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18/10/2012 à 17:36
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Quelque 2 000 manifestants ont répondu à l’appel du Copam. Quelque 2 000 manifestants ont répondu à l’appel du Copam. © AFP

Tranchant avec les marches favorables à une intervention militaire étrangère la semaine dernière, la Copam organisait une manifestation en soutien à l’armée, le 18 octobre, à Bamako. Quelque 2 000 personnes ont défilé, réclamant que la force panafricaine visant à libérer le Nord-Mali ne soit pas mise en œuvre.

Une manifestation hostile à une intervention militaire étrangère au Mali a rassemblé environ 2 000 personnes dans les rues de Bamako, jeudi 18 octobre. Les protestataires exprimaient leur soutien à une partie de l’armée malienne, qui se montre assez réticente à un envoi de troupes étrangères dans le Nord du pays, aux mains des islamistes depuis mars dernier.

Défilant dans la matinée, dans le centre de la capitale, les manifestants ont brandi des pancartes, déployé des banderoles et scandé divers slogans contre une présence militaire étrangère sur le sol du Mali. Dioncounda Traoré, le président par intérim, était également la cible du rassemblement. Des inscriptions telles que « Dioncounda est un incapable », « Non à la confiscation de notre souveraineté nationale » ou encore « Vive l'armée malienne » étaient lisibles sur les divers étendards arborés par les participants.

Brutalité

La Coordination des organisations patriotiques du Mali (Copam, proputsch) avait lancé l'appel à manifester. Néanmoins, les 2 000 personnes rassemblées ne font numériquement guère le poids face aux 10 000 protestataires réunis, la semaine dernière, à Bamako également, par les partis et syndicats maliens favorables à une intervention armée panafricaine. Les rangs du défilé étaient majoritairement composés de fidèles d'un leader religieux, le Chérif de Nioro Haïdara.

Ce n'est sûrement pas une coincidence : le mouvement de protestation s’est tenu à la veille d'une réunion internationale de haut niveau visant à à peaufiner une stratégie de reconquête militaire du nord du Mali. La région est occupée depuis plus de six mois par des groupes islamistes armés, dont Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Dans ces territoires, la charia (loi islamique) est appliquée, des couples « fornicateurs » lapidés, des voleurs amputés et des séances de coups de fouet en public ont lieu afin de susciter la crainte chez la population et d’imposer un ordre islamique. Selon des témoins, les nouveaux maîtres du Nord-Mali se font de plus en plus brutaux dans les châtiments qu’ils imposent.

L’armée hostile à une intervention étrangère

Dans le même temps, l’armée malienne, notamment la junte militaire à l’origine du coup d’État de mars dernier, est depuis le départ opposée au déploiement de troupes étrangères combattantes dans le pays, a fortiori dans la capitale. Les militaires estiment qu’ils sont parfaitement capables de reconquérir par eux-mêmes le pays, pour peu qu’on leur fournisse les armes nécessaires, dont une partie était jusqu'à présent bloquée en Guinée. D’abord respectueux des exigences de l’armée, le président Dioncounda Traoré a finalement dû se résoudre à effectuer quelques concessions pour que la Cedeao accepte d’intervenir.

Suite à cet accord, le Conseil de sécurité de l'ONU a, le 12 octobre, adopté une résolution donnant 45 jours aux pays ouest-africains pour lui transmettre une feuille de route claire sur les modalités de l’intervention. Si l’instance internationale donne son feu vert, les pays de la Cedeao mettront à disposition, sans doute d’ici quelques mois, 3 000 hommes pour reprendre le pays aux islamistes.

(Avec AFP)

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