Extension Factory Builder
19/10/2012 à 17:43
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
L'ex-premier ministre tunisien et chef du parti d'opposition Nidaa Tounès, Beji Caïd Essebsi. L'ex-premier ministre tunisien et chef du parti d'opposition Nidaa Tounès, Beji Caïd Essebsi. © AFP

Béji Caïd Essebsi, chef du parti d'opposition Nida Tounès, a dénoncé vendredi 19 octobre le "premier assassinat politique depuis la révolution" après la mort, jeudi, de Lotfi Naguedh, coordinateur du parti à Tataouine (sud de la Tunisie). 

Pour Béji Caïd Essebsi, la mort de Lotfi Naguedh est un « assassinat politique ». Vendredi 19 octobre, au micro de la radio Mosaïque FM, l'ex-Premier ministre tunisien a évoqué la responsabilité des islamistes dans le décès du représentant de son mouvement lors de violences survenues la veille à Tataouine, dans le sud de la Tunisie.

« C'est le premier assassinat politique depuis la révolution et il touche notre parti, Nida Tounès », a déclaré Beji Caïd Essebsi, adversaire juré des islamistes d'Ennahdha qui dirigent la coalition au pouvoir.

« BCE » a accusé Ennahdha et son allié de centre-gauche, le Congrès pour la République (CPR) du président Moncef Marzouki, d'être responsables de la manifestation qui a dégénéré en violences jeudi à Tataouine.

Il a ensuite répété ces déclarations lors d'une conférence de presse à Tunis et a parlé d'« un lynchage », montrant une vidéo où l'on voit une personne présentée comme la victime traînée au sol et frappée par une foule.

Autopsie

Le coordinateur de Nida Tounès à Tataouine, Lofti Naguedh, est mort jeudi en marge d'affrontements entre ses partisans et des manifestants considérés comme proches d'Ennahdha.

La date de son enterrement n'a pas été fixée, son corps ayant été transporté à Tunis vendredi où une autopsie doit avoir lieu, selon M. Essebsi. Le ministère de l'Intérieur a affirmé qu'il avait succombé à un infarctus, alors que les opposants disent qu'il est mort après avoir été battu par les manifestants de la Ligue de protection de la révolution, une organisation proche des islamistes au pouvoir. Le docteur Moncef Dorza de l'hôpital de Tataouine, interrogé sur l'antenne locale de la radio publique, n'a pas voulu trancher sur les causes du décès.

« Lorsqu'il est arrivé, il était dans un coma ou un pré-coma », a-t-il dit à Radio Tataouine, « il était près de la mort et nous n'avions pas le temps pour des examens approfondis et voir s'il y avait des blessures externes ».

Ennahdha vs. Nida Tounès

De son côté, Ennahdha a accusé, dans un communiqué diffusé jeudi soir, les partisans de Nida Tounès d'avoir provoqué les violences en jetant des cocktails molotov sur les manifestants. Les islamistes ont « présenté des condoléances » à la famille du défunt et demandé « une enquête judicaire pour déterminer les causes et circonstances » des violences et du décès.

M. Essebsi, deuxième Premier ministre de transition après la révolution de 2011 qui a renversé Zine el-Abidine Ben Ali, a fondé son parti cet été et connaît, selon des sondages, une popularité croissante. La coalition au pouvoir accuse le mouvement de rassembler des tenants du président déchu.

(Avec AFP)

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Article suivant :
L'Unesco otage du Proche-Orient

Article précédent :
Japon : Sayonara, Tokyo !

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Tunisie

Tunisie : 74 migrants venus de Libye recueillis par des pêcheurs

Tunisie : 74 migrants venus de Libye recueillis par des pêcheurs

Des pêcheurs tunisiens ont recueilli jeudi soixante-quatorze migrants qui tentaient de gagner l'Italie depuis la Libye. Ils avaient erré cinq jours en mer.[...]

Diaporama : "Djerbahood", le street art s'invite en Tunisie

Cet été, des graffeurs du monde entier ont investi les ruelles d'Erriadh, une petite bourgade de l'île de Djerba, pour réaliser une expérience inédite de street art en Tunisie. Armés[...]

Tunisie : frictions entre la Défense et la présidence pour la succession du général Hamdi

La question de la succession du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Mohamed Salah Hamdi, remplacé le 12 août par Ismaïl Fathalli, a opposé le président[...]

Douze chefs d'État africains avec Hollande aux cérémonies du débarquement en Provence

François Hollande accueille ce vendredi 13 chefs d'État, dont douze africains, à bord du Charles-de-Gaulle pour les commémorations du 70e anniversaire du Débarquement de Provence avec en point[...]

IIe guerre mondiale : les victoires oubliées des "indigènes"

Avant le grand débarquement, la reconquête des Alliés est amorcée par la Corse et l'Italie. Des batailles aussi épiques que méconnues menées par les[...]

Salma Hamza, architecte tunisienne : "La modernité peut très bien respecter le traditionnel"

L'architecte tunisienne Salma Hamza milite pour la réhabilitation des matériaux traditionnels. Et la restauration du patrimoine de son pays. Interview.[...]

Tunisie : des balles et des morsures

Depuis la révolution (des épines) du jasmin, les Tunisiens comptent plus de journées de deuil que de fêtes nationales (mises sous éteignoir), créant un climat[...]

Tunisie : Mondher Zenaidi va-t-il revenir sur la scène politique ?

Exilé volontaire à Paris depuis trois ans, l'ex-ministre du Commerce de Ben Ali reste populaire dans son fief de Kasserine comme dans les milieux destouriens. Cédera-t-il à la tentation de[...]

Tirailleurs : le chagrin des indigènes

Tierno Monénembo est un écrivain guinéen, Prix Ahmadou-Kourouma 2012 pour Le Terroriste noir, sur Addi Bâ, héros méconnu de la Résistance..[...]

La Tunisie commence l'examen d'une nouvelle loi antiterroriste

La nouvelle loi antiterroriste, dont l'examen a débuté lundi, doit remplacer la législation jugée liberticide adoptée sous le régime de Zine el-Abidine Ben Ali.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers