Extension Factory Builder
16/10/2012 à 11:20
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Jean-Yves Le Drian le 2 octobre 2012 à Paris. Jean-Yves Le Drian le 2 octobre 2012 à Paris. © AFP

Le ministre français de la Défense Jean-Yves le Drian a assuré mardi 16 octobre qu'une intervention militaire africaine au Nord-Mali, "sanctuaire terroriste", pourrait avoir lieu dans "quelques semaines".

Pour Paris, la marge de manoeuvre malienne est étroite. D'un côté, la France affiche la fermeté contre le terrorisme et soutient une intervention militaire au Nord-Mali. De l'autre, elle doit gérer le dossier des six otages toujours détenus au Sahel par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Après la diffusion d'une vidéo dans laquelle les jihadistes menacent la vie de ces otages, enlevés au Mali en novembre 2011, François Hollande a reçu leurs proches le 15 octobre. 

Si l'espoir d'une libération a été souligné, Paris ne dévie toutefois pas de la « ligne » extrêmement ferme affichée depuis plusieurs mois. Et se refuse, du moins officiellement, à faire entrer la question des otages dans l'équation complexe d'une intervention militaire africaine au Nord-Mali, occupé depuis six mois par des groupes liés à Aqmi qui sèment la terreur au nom de la charia.

François Hollande a encore réitéré ce week-end à Kinshasa « la détermination » de la France et son soutien à une intervention africaine au Mali. Celle-ci pourrait avoir lieu « dans quelques semaines », a assuré mardi 16 octobre son ministre de la Défense, Jean-Yves le Drian.

 

 

Incompréhension

Quelques jours plus tôt, le président français avait insisté sur les « deux devoirs » de la France : « libérer nos otages et libérer le Mali des terroristes ».

« Il semble qu'il y a un changement de braquet. À l'époque Sarkozy, l'accent était mis sur les otages, et là on parle davantage intervention » militaire, note Pierre Boilley, historien et chercheur spécialisé sur le Sahel et le Sahara. Ce discours de fermeté a d'ailleurs entraîné des réponses d'Aqmi ou de ses affidés, qui depuis un mois « se sont rappelés au bon souvenir de l'État français » avec des messages menaçants ou la diffusion d'une vidéo d'otages, souligne M. Boilley.

Les otages « sont dans une bonne situation », a ainsi déclaré lundi soir à France 2 un homme présenté par la chaîne comme un porte-parole d'Aqmi qui a accusé les autorités française de « manquer de sérieux » dans les négociations en ne répondant pas à des « demandes pourtant légitimes et raisonnables ».

Les familles ont, elles, « du mal à comprendre ce qui se trame. Quel est l'objectif d'une mission militaire au Nord-Mali ? A-t-on l'intention d'éliminer les chefs d'Al-Qaïda ? Et dans ce cas, le gouvernement a-t-il prévu une mission simultanée pour sauver les otages ? », demande Pascal Lupart, président du comité de soutien des otages Philippe Verdon et Serge Lazarevic. « Je conçois, en tant que citoyen, le discours de fermeté. Mais les familles se demandent, elles : où cette fermeté va-t-elle nous mener ? », poursuit-il.

"Arrêter de payer"

« Il faut arrêter de payer. Je comprends que c'est difficile à admettre pour les familles, mais tout tourne autour de ça », martèle-t-il, rappelant que la Grande-Bretagne, un des rares pays à ne pas verser de rançon, « n'a plus d'otages » au Sahel. Londres a payé le prix fort avec un ressortissant, Edwin Dyer, exécuté en 2009 au Mali.

Paris paye-t-il ? « Il y a une vraie réflexion en cours, c'est une question de philosophie d'État », confiait récemment à l'AFP un haut responsable français.

