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14/10/2012 à 19:45
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Joseph Kabila et François Hollande à l'ouverture du sommet à Kinshasa, le 13 octobre 2012. Joseph Kabila et François Hollande à l'ouverture du sommet à Kinshasa, le 13 octobre 2012. © Noor Khamis/Reuters

Le XIVe sommet de la Francophonie s'est achevé en RDC. Pas d'incidents, des vérités dites avec diplomatie... Kinshasa a tenu bon.

Le rideau est tombé sur le XIVe sommet de la Francophonie, à Kinshasa, dimanche 14 octobre. Le président congolais, Joseph Kabila, remporte une victoire étriquée, mais une victoire quand même. « Nous avions sur notre route de nombreuses difficultés, mais ce sommet a été un grand succès », a déclaré Abdou Diouf. Le secrétaire général de la Francophonie faisait allusion au doute qui a subsisté jusqu'en août sur la tenue de l'événement et sur les exigences de la France pour permettre la venue du président François Hollande.

Ce dernier est finalement venu. Et a délivré son message. Il a rappelé