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26/10/2012 à 12h:45
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Le logo de la compagnie française Areva. Le logo de la compagnie française Areva. © AFP

Dans un communiqué, Niamey juge le partenariat entre Areva et le Niger "très déséquilibré". Va-t-on vers le début de nouvelles négociations sur la rente de l'uranium ou est-ce une simple annonce vouée à accroître la popularité du gouvernement en période de troubles ?

En proie à de graves problèmes de sécurité intérieure, Mahamadou Issoufou a besoin du soutien de tout son peuple, dont il a récemment appelé à l’unité derrière lui dans la lutte contre les terroristes d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). C’est sans doute l’une des raisons qui ont poussé le gouvernement à publier, jeudi 26 octobre, un communiqué appelant à renégocier les accords dans l'exploitation de l’uranium entre le Niger et la société française Areva.

« Le partenariat dans l'exploitation de l'uranium est très déséquilibré en défaveur du Niger, et ce depuis 41 ans d'exploitation de ce minerai », fustige le texte validé par le conseil des ministres. « Ce déséquilibre est corroboré par le fait que les recettes tirées de l'uranium représentent 5% des recettes du budget national » explique le gouvernement, qui regrette que le Niger n’en tire pas « des ressources importantes ».

Le gouvernement du président Mahamadou Issoufou, élu en mars 2011, conclut en exprimant « sa volonté d'accroître les retombées du secteur minier pour le peuple nigérien, à travers notamment le renforcement de sa participation à la gouvernance du secteur ».

« Nous saluons et encourageons cette décision du gouvernement », a réagi Salissou Oubandoma, ex-coordonnateur du Groupe de réflexion sur les industries extractives au Niger (Gren), une ONG locale. « Nous produisons d'énormes quantités de ce minerai stratégique, on ne peut comprendre que les Nigériens végètent encore dans la misère ».

Dans le secteur pétrolier aussi

Dans le même communiqué, Niamey indique avoir une volonté de changement identique pour l’exploitation de l’uranium et le secteur pétrolier, où « la même démarche est en cours ». De fait, en novembre 2011, le Niger est devenu producteur d’or noir et a ouvert à Zinder (Centre-Est) sa première raffinerie, pour une modeste production de 20 000 barils par jour. Le contrat de production et de raffinage attribue 40% de la production au Niger et 60% à la China national petroleum corp. (CNPC), une compagnie publique chinoise. Les prix à la pompe de l'essence produite et raffinée sur place sont jugés trop élevés dans la population et suscitent depuis un an de vives protestations.

Rencontre avec Luc Oursel

Est-ce le début d’un nouveau bras-de-fer entre Niamey et Areva ? Il est en réalité difficile de déterminer quelle est la part d’annonce (forcément populaire) et celle de réelle volonté de confrontation dans la position exprimée par le gouvernement. Une seule certitude : selon les médias officiels nigériens, Luc Oursel, le président d'Areva et Mahamadou Issoufou ont eu une rencontre cette semaine à Niamey.

Lors de leurs dernières négociations, en février, Niamey avait annoncé que le prix du kilogramme d'uranium nigérien avait été fixé à 73 000 F CFA (environ 111 euros), et évoqué « une avancée notable dans l'histoire des négociations des prix des matières premières au Niger ». Il s'agit d'un « prix plancher » généralement fixé lors de discussions annuelles avec Areva et censé mettre le Niger à l'abri des fluctuations sur le marché international.

Mine géante d'Imouraren

Le groupe nucléaire français, qui n’a pas souhaité commenté le communiqué du gouvernement, est le plus grand employeur privé du pays. Il exploite pour l’instant deux gisements d'uranium dans le Nord, à Arlit et à Akokan. Mais en 2013-2014, la mine géante d'Imouraren, présentée comme « la deuxième du monde », doit rentrer en exploitation, avec une production espérée de 5 000 tonnes d'uranium par an pour un investissement de plus de 1,2 milliard d'euros.

Les revenus de cette activité stratégique pour l’indépendance énergétique de la France sont l’objet de polémiques depuis des décennies au Niger. Et l’influence présumée d’Areva et de Paris sur les régimes nigériens successifs font l’objet de tous les soupçons. Pour contrebalancer la dépendance à l’égard d’Areva, Niamey commence à peine à diversifier ses partenaires. Depuis quelques années, deux compagnies chinoises, dont la China national nuclear corporation (CNNC), extraient aussi de l'uranium à Azelik, également dans le Nord.

(Avec AFP)

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