Extension Factory Builder
22/10/2012 à 09:20
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Des rebelles islamistes d'Ansar Eddine, alliés d'Aqmi, à Tombouctou. Des rebelles islamistes d'Ansar Eddine, alliés d'Aqmi, à Tombouctou. © AFP

Les islamistes contrôlant le Nord-Mali ont reçu le renfort, samedi 20 et dimanche 21 octobre, de plusieurs centaines de djihadistes étrangers, selon plusieurs sources contactées par l'AFP.

« Dans la région de Tombouctou et de Gao, des centaines de djihadistes, essentiellement de nationalité soudanaise et d'origine sahraouie, sont venus en renfort [samedi 20 et dimanche 21 octobre] pour faire face à une attaque des forces maliennes et de leurs alliés », a déclaré dimanche une source sécuritaire malienne.

L’information a été confirmée par plusieurs témoins. « Ils sont armés et ont expliqué qu'ils sont venus aider leurs frères musulmans contre les mécréants », décrit un habitant de Tombouctou. « Plus de 150 islamistes soudanais sont arrivés en 48 heures »,  dit-il.

Des Soudanais mais aussi des islamistes « d'autres nationalités » ont pris position à Tombouctou - contrôlée par le groupe islamiste armé Ansar Eddine et Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) – et dans sa région, affirme une source proche d'une ONG. Tandis qu’un témoin a affirmé qu’à Gao, « depuis vendredi, il y a de nouveaux islamistes qui viennent et se rendent à la police islamique » du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao) qui contrôle la ville. Dix véhicules pick-up remplis d'hommes armés se sont présentés à la police islamique, assure-t-il.

Habib Ould Issouf, l'un des dirigeants du Mujao à Gao, originaire du Niger, a confirmé l'arrivée de ces combattants étrangers. « Ils veulent la guerre? On va faire la guerre. C'est pourquoi nos frères viennent de partout. Ils viennent des camps de Tindouf en Algérie, du Sénégal, de la Côte d'Ivoire, de partout », a-t-il affirmé.

Le MNLA dément

La rébellion touareg du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) a de son côté démenti « formellement » ces informations. « L'arrivée de convois de combattants jihadistes du Soudan et du Sahara occidental est une information archi-fausse. Nous démentons formellement », a déclaré à l'AFP Ibrahim Ag Mohamed Assaleh, l'un des responsables du MNLA vivant à Ouagadougou. Il s'agit d'une « intoxication pour intimider les armées internationales qui veulent intervenir dans le nord du Mali », a-t-il poursuivi.

« Nous reconnaissons qu'il y a depuis longtemps quelques Soudanais dans les forces du Mujao (Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest, l'un des groupes islamistes du Nord), dont l'un est au commissariat de Gao (l'une des grandes villes de la région) pour l'application de la charia » (loi islamique), a-t-il seulement admis.

Rencontre à Bamako

Selon plusieurs sources, en juin, une trentaine de djihadistes algériens avaient déjà rejoint les rangs des islamistes à Gao

L'arrivée de ces hommes intervient deux jours après une réunion à Bamako des partenaires internationaux du Mali. Des représentants de l'ONU, de l'Union africaine (UA), de l'Union européenne (UE), de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), mais aussi de pays voisins comme l'Algérie et la Mauritanie étaient rassemblés.

Cette rencontre « a donné l'occasion aux participants de s'unir dans la solidarité avec le peuple malien et de convenir avec l'État du Mali d'une mobilisation optimale en faveur (...) de l'unité nationale et de l'intégrité territoriale du Mali », selon une déclaration commune.

Les participants ont également demandé aux autorités maliennes de prendre « des mesures immédiates pour faciliter les efforts de la communauté internationale ».

(Avec AFP)
 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Mali

Mali : au Nord, c'est le far west

Mali : au Nord, c'est le far west

À Alger, on négocie depuis le 16 juillet, mais dans le Septentrion, on se bat. Entre l'armée, les milices et les rebelles touaregs, rien ne va plus... Seuls les jihadistes et les trafiquants parai[...]

L'analyse des boîtes noires du vol AH 5017 pourrait prendre "plusieurs semaines"

Selon Frédéric Cuvillier, secrétaire d'État français aux transports, l'analyse des boîtes noires de l'avion d'Air Algérie qui s'est écrasé jeudi dernier au Mali[...]

Ramadan 2014 : Aïd mabrouk !

Un peu partout dans le monde, les musulmans ont commencé à fêter l’Aïd el-Fitr, la fête de la fin du mois sacré de ramadan. Si certains ont débuté les festivités[...]

Mohamed Talbi : "L'islam est né laïc"

L'auteur tunisien de "Ma religion c'est la liberté" n'en démord pas : le Coran est porteur de modernité et de rationalité, mais son message a été altéré par[...]

Vol AH 5017 : les deux boîtes noires transférées à Paris

Les deux boîtes noires de l'avion d'Air Algérie qui s'est écrasé au Mali ont été transférées dimanche soir de Bamako à Paris, où elles doivent être[...]

Vol AH 5017 : les enquêteurs au travail

Les experts enquêtant sur le crash d'un avion d'Air Algérie dans le nord du Mali poursuivaient dimanche leur travail dans une zone d'accès difficile où l'appareil s'est désintégré[...]

Vol AH 5017 : rien que des débris sur la scène du crash

Une vision à peine soutenable sur la scène du crash de l'avion d'Air Algérie au Mali : "des petits morceaux, pas grand-chose pour reconnaître un avion", lance un Burkinabè,[...]

Vol AH 5017 : Blaise Compaoré reçoit une délégation des familles des victimes

Blaise Compaoré et son chef d'état major, le général Gilbert Dienderé, se sont rendus vendredi après-midi au Mali, sur la zone du crash du vol AH 5017. Une délégation des[...]

Crash du vol AH5017 : la deuxième boîte noire retrouvée, les enquêteurs attendus sur place

Au lendemain de la découverte de la première boîte noire de l'avion d'Air Algérie qui s'est écrasé dans le nord du Mali, des experts de l'ONU ont retrouvé la seconde samedi sur le[...]

Crash du vol AH5017 : l'enquête s'annonce délicate

Le travail des enquêteurs, notamment français, attendus samedi sur le site du crash d'un avion ayant fait 118 victimes dans le nord du Mali s'annonce délicat en raison de la désintégration de[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers