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23/10/2012 à 09:29
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Barack Obama (à g.) et Mitt Romney, le 23 octobre à Boca Raton en Floride. Barack Obama (à g.) et Mitt Romney, le 23 octobre à Boca Raton en Floride. © AFP

Le président américain Barack Obama est sorti vainqueur du dernier débat, consacré à la politique internationale, qui l’opposait au candidat républicain Mitt Romney, lundi 22 octobre.

Le discours offensif de Barack Obama lors du dernier débat consacré à la politique étrangère, point faible de Mitt Romney, a semble-t-il porté ses fruits. Les deux hommes ont débattu lundi 22 octobre au soir pour la dernière fois de ce cycle électoral à l'université Lynn de Boca Raton à 75 km au nord de Miami en Floride (sud-est). Pour 53% des personnes « indécises » interrogées par CBS, le président sortant est le vainqueur de l'affrontement (23% à Mitt Romney). L'institut Public policy polling (PPP) a relevé 52% en faveur de Barack Obama chez les indécis (42% au républicain), tandis que les électeurs sondés par CNN donnaient une légère avance au sortant (48%-40%).

Après sa mauvaise prestation à Denver, le 3 octobre, le président américain a fait le pari de pousser son adversaire dans ses retranchements, rappelant au candidat républicain ses nombreuses sorties diplomatiques hasardeuses, ses déclarations sur la Russie (plus grand ennemi des États-Unis, selon Romney), et ses changements de position sur l'Afghanistan. « À chaque fois que vous avez exprimé une opinion, vous avez eu tort », a lancé le président sortant, accusant son adversaire de vouloir « importer les politiques des années 1980 ».

"Moins de chevaux et de baïonnettes"

« Vous avez dit que nous aurions dû aller en Irak bien qu'il n'y ait pas d'armes de destruction massive. Vous avez dit que nous devrions toujours avoir des soldats en Irak », a ajouté M. Obama, qui vante, lors de sa campagne, sa promesse tenue d'un retrait de ce pays fin 2011.

Adepte de l’humour, Barack Obama a gagné le prix de la vanne la plus réussie. « Nous avons également moins de chevaux et de baïonnettes », répond-t-il quand Romney s’élève contre les pertes d'effectifs de la marine de guerre américaine, dont les rangs sont désormais aussi réduits qu'en 1917

De son côté, M. Romney a émis des doutes sur la stratégie de Obama. « Je le félicite pour avoir éliminé Oussama ben Laden et avoir combattu la direction d'Al-Qaïda. Mais ce n'est pas seulement en tuant qu'on s'en sortira », a-t-il affirmé. Il a aussi repris sa diatribe sur la « faiblesse » de M. Obama à l'étranger, en particulier face à l'Iran. « Nous devons soutenir nos alliés. Je pense que les tensions entre Israël et les États-Unis sont très regrettables », a-t-il lancé. « Tant que je serai président, l'Iran n'aura pas l'arme nucléaire », a répliqué M. Obama, en assurant aussi que si Israël était attaqué, les États-Unis seraient à ses côtés.

Le candidat républicain  a également évoqué la situation au Mali, lors d’un des rares moments consacrés à la situation sur le continent. « Le Mali a été conquis, la partie nord du Mali, s'est-il repris, par des individus de type Al-Qaida », a-t-il déclaré laissant transparaitre sa faible maîtrise du sujet. En effet, c’est en énumérant les zones de conflit du Moyen-Orient, que Mitt Romney a fait allusion à la crise malienne. « C’est une région en plein tumulte »

Toutefois, selon Christopher Arterton, spécialiste de politique à l'université George-Washington, M. Romney « a été capable de montrer qu'il n'était pas le conservateur dangereux et déchaîné qu'Obama essayait de dépeindre ». Cette image pourrait l'aider « particulièrement dans les États qu'il doit gagner, la Floride et l'Ohio ».

Points d'accord

Et les deux candidats ont trouvé des points d'accord comme lorsqu'ils se sont érigés en défenseurs d'Israël et ont mis en garde l'Iran au sujet de son programme nucléaire. Romney n'a pas remis en question le bilan du Président américain. Au contraire, il a affirmé à plusieurs reprises « être d'accord » avec son adversaire. Il a notamment affirmé soutenir à 100% l'usage de drones de Barack Obama. 

Surtout, ce dernier débat a confirmé que la politique internationale n’était pas au centre de la campagne et que l’élection de novembre ne se jouerait pas sur ce thème, alors que les deux candidats sont au coude-à-coude dans la plupart des sondages nationaux. Profitant de toutes les occasions, Obama et Romney ont cherché à lier les questions globales à l'économie et aux questions propres aux États-Unis.

« En tombant d'accord (avec Obama) sur des points importants de politique étrangère, Romney a joué la prudence ce soir et a essayé de déplacer la conversation vers des sujets économiques sur lesquels il pense être plus fort », a estimé Dotty Lynch, professeur de communication à l'American University (Washington DC).

(Avec AFP)
 

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