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23/10/2012 à 10:41
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Le président ivoirien Alassane Ouattara. Le président ivoirien Alassane Ouattara. © AFP

Depuis la fin de la crise postélectorale, les violences meurtrières sont encore nombreuses dans l'ouest de la Côte d'Ivoire. Lundi 22 octobre, le président Alassane Ouattara a reçu des représentants de la région durant trois heures au palais présidentiel.

L'échange entre le président ivoirien et des représentants de l'ouest du pays a été plutôt tendu. Lundi 22 octobre, Alassane Ouattara a été vivement interpellé sur les violences qui sévissent encore dans la région, imputées en partie aux forces armées et à leurs supplétifs depuis la fin de la crise de 2010-2011.

M. Ouattara a reçu au palais présidentiel, pour une séance d'échanges d'environ trois heures, un millier de personnes venues des régions du Cavally et du Guémon, zone la plus meurtrie durant la crise postélectorale de décembre 2010 - avril 2011, qui a fait environ 3 000 morts en Côte d'Ivoire.

« Le talon d'Achille du pays reste la paix fragile, avec comme préoccupation majeure la sécurité », a déclaré Privat Oula, vice-président de l'Assemblée nationale et élu de la région. « Le nombre pléthorique des (chasseurs traditionnels) "dozos", la présence de personnes de tous acabits dans leurs rangs, le manque de respect aux autorités administratives et traditionnelles constituent une grande menace au processus de réconciliation et à la paix dans nos régions », a-t-il insisté.

De nombreux dozos venus du nord ont combattu aux côtés des forces pro-Ouattara pendant la crise. Depuis, ils se sont répandus bien au-delà de leur aire géographique, tandis que leur nombre s'accroissait fortement. Actuellement estimés à plusieurs milliers, ils effectuent des missions de sécurité dans certaines zones.

Désarmement

« Certains dozos se rendent coupables d'exactions, comme certains militaires des Forces républicaines (FRCI) commettent des dérapages », a lancé le haut fonctionnaire Félix Tyéoulou, lisant une synthèse des doléances des habitants. « Nous demandons le désarmement des ex-combattants de quelque bord qu'ils soient », a-t-il aussi souligné.

Sur les dozos, M. Ouattara s'est dit entièrement d'accord avec ses hôtes, dénonçant un accaparement du titre de « dozo » et une prolifération de cette activité qui est totalement anormale. Il a promis un recensement pour faire le ménage, et une formation au respect des droits de l'homme pour les FRCI.

En juillet, une attaque contre le camp de déplacés de Nahibly, voisin de Duékoué, avait fait au moins six morts. Des déplacés avaient fait état d'un bilan plus lourd et accusé des FRCI et des dozos. La semaine dernière, six corps ont été extirpés , dans un puits à Duékoué, qui selon des habitants sont ceux de victimes supplémentaires. Les résultats de l'autopsie sont attendus prochainement.

« La priorité doit être le désarmement de toutes les personnes qui détiennent de manière illégale des armes. C'est ce que nous sommes en train de faire », a expliqué le chef de l'État.

Tueries

Un recensement des ex-combattants pro-Ouattara comme des miliciens fidèles à Laurent Gbagbo a été engagé depuis fin août. Le désarmement demeure toutefois très limité.

En proie depuis des années à de graves tensions, notamment liées aux problèmes fonciers, l'Ouest a été le théâtre de tueries durant la dernière crise, en partie attribuées aux forces pro-Ouattara.

La région, visitée par M. Ouattara en avril, subit encore des violences, avec des attaques menées par des hommes armés depuis le Liberia voisin. Ces attaques, comme celles qui sont perpétrées depuis le mois d'août à travers le pays, notamment à Abidjan, sont imputées par le pouvoir à des combattants pro-Gbagbo, ce que l'opposition récuse.

« Malgré les soubresauts que nous vivons actuellement, je continuerai de tendre la main à ceux qui font ces dérapages, ce sont des jeunes gens qui sont manipulés », a déclaré le président ivoirien.

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