Pour voir sa peine annulée, Gabriele (à dr.) peut uniquement compter sur la grâce de Benoît XVI.
© Vincenzo Pinto/AFP
Dans l’affaire "Vatileaks", le majordome du pape, coupable d’avoir divulgué des documents ultraconfidentiels, a vu ses derniers espoirs d’appel s’envoler. Paolo Gabriele se retrouve de facto incarcéré. Seule la grâce du pape est désormais à même de lui éviter la prison.
Suite de la désormais célèbre affaire dite « Vatileaks », dont le dénouement est proche. Le verdict n’est, pour l’instant, pas très clément pour le majordome du pape. Le Vatican vient en effet d’annoncer que le parquet renonçait à faire appel de la condamnation de Paolo Gabriele. Par conséquent, le majordome sera incarcéré dès ce 25 octobre dans une cellule de la gendarmerie du Saint-Siège.
Condamné à 18 mois de prison pour avoir subtilisé des documents confidentiels, le majordome du pape espérait que le parquet prononcerait un appel (ce que la défense avait déjà renoncé à faire). Gabriele possède cependant un dernier espoir : obtenir la grâce du souverain pontife. Dans le même temps, « une procédure de destitution de son emploi s'est ouverte à l'endroit du condamné », précise un long communiqué du Vatican.
"L’affaire est close"
Selon la secrétairerie d'État [le gouvernement du Vatican, NDLR], « l’affaire est close ». Dans le communiqué, elle soutient que « la sentence met un point final à une affaire triste qui a eu des conséquences très douloureuses ». Elle ajoute que « les diverses conjectures sur l'existence d'un complot et de l'implication d'autres personnes se sont révélées, à la lumière de la sentence, infondées ». « Gabriele a mis au point son projet criminel sans instigation ou incitation d'autrui, mais à partir de convictions personnelles qui ne sont en rien défendables », insiste la déclaration.
Alors que le Saint-Siège est soucieux de refermer au plus vite cette affaire embarrassante, la secrétairerie d'État laisse tout de même la porte ouverte à une annulation de la sentence par le pape, sous certaines conditions. La grâce représente « un acte souverain du Saint-Père, mais il présuppose de façon raisonnable le repentir pour le délit et une sincère demande de pardon au souverain pontife et à tous ceux qui ont été injustement offensés », précise le communiqué.
Un millier de documents ultraconfidentiels
Gabriele, le plus proche serviteur du pape, avait été arrêté en mai. L’enquête avait conduit à la découverte à son domicile de plus d'un millier de documents (principalement des photocopies mais aussi quelques originaux) provenant du bureau des secrétaires du pape. Parmi cette « saisie », on dénombrait certains documents ultraconfidentiels, directement paraphés par Benoît XVI. L’ancien majordome avait ensuite transmis ces textes au journaliste italien Gianluigi Nuzzi.
L'accusé de 46 ans, citoyen et résident du Vatican, marié et père de trois enfants, a répété au cours de son procès qu’il a voulu « aider le pape ». Le souverain était, selon lui, volontairement tenu au secret des scandales se déroulant dans le micro-État.
L’explication de Gabriele n’a apparemment pas convaincu le tribunal puisque le majordome a été reconnu coupable de vol aggravé. Le droit de l’État pontifical ne prévoit pas de possibilité de liberté conditionnelle pour ce délit.
Délit "très grave"
La Secrétairerie d'État a souligné dans les termes les plus durs, la gravité des faits qui sont reprochés à Gabriele: « offense personnelle contre le pape, violation du droit à la confidentialité de nombreuses personnes, préjudice à l'encontre du Saint-Siège et de ses institutions, scandale pour la communauté des fidèles, obstacle dans la communication entre les évêques et le Saint-Siège, perturbation pendant plusieurs mois de la sérénité dans la communauté de travail au Vatican ».
Le gouvernement du Saint-Siège se félicite que le procès Gabriele ait été « marqué par la transparence, l'équité, le plein respect des droits de la défense et la peine a été modérée et équitable ».
(Avec AFP)

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