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19/10/2012 à 11:01
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Des manifestants contre la mise en place d'une intervention militaire internationale, le 18 octobre. Des manifestants contre la mise en place d'une intervention militaire internationale, le 18 octobre. © AFP

Une réunion internationale de haut niveau, consacrée à la préparation d'une éventuelle intervention militaire pour la reconquête du Nord-Mali, s'est ouverte vendredi 19 octobre à Bamako. Les membres de la Cedeao et les militaires maliens doivent peaufiner leur stratégie pour obtenir le soutien définitif du Conseil de sécurité de l'ONU. 

Une intervention militaire au Nord-Mali semble désormais acquise. Reste maintenant à préciser sa stratégie et ses modalités. C'est l'objectif d'une réunion internationale de haut niveau qui se tient vendredi 19 octobre à Bamako.

Nkosazana Dlamini-Zuma, nouvelle présidente de la Commission de l'Union africaine (UA), ainsi que Romano Prodi, envoyé spécial pour le Sahel du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, le président nigérian Goodluck Jonathan, ainsi que son homologue malien par intérim, Dioncounda Traoré, doivent y participer. Pierre Vimont, numéro deux de la diplomatie de l'Union européenne (UE) et Jean Felix-Paganon, envoyé spécial de la France au Sahel, devraient également être présents.

Cette réunion se tient une semaine après l'adoption, le 12 octobre au Conseil de sécurité de l'ONU, d'une résolution préparant le déploiement d'une force militaire étrangère de quelque 3 000 hommes au Mali. Elle donne 45 jours aux pays ouest-africains, qui en constitueront le noyau, pour préciser leurs plans d'intervention.

À Bamako, les pays de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cedeao), seuls prévus pour envoyer des troupes au sol, devront commencer à détailler « leurs grandes lignes stratégiques ». L'intervention devrait être soutenue par l'ONU, l'UE et l'UA et, sur le plan logistique, par des pays comme la France et les États-Unis.

Le rôle de Sanogo

En clair, les pays participant à l'intervention doivent « avancer sur la définition des besoins » - c'est à dire exposer quelles sont les ressources en munitions et en armements qui manquent à l'armée malienne - et quelles troupes au sol les pays de la Cedeao vont pouvoir engager.

« Il faut que l'on sache où l'on va. Cela doit être très bien calé, sinon le Conseil de sécurité ne serait pas partant s'il juge que le dispositif est bancal », affirme une source diplomatique. Côté malien, Moussa Diakité, chargé de mission à la présidence, juge que « c'est une rencontre très importante ». « Il s'agira pour nous, Maliens, pour les partenaires de la communauté internationale, d'accorder nos violons pour bouter hors de chez nous les terroristes », a-t-il déclaré. Selon lui, outre le président Traoré, le Premier ministre Cheick Modibo Diarra devrait aussi être présent à la réunion.

Le capitaine Amadou Haya Sanogo, qui a rendu le pouvoir aux civils après avoir mené le coup d'État du 22 mars - précipitant la chute du Nord aux mains des islamistes - est aujourd'hui chargé d'une mission de réforme de l'armée malienne. Il devrait être associé à une intervention militaire « d'une manière ou d'une autre », selon son entourage.

"Qui veut la paix, prépare la guerre"

Parallèlement à la préparation d'une intervention militaire, les participants aborderont aussi la question des négociations. Certains des groupes armés qui occupent le Nord au côté d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) pourraient se dissocier du terrorisme et de la partition du Mali.

« Ce qu'on ne veut pas, c'est dialoguer avec des gens qui se sont rendus coupables d'amputations » et autres exactions commises au nom de la charia, dit-on côté français. Quant à la rébellion touarègue et laïque du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), qui avait lancé l'offensive dans le nord du Mali en janvier avant de s'en faire évincer par les islamistes, elle devra renoncer à l'indépendance de l'Azawad si elle veut repartir sur de nouvelles bases, ajoute-t-on.

« Des négociations sont en cours, mais qui veut la paix, prépare la guerre », résume un diplomate africain en poste à Bamako. Ces négociations se tiennent principalement avec Ansar Eddine (Défenseurs de l'islam), un groupe actuellement allié à Aqmi et dirigé par un ex-rebelle touareg devenu jihadiste, Iyad Ag Ghali. L'objectif est de regrouper dans un mouvement unifié tous les rebelles touaregs.

(Avec AFP)

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