur le plan logistique par la France et les États-Unis. La Cedeao a jusqu’au 26 novembre pour préciser ses plans.

(Avec AFP)
 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Mali

Mali : le Gatia, drôle de milice

Mali : le Gatia, drôle de milice

Le Groupe autodéfense touareg imghad et alliés (Gatia) est devenu incontournable dans le Nord-Mali, mais son statut n'est pas clair. La présence de soldats dans une Mission de formation de l'UE prouverait qu'i[...]

Mali : les ravisseurs de Lazarevic, libres comme l'air...

Alors que le président Ibrahim Boubacar Keïta promettait de les traquer, après les avoir libérés, les auteurs de l'enlèvement de Serge Lazarevic et Philippe Verdon se promènent au vu[...]

Mali : vers un accord de paix définitif ?

Le 5e et dernier round des négociations intermaliennes de paix engagées en juillet à Alger se sont soldées dimanche par un accord inachevé, paraphé par le gouvernement mais pas par[...]

Un accord de paix au Mali signé avec une partie des groupes armés

Le gouvernement malien a signé dimanche à Alger avec une partie des groupes armés du nord du pays un "accord de paix et de réconciliation" pour mettre fin aux violences.[...]

Kabila, Ouattara, Bouteflika, Biya... Quels sont les diplômes de vos présidents ?

Votre président a-t-il le baccalauréat ? Un master ? À-t-il étudié l’économie ou le droit ? En France ou en Chine ? Toutes les réponses avec notre jeu interactif.  [...]

Afrique francophone : chef de l'opposition, un statut à double tranchant

Plusieurs pays d'Afrique francophone ont adopté un statut officiel de "chef de file de l'opposition". D'autres ont voté des textes mais attendent toujours la désignation de leur opposant en chef.[...]

Mali : procès en vue pour Sanogo

Attendu depuis des mois, le procès d'Amadou Haya Sanogo et de plusieurs autres membres de l'ex-junte malienne pourrait se tenir prochainement. "Peut-être en juin", estime une source judiciaire[...]

L'Afrique a-t-elle l'alimentation la plus saine du monde ?

Selon une étude de l'université de Cambridge, qui casse les clichés sur l'Afrique, le continent africain abriterait neuf des dix pays qui mangent le plus sainement au monde. Parmi eux, certains[...]

Sexe, mensonge, pouvoir : la trilogie infernale

Du Français Dominique Strauss-Kahn au Malaisien Anwar Ibrahim, on ne compte plus les responsables politiques dont les moeurs débridées, ou supposées telles, ont brisé la carrière.[...]

Mali : l'avenir de l'Afrique au coeur du Forum de Bamako

Le 15e Forum de Bamako s’est déroulé du 19 au 21 février avec comme questionnement central l'avenir du continent à moyen terme.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces
Purging www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20121105093635 from 172.16.0.100 Purging jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20121105093635 from 172.16.0.100