Un village près de Dakoro, localité où les humanitaires ont été enlevés, dans le sud-Niger.
© AFP/Archives - Issouf Sanogo
Six personnes, dont cinq humanitaires, ont été enlevées dans la nuit du dimanche 14 au lundi 15 octobre à Dakoro, dans le sud-est du Niger. Les ravisseurs ont été localisés au nord du pays, près de la frontière malienne.
Mis à jour le 16/10 à 08 h 20.
Cinq travailleurs humanitaires, quatre Nigériens et un Tchadien, ainsi que leur chauffeur nigérien, ont été enlevés dimanche soir dans la localité de Dakoro, dans le sud-est du Niger.
« Cinq travailleurs humanitaires, dont un Tchadien, et un chauffeur nigérien ont été enlevés à leur domicile vers 22h00 (21h00 GMT) par des hommes bien armés venus à bord de deux véhicules tout-terrain et qui parlaient arabe, tamasheq (langue des Touareg, NDLR) et haoussa », a précisé Abou Mahamane, secrétaire général du département de Dakoro. Une ONG concernée par l'enlèvement et une source sécuritaire avaient initialement parlé du rapt de cinq humanitaires seulement.
« Ils ont été enlevés par des hommes de peau blanche et un de peau noire, parlant arabe. Le Tchadien a probablement tenté de résister et a été blessé mais il a quand même été embarqué », a pour sa part indiqué une source humanitaire.
À la recherche d'Occidentaux ?
Contacté par Jeune Afrique, Hachimou Chinkafa, conseiller de la présidence nigérienne, estime que les « bandits armés » sont « venus en pensant qu'il y avaient des responsables occidentaux. Il n'y en avait pas et ils ont enlevés nos compatriotes et un Tchadien ».
« Cet acte s'apparente plus à un règlement de comptes qu'à un enlèvement » (à motifs idéologiques), a de son côté déclaré, lundi soir, le cabinet du Premier ministre, Brigi Rafini, dans un communiqué lu sur la radio publique. « Toutes les mesures sont prises pour retrouver les personnes disparues et les auteurs », ajoute le texte. Selon une source sécuritaire, les ravisseurs ont été pris en chasse et localisés dans le nord du Niger, frontalier du Mali.
Quatre des personnes enlevées, dont un médecin et un infirmier, appartiennent à l'ONG nigérienne Befen (Bien-être de la femme et de l'enfant au Niger) et à l'ONG tchadienne Alerte-santé. Dans un communiqué conjoint, les deux organisations « demandent leur libération et prioritairement celle de leurs collaborateurs qui auraient été blessés lors de cet incident ». Les deux ONG « rappellent qu'elles sont des ONG médicales qui n'ont d'autre objectif que de juguler les situations les plus précaires et ce, en toute indépendance politique » et « impartialité ».
Partenaire de MSF
Befen, une organisation partenaire de Médecins sans frontières (MSF) au Niger, est spécialisée dans les domaines de la santé et de la malnutrition. D'après une source humanitaire, Befen avait repris en juin dernier la gestion des centres nutritionnels de MSF à Dakoro.
En septembre 2010, Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) avait enlevé sept personnes au Niger, dans la région d'Agadez, parmi lesquelles quatre Français toujours détenus par l'organisation jihadiste. Au total neuf Européens, dont six Français, sont aux mains d'Aqmi au Sahel. De son côté, le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), autre groupe terroriste implanté au Nord-Mali, retient au moins trois otages algériens.
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Benjamin Roger (@benja_roger), avec agences

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