Depuis 2003, les enlèvements au Sahel ont rapporté quelque 50 millions de dollars (environ 38 millions d'euros) aux preneurs d'otages, selon des sources proches du dossier malien. « Il faut absolument une approche internationale plus rigoureuse face à une affaire aussi grave », lance M. Loncle, en fustigeant « la faiblesse, pour ne pas dire la lâcheté de l'Union européenne sur ce sujet ».

Paris, « vaguement soutenu » par des Américains en campagne électorale et par les Britanniques, reste « complètement isolé » sur le dossier malien, estime M. Boilley, qui s'interroge sur les marges de manoeuvre de la France au Mali . M. Le Drian a réaffirmé le 15 ocotbre que la France soutiendrait logistiquement et matériellement l'intervention africaine mais a de nouveau exclu l'envoi de troupes au sol.

(Avec AFP)

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

2 réaction(s)

1.
mourad - 16/10/2012 à 21h:10

entre paris et le sahale plus 3500km pas 1200km [...] Lire

2.
S.Citoyen - 16/10/2012 à 14h:10

Faites vite pour nous débarrasser de ces crapules[...] Lire

Toutes les dépèches

Réagir à cet article

Mali

Minusma : Mongi Hamdi, bienvenue au Mali !

Minusma : Mongi Hamdi, bienvenue au Mali !

Le ministre tunisien des Affaires étrangères, Mongi Hamdi, remplace Bert Koenders à la tête de la Minusma. À Bamako, on est plutôt satisfait.[...]

Classement 2014 : Algérie, Tunisie et Sénégal au sommet des sélections africaines de foot

Après l’Égypte (2010), la Côte d’Ivoire (2011), la Zambie (2012) et le Nigeria (2013), l’Algérie, huitième de finaliste de la Coupe du monde et facilement qualifiée pour[...]

Les pays du "G5 du Sahel" appellent l'ONU à intervenir en Libye

Les dirigeants des cinq pays du "G5 du Sahel" (Tchad, Niger, Burkina Faso, Mali, Mauritanie), réunis vendredi en sommet à Nouakchott, ont appelé l'ONU à mettre en place une force[...]

Mali : retour en cinq dates sur la vie d'Intalla Ag Attaher, aménokal des Ifoghas

Intalla Ag Attaher, chef traditionnel de la tribu touarègue des Ifoghas, est mort dans la nuit de jeudi à vendredi à Kidal. Retour en cinq dates sur sa vie, intimement liée aux différentes[...]

Hervé Ladsous : "En Centrafrique, il faut des autorités nouvelles issues d'élections avant août 2015"

Présent au forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique (15 et 16 décembre), Hervé Ladsous, secrétaire général adjoint aux opérations de[...]

Ebola : trois choses à savoir sur la tournée de Ban Ki-moon en Afrique de l'Ouest

Ban Ki-moon a annoncé mercredi à New York qu'il se rendra à partir du 18 décembre en Afrique de l'Ouest. Une tournée dans les pays qui ont été touchés par le virus Ebola.[...]

Mali : IBK assume la libération de quatre jihadistes

Très critiqué dans son pays pour avoir ordonné la libération de quatre jihadistes afin d’obtenir celle de l’otage français Serge Lazarevic le 9 décembre, Ibrahim Boubacar[...]

Mali - France : Lazarevic et Sofara

Un Français vaut-il plus qu'un Malien ? Certains jugeront la question déplacée. Elle mérite pourtant qu'on s'y arrête au vu des circonstances qui ont mené à la[...]

Jean-Yves Le Drian : "Au Mali comme en Centrafrique, l'heure de vérité approche"

Un an après le déclenchement de l'opération Sangaris, et deux ans après celui de l'opération Barkhane, le ministre français de la Défense affiche ses objectifs : des[...]

Paris veut un accord de paix au Mali en janvier

Paris souhaite que les négociations de paix maliennes entre Bamako et les groupes armés du Nord, sous médiation algérienne, aboutissent en janvier, a déclaré le ministre français de[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers