Blessé par balle(s) dans la soirée du samedi 13 octobre, le président mauritanien Mohamed Ould Abdelaziz a été opéré à Nouakchott avant d'être transféré à l’hôpital militaire de Percy, près de Paris, où il est toujours hospitalisé. Alors que les circonstances dans lesquelles les coups de feu ont été tirés sont encore floues, de même que les informations sur la ou les blessures du président mauritanien, les nouvelles concernant son état de santé sont plutôt rassurantes.
À Nouakchott, la rumeur s’emballe vite. Qui a tiré sur le président mauritanien Mohamed Ould Abdelaziz, dans la soirée du 13 octobre, alors qu’il revenait d’un week-end de repos dans le désert ? Méprise d’une patrouille mobile de l’armée - la version officielle -, ou tentative d’assassinat, les deux thèses s’affrontent. À peine trois jours après l’incident, la première semble la plus probable. En l’absence de l’homme fort du pays, tout se passe « comme d’habitude », assure-t-on en Mauritanie. Aucune mesure particulière, visant à renforcer la sécurité, n’a été prise.
Toutefois, la frange la plus radicale du bloc de ses détracteurs, la Coordination de l’opposition démocratique (COD), a annoncé qu’elle suspendait toutes ses activités contestataires, « jusqu’à nouvel ordre. » Ainsi, le 14 octobre, la conférence de presse qui devait être animée par le chef de file de l’opposition Ahmed Ould Daddah, afin de dévoiler le programme des futures manifestations, a été annulée. Peu convaincue par la thèse officielle, la COD, qui prône « la discrétion en ces circonstances malheureuses », a tout de même demandé l’ouverture d’une enquête.
Pas d'interim
Reste que pour le moment, Mohamed Ould Abdelaziz garde bel et bien tous les pouvoirs. La Constitution mauritanienne ne prévoit l’intérim, en son article 40, qu’« en cas de vacance ou d’empêchement déclaré définitif par le Conseil constitutionnel. » Alors, « le président du Sénat assure l’intérim (…) pour l’expédition des affaires courantes » et « l’élection du nouveau président de la République a lieu, sauf cas de force majeure, constaté par le Conseil constitutionnel, dans les trois mois à partir de la constatation de la vacance ou de l’empêchement définitif. »
À ce jour, aucune date de retour au pays n’a encore été fixée. Mohamed Ould Abdelaziz est toujours hospitalisé à l’hôpital militaire de Percy, à Clamart (Hauts-de-Seine), où il a été transféré le 14 octobre au matin, à bord d’un avion médicalisé français, pour y recevoir des « soins complémentaires ». La veille, il a été opéré par deux médecins mauritaniens à l’hôpital militaire de Nouakchott, une opération jugée « réussie » par les médecins parisiens. Après deux jours passés en réanimation et une série d’examens, il est désormais alité dans sa chambre. Il va très bien, discute au téléphone, reçoit des amis et surtout, se repose, comme le lui recommande le personnel hospitalier et ses proches, qui assurent qu’il « ne prend jamais de congé ». Blessé à l’abdomen, près du rein, la balle aurait touché l’intestin. Mais ses jours ne sont pas en danger.

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