Extension Factory Builder
23/10/2012 à 12:57
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Des miliciens d'Ansar Eddine qui occupent le Nord-Mali. Des miliciens d'Ansar Eddine qui occupent le Nord-Mali. © AFP

Au lendemain de la réunion du Conseil européen qui s'est tenue les 18 et 19 octobre à Bruxelles, les contours d’une intervention armée pour reconquérir le Nord-Mali se précisent. Comme en Somalie, la France souhaiterait européaniser la coopération avec Bamako, notamment par le biais d'une mission militaire d’instruction pour former les soldats maliens qui opéreront en première ligne, aux côtés de la future Micema - équivalent ouest-africain de l'Amisom.

« Gravement préoccupée par la crise politique, sécuritaire et humanitaire qui continue d'affecter le Mali », l'Union européenne (UE) semble vouloir recourir aux « recettes » qui ont contribué à contrecarrer les jihadistes en Somalie, à commencer par l'impérieuse nécessité de disposer de forces nationales efficientes, capables de constituer le fer de lance visible d'une action énergique.

Si un bon équipement s'avère important, c'est surtout le « regonflage » du moral des soldats et leur entraînement qui conditionneront la valeur de la nouvelle armée malienne. Tâches qu'évoquent les conclusions de la réunion du Conseil européen qui s'est tenu les 18 et 19 octobre à Bruxelles, parlant de la « planification d'une éventuelle mission militaire dans le cadre de la PSDC [Politique de sécurité et de défense commune, NDLR] en vue de contribuer à la réorganisation et à l'entraînement des forces de défense maliennes », avec pour corollaire leur coopération avec la future Mission de la Cedeao au Mali (Micema, qui devrait être sous mandat de l'Union africaine et de l'ONU).

Si aucune décision concrète n'a été prise lors de cette réunion, un diplomate français confie néanmoins que Paris voudrait une participation des pays de l'UE, via des instructeurs militaires. Une fois le principe d'une intervention entériné par le Conseil de sécurité de l'ONU, ces hommes formeraient, au Mali, entre quatre et six bataillons, regroupant 3 000 hommes prêts à entrer en action au début de 2013.

Restructuration

Un projet qui s'inspire clairement de la mission militaire européenne en Somalie, l'European union training mission Somalia  (EUTM Somalia), déployée en 2010 pour venir en soutien à la mission de l'Union africaine en Somalie (Amisom). Dans un document officiel, l'Europe avait identifié les forces de sécurité nationales somaliennes « comme une entité en besoin urgent d'un soutien pour sa restructuration ». Des mots qui rappellent singulièrement ceux qui figurent dans les conclusions du 19 octobre.

Certains formateurs s'interrogent néanmoins sur la validité réelle du concept de l'UE, qui n'a pas encore pris la décision de poursuivre ou non l'expérience, alors qu'elle aurait dû le faire cet été.

En décembre 2012, date de fin de la mission, c'est un total de 675 instructeurs et personnels civils européens qui auront ainsi formé plus de 3 000 soldats somaliens, pour l'essentiel sur le territoire ougandais, avant qu'ils n'affrontent, aux côtés des troupes de l'Amisom, les shebabs. Le nombre d'instructeurs affectés à ce programme permet d'entrevoir quels seraient les besoins humains d'un projet équivalent pour le Mali. Mais certains formateurs s'interrogent sur la validité réelle du concept de l'UE, qui n'a pas encore pris la décision de poursuivre ou non l'expérience, alors qu'elle aurait dû le faire cet été.

Forte présence sur zone

À l'initiative du projet pour le Mali, la France détacherait de nombreux éléments, ainsi que la Grande-Bretagne et l'Espagne, tandis que l'Italie et la Belgique pourraient également s'impliquer. En revanche, bien que disposé à soutenir une intervention, Berlin refuse de contribuer à une mission de formation, prudence encore plus prononcée en ce qui concerne la Pologne et les pays nordiques. Enfin, l'Europe fournirait le matériel nécessaire à l'équipement de ces bataillons, en particulier des moyens de transmissions et des véhicules.

En attendant la mise sur pied de ce programme, la perspective de sa création accentue davantage la pression sur les islamistes du Mali, avec un message en filigrane : il est encore temps pour les « modérés », de s'éloigner des groupes les plus belliqueux.

Quant aux instructeurs européens, même si officiellement ils ne devraient pas être engagés au combat, leur présence sur zone serait importante. Au cas où...
 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Mali

Mali : bientôt un procès dans l'affaire des 'Bérets rouges' ?

Mali : bientôt un procès dans l'affaire des "Bérets rouges" ?

Le rapport d'enquête sur l'affaire de la disparition des "Bérets rouges" devrait prochainement être bouclé et transmis au procureur, ouvrant ainsi la voie à un éventuel procè[...]

Ramtane Lamamra : "Un accord dans cent jours" sur le Nord-Mali

Le chef de la diplomatie algérienne fait le point sur le dialogue inter-malien, entamé le 16 juillet, et qui devrait être suspendu le 24 juillet avant une reprise à la mi-août. Première[...]

Hollande prépare le lancement de l'opération Barkhane à N'Djamena

L’opération "Barkhane", du nom de la nouvelle configuration stratégique de l’armée française dans le Sahel qui devrait mobiliser 3 000 soldats environ, sera officiellement[...]

Pourquoi le Mali s'est fait épingler par le FMI pour des fournitures militaires

Le FMI est-il trop pointilleux ? Un contrat de fournitures militaires de plusieurs dizaines de millions d'euros fait en tout cas tiquer les bailleurs de fonds. Trop opaque, jugent-ils. Le Mali n'apprécie pas.[...]

Mali : le groupe de Belmokhtar revendique l'attentat-suicide qui a tué un soldat français

Dans un enregistrement audio transmis mercredi soir au site d'information mauritanien Alakhbar, Al-Mourabitoune, le groupe du jihadiste Mokhtar Belmokhtar, revendique l'attentat-suicide qui a tué un sous-officier[...]

Mali : le gouvernement se dit "prêt à aller loin" dans les négociations de paix

Selon Abdoulaye Diop, ministre malien des Affaires étrangères, le gouvernement de Bamako est "prêt à aller loin" dans les négociations de paix avec les groupes armés du Nord du[...]

Mali : après des mois de blocage, ouverture des négociations de paix à Alger

Des négociations de paix entre le gouvernement malien et les groupes armés du nord du pays s'ouvrent ce mercredi à Alger. En guise de bonne volonté, les deux camps ont échangé mardi soir[...]

Ebola en Afrique de l'Ouest : le bilan passe le cap des 600 morts, dont 68 en 5 jours

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le bilan de l'épidémie de fièvre Ebola qui frappe la Guinée, le Liberia et la Sierra Leone depuis mars a désormais franchi le cap des 600[...]

Mali : mort d'un sous-officier de l'armée française, "victime d'un attentat suicide"

L'Élysée a annoncé mardi qu'un soldat français avait été tué au Mali, "victime d'un attentat-suicide", alors qu'il participait à une opération de[...]

Mali : Le Drian annonce la fin de "Serval" remplacée par l'opération "Barkhane" contre le terrorisme au Sahel

Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a annoncé, dimanche, la fin de l'opération Serval au Mali. Elle va être remplacée par l'opération régionale[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers