Extension Factory Builder
25/10/2012 à 18:55
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Pour voir sa peine annulée, Gabriele (à dr.) peut uniquement compter sur la grâce de Benoît XVI. Pour voir sa peine annulée, Gabriele (à dr.) peut uniquement compter sur la grâce de Benoît XVI. © Vincenzo Pinto/AFP

Dans l’affaire "Vatileaks", le majordome du pape, coupable d’avoir divulgué des documents ultraconfidentiels, a vu ses derniers espoirs d’appel s’envoler. Paolo Gabriele se retrouve de facto incarcéré. Seule la grâce du pape est désormais à même de lui éviter la prison.

Suite de la désormais célèbre affaire dite « Vatileaks », dont le dénouement est proche. Le verdict n’est, pour l’instant, pas très clément pour le majordome du pape. Le Vatican vient en effet d’annoncer que le parquet renonçait à faire appel de la condamnation de Paolo Gabriele. Par conséquent, le majordome sera incarcéré dès ce 25 octobre dans une cellule de la gendarmerie du Saint-Siège.

Condamné à 18 mois de prison pour avoir subtilisé des documents confidentiels, le majordome du pape espérait que le parquet prononcerait un appel (ce que la défense avait déjà renoncé à faire). Gabriele possède cependant un dernier espoir : obtenir la grâce du souverain pontife. Dans le même temps, « une procédure de destitution de son emploi s'est ouverte à l'endroit du condamné », précise un long communiqué du Vatican.

"L’affaire est close"

Selon la secrétairerie d'État [le gouvernement du Vatican, NDLR], « l’affaire est close ». Dans le communiqué, elle soutient que « la sentence met un point final à une affaire triste qui a eu des conséquences très douloureuses ». Elle ajoute que « les diverses conjectures sur l'existence d'un complot et de l'implication d'autres personnes se sont révélées, à la lumière de la sentence, infondées ». « Gabriele a mis au point son projet criminel sans instigation ou incitation d'autrui, mais à partir de convictions personnelles qui ne sont en rien défendables », insiste la déclaration.

Alors que le Saint-Siège est soucieux de refermer au plus vite cette affaire embarrassante, la secrétairerie d'État laisse tout de même la porte ouverte à une annulation de la sentence par le pape, sous certaines conditions. La grâce représente « un acte souverain du Saint-Père, mais il présuppose de façon raisonnable le repentir pour le délit et une sincère demande de pardon au souverain pontife et à tous ceux qui ont été injustement offensés », précise le communiqué.

Un millier de documents ultraconfidentiels

Gabriele, le plus proche serviteur du pape, avait été arrêté en mai. L’enquête avait conduit à la découverte à son domicile de plus d'un millier de documents (principalement des photocopies mais aussi quelques originaux) provenant du bureau des secrétaires du pape. Parmi cette « saisie », on dénombrait certains documents ultraconfidentiels, directement paraphés par Benoît XVI. L’ancien majordome avait ensuite transmis ces textes au journaliste italien Gianluigi Nuzzi.

L'accusé de 46 ans, citoyen et résident du Vatican, marié et père de trois enfants, a répété au cours de son procès qu’il a voulu « aider le pape ». Le souverain était, selon lui, volontairement tenu au secret des scandales se déroulant dans le micro-État.

L’explication de Gabriele n’a apparemment pas convaincu le tribunal puisque le majordome a été reconnu coupable de vol aggravé. Le droit de l’État pontifical ne prévoit pas de possibilité de liberté conditionnelle pour ce délit.

Délit "très grave"

La Secrétairerie d'État a souligné dans les termes les plus durs, la gravité des faits qui sont reprochés à Gabriele: « offense personnelle contre le pape, violation du droit à la confidentialité de nombreuses personnes, préjudice à l'encontre du Saint-Siège et de ses institutions, scandale pour la communauté des fidèles, obstacle dans la communication entre les évêques et le Saint-Siège, perturbation pendant plusieurs mois de la sérénité dans la communauté de travail au Vatican ».

Le gouvernement du Saint-Siège se félicite que le procès Gabriele ait été « marqué par la transparence, l'équité, le plein respect des droits de la défense et la peine a été modérée et équitable ».

(Avec AFP)

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

International

Football : l'Ivoirien Copa Barry passé du rôle de bouc émissaire à celui de héros de la CAN

Football : l'Ivoirien Copa Barry passé du rôle de bouc émissaire à celui de héros de la CAN

Héros d’une finale qu’il ne devait pas jouer, Boubacar Copa Barry a inscrit le tir au but qui a offert la Coupe d’Afrique des nations 2015 (CAN) à la Côte d’Ivoire face au Ghana en f&eac[...]

Naufrages de migrants en Méditerranée : le silence des dirigeants africains

  Les dirigeants africains se montrent remarquablement silencieux sur les naufrages de migrants en Méditerranée, qui concernent pourtant nombre de leurs citoyens, en particulier dans l'ouest du continent, une[...]

Tomi, IBK, Bongo : des écoutes embarrassantes

Des chefs d’Etat étrangers, qui plus est des amis de la France, écoutés dans le cadre d’investigations judiciaires ? Voilà qui, d’un point de vue diplomatique, et même si[...]

François Durpaire : "La commémoration de la fin de l'esclavage est l'affaire de tous"

François Durpaire est historien, membre du Comité national pour la mémoire et l'histoire de l'esclavage.[...]

Birmanie : les nouveaux boat people

Plus d'un million de Rohingyas, musulmans, sont privés de tout droit et confinés dans des camps de déplacés dans des conditions déplorables. Leur seul espoir ? Fuir par la mer. Au[...]

Niger - Putsch de Seyni Kountché : et si la France n'y était pour rien ?

On croyait tout savoir de la chute du président Diori, en 1974. Mais des archives encore confidentielles suggèrent que le putschiste Seyni Kountché a pris tout le monde de court. Y compris Paris.[...]

Barack Obama à Béji Caïd Essebsi : "Les États-Unis croient en la Tunisie"

À l'ocassion de la réception de Béji Caïd Essebsi à la Maison blanche jeudi, le président amréicain Barack Obama a annoncé son intention d'accorder à la Tunisie le[...]

"Princess of North Sudan" : Disney accusé de glorifier le colonialisme

Le prochain Disney, encore dans les cartons, s'appuie sur l'histoire vraie d'un Américain venu planter l'étendard familial dans le nord du Soudan pour faire de sa fille une "princesse"... Au mépris[...]

Attentat du Bardo en Tunisie : doutes sur l'implication du suspect marocain arrêté en Italie

Un nouveau suspect a été appréhendé mercredi à Gaggiano, en Italie, dans le cadre de l'affaire de l’attentat du Bardo. Mais les premiers éléments laissent à penser[...]

Chine-Taïwan : nuages noirs sur le détroit

À huit mois d'une élection présidentielle à haut risque, la poignée de main très médiatisée entre Xi Jinping et Eric Chu Li-luan ne doit pas faire illusion :[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers