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17/10/2012 à 16:18
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Combattants du M23 sur la route de Rutshuru, le 28 juillet. Combattants du M23 sur la route de Rutshuru, le 28 juillet. © Sipa

L’agence de presse britannique Reuters s’est procuré le rapport final du groupe d’experts de l’ONU sur la République démocratique du Congo (RDC), dont la publication est prévue pour le mois de novembre. "Le Rwanda et l’Ouganda soutiennent la rébellion armée du M23", assure le texte malgré les démentis des intéressés.

L’Organisation des nations unies (ONU) est décidément bien peu étanche. Le très polémique rapport final du groupe d’experts de l’ONU sur la République démocratique du Congo (RDC), dont la publication est seulement prévue pour le mois novembre, a d’ores et déjà « fuité », comme on dit. Un procédé identique avait déjà accompagné le rapport préliminaire, rendu public le 21 juin.

Malgré le démenti catégorique des intéressés, les experts onusiens persistent et signent. « Le Rwanda et l’Ouganda soutiennent la rébellion armée du M23 », écrit le rapport, selon l’agence de presse britannique Reuters qui en pris connaissance. « Kigali a coordonné la création du M23 comme ses principales opérations militaires, alors que l'Ouganda a permis à la branche politique du mouvement d’opérer à Kampala et de développer ses liens avec l’extérieur », affirme le groupes d’experts.

D’après le rapport, les leaders du M23 auraient « reçu des ordres militaires directs du chef de l’armée rwandaise Charles Kayonga ». Comme dans sa version préliminaire, le rapport final affirme que Kigali fourni « armes lourdes, conseils militaires et politiques » aux rebelles. Selon les experts de l’ONU, les armées rwandaises et ougandaises auraient accompagné le M23 lors de ses principales opérations militaires dans le Rushuru et sur la base de l’armée congolaise (FARDC) de Kiwanja. Des éléments des Forces spéciales rwandaises auraient même engagé le combat contre les FARDC à cette occasion.

"Quelles sont leurs preuves ?"

De graves accusations, toujours aussi difficiles à vérifier, et que l’Ouganda et le Rwanda démentent avec vigueur. « Quelles sont leurs preuves ? Où sont les faits réels qui corroborent leurs accusations ? Ces fameux experts sont venus ici, mais ne nous ont pas contactés », a réagi Felix Kulayigye, porte-parole de l'armée ougandaise.

Le Rwanda a de son côté dénoncé « l’agenda politique poursuivi par les experts ». Un agenda « qui n’a rien à voir avec les vraies causes du conflit qui touche l’Est de la RDC ». Kigali a déjà mis en cause l’impartialité du groupe d’experts de l’ONU, accusant son coordinateur, Steve Hege, de sympathie avec les Forces démocratiques du Rwanda (FDRL). Dénonçant un rapport biaisé et contestant la méthodologie utilisée, les autorités rwandaises ont fait appel à un cabinet d’avocat américain basé à Washington, Akin Gump.

Ce cabinet, qui a présenté vendredi 12 octobre ses conclusions devant le Conseil de sécurité, estime que « le manque de transparence, le manque complet d’analyse des motivations et de l'impartialité des témoins, comme des contradictions du rapport, rendent les conclusions du rapport extrêmement peu fiables ».

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