Le mercredi 31 octobre, l'opposition guinéenne a annoncé qu'elle allait déposer un recours en annulation du décret présidentiel nommant les nouveaux membres de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) en vue de législatives. Un scrutin repoussé depuis des mois en Guinée.
Le Collectif des partis pour la finalisation de la transition et l'Alliance pour la démocratie et le développement (ADP), qui regroupe l'ensemble des principaux partis d'opposition en Guinée, dénonce, dans une déclaration faite à la presse, la « modification de leur liste de 10 membres déposée auprès du ministre » de l'Administration territoriale, interlocuteur des partis politiques et des acteurs électoraux en Guinée, en vue de la constitution de la Ceni pour les prochaines élections législatives.
Selon l'opposition guinéenne, cette modification s'est traduite par « la réduction du quota qui leur revient de droit dans le cadre de la recomposition paritaire de la Ceni » et « ils ont décidé d'introduire un recours en annulation auprès de la Cour suprême » pour que leur liste « soit intégralement introduite dans le décret de nomination des commissaires de la Ceni ».
« Nous avons déjà saisi un collège d'avocats qui va introduire le recours » au plus tard jeudi matin, a précisé à l'AFP le porte-parole de l'opposition, Aboubacar Sylla. Le 29 octobre, le président guinéen Alpha Condé a signé un décret, conformément à la Constitution, désignant les 25 membres de la Ceni : dix du pouvoir et dix de l'opposition, trois de la société civile et deux de l'Administration.
"Manoeuvres"
Le texte a été contesté dès le lendemain par l'opposition qui s'est étonnée de voir parmi ses représentants un membre du parti de Jean-Marie Doré, ancien Premier ministre de transition, considéré comme un proche du pouvoir. Les opposants ont dénoncé des « manoeuvres » visant à mettre l'opposition « en infériorité numérique » au sein de la commission électorale. En attendant la publication de la réponse définitive à leur requête en annulation, ils réclament une suspension de l'installation de la nouvelle Ceni.
Le ministère de l'Administration territoriale a rappelé, le 30 octobre, que la nouvelle Ceni avait pour objectifs de désigner son président et proposer au chef de l'État un calendrier lui permettant de fixer la date des élections législatives. Un scrutin repoussé à de multiples reprises, qui devait être organisé dans le courant du premier semestre 2011. En attendant, c'est actuellement un Conseil national de transition (CNT, non élu) qui fait office de Parlement.
La dernier scrutin législatif en Guinée a eu lieu en juin 2002, sous la présidence du général Lansana Conté, décédé en décembre 2008 après 24 ans au pouvoir.
(Avec AFP)

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