Extension Factory Builder
19/10/2012 à 09h:39
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Le fondateur du parti islamiste Ennahda, Rached Ghannouchi, le 21 octobre 2011 à Tunis. Le fondateur du parti islamiste Ennahda, Rached Ghannouchi, le 21 octobre 2011 à Tunis. © AFP

Largement critiqué après la diffusion d'une vidéo dans laquelle il pactise avec des salafistes, le leader d'Ennahdha, Rached Ghannouchi, explique qu'il faut considérer les salafistes comme des "citoyens" et "éviter le discours de l'ennemi intérieur".

Après les vidéos polémiques de la semaine dernière, Rached Ghannouchi tente de rectifier le tir. Dans un entretien au Monde publié jeudi, le chef du parti islamiste au pouvoir Ennahdha essaie de se montrer rassurant, estimant que si les salafistes tunisiens sont « diabolisés », ils seront au pouvoir dans « dix ou quinze ans ».

« Il faut éviter le discours de l'ennemi de l'intérieur », estime Ghannouchi, très critiqué par l'opposition après la diffusion sur internet d'une vidéo où il tient des propos très conciliants à des jeunes salafistes. « Si nous voulons diaboliser les salafistes, dans dix ou quinze ans, ce sont eux qui seront au pouvoir », ajoute le leader islamiste tunisien. « C'est pour cela que nous leur parlons en tant que citoyens, et non comme des ennemis », se défend M. Ghannouchi.

Dans une des deux vidéos, Ghannouchi demandait aux salafistes de faire preuve de « sagesse » pour asseoir leur pouvoir face aux laïcs qui contrôlent encore médias et institutions et « qui peuvent rebondir après leur échec » aux élections d'octobre 2011.

Juste après la diffusion de cette vidéo, Ennahdha avait affirmé que la rencontre entre son chef et un groupe de jeunes salafistes remontait au mois de février et que ses déclarations avaient été l'objet d'un montage pour les sortir de leur contexte.

"Double discours d'Ennahdha"

Interrogé par le Monde, Rached Ghannouchi estime qu'« il n'y avait rien (dans la vidéo) contre les droits de l'homme, rien sur un prétendu appel à un coup d'État ou sur la régression en ce qui concerne l'égalité des sexes ». « L'opposition a voulu en faire un objet de scandale afin d'influencer l'opinion publique tunisienne et plus encore l'opinion publique occidentale, et détruire l'idée qu'il y aurait une distinction entre l'islam modéré et l'islam radical », accuse-t-il.

L'opposition avait qualifié de « très grave » le contenu de la vidéo illustrant « le double discours d'Ennahdha ». Et 75 députés de l'opposition avaient signé une pétition réclamant la dissolution d'Ennahdha.

Le gouvernement dirigé par les islamistes est accusé de laxisme envers les salafistes, alors que Ghannouchi avait qualifié les salafistes jihadistes de « danger » et prôné la fermeté dans la foulée de l'attaque de l'ambassade américaine à Tunis, le 14 septembre.

(Avec AFP)

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Tunisie

Tunisie : Safia Hachicha, révélée par la révolution

Tunisie : Safia Hachicha, révélée par la révolution

Cette ancienne conseillère de Jalloul Ayed, aujourd'hui directrice de Swicorp, s'apprête à lever 50 millions d'euros pour créer un fonds d'investissement dévolu au tourisme.[...]

Tunisie : Alain Chouet, un conseiller français à Tunis

En visite à Tunis le 14 mai, Laurent Fabius, le chef de la diplomatie française, a annoncé une « intensification des échanges d'informations sécuritaires avec plusieurs pays de la[...]

Tunisie : malgré les tensions, les introductions en bourse se multiplient

Après une année 2012 atone et malgré un contexte politico-économique difficile, les introductions se multiplient à la BVMT. Principale cause de cette ruée : l'assèchement[...]

Tunisie : la Femen Amina risque deux ans de prison ferme

La Femen tunisienne Amina sera jugée le 30 mai à Kairouan. Elle avait été arrêtée, en possession de spray d’autodéfense, dimanche 19 mai, après avoir peint[...]

Festival de Cannes : un Africain va-t-il enfin gagner la palme ?

Cette année, deux films réalisés par des cinéastes d'origine africaine sont en lice pour la palme : "Grigris" du Tchadien Mahamat-Saleh Haroun et "La vie d’Adèle" du[...]

Droits de l'homme : portrait d'une Afrique très contrastée

Du Mali à l’Afrique du Sud, en passant par la Côte d’Ivoire et la RDC, les droits de l’homme ont souffert sur le continent africain en 2012. Mais au-delà de dégradations liées[...]

Fadhel Jaïbi : "Dans les mosquées tunisiennes, on cache les armes de l'oppression de demain"

Radical, le dramaturge tunisien évoque sans langue de bois son nouveau spectacle, "Tsunami", un flot tourmenté en prise directe avec la Tunisie postrévolutionnaire.[...]

Henry Laurens : "Le Printemps arabe est une révolution de la normalité"

Dans toute le monde arabo-berbère, les conséquences des bouleversements politiques survenus en 2011 ne laissent pas d'inquiéter. Analyse en profondeur d'un grand spécialiste du sujet.[...]

Le coronavirus tue pour la première fois en Tunisie

Le coronavirus fait un nouveau mort et pour la première fois en Afrique du Nord, en Tunisie. À ce jour, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a recensé 20 cas d’infection mortels dont[...]

Tunisie : Amira Yahyaoui, une forte tête à l'ANC

La blogueuse Amira Yahyaoui a fondé l'ONG Al Bawsala, un observatoire de la transparence et de la bonne gouvernance qui rend compte, sur le site marsad.tn, de l'activité de l'ANC.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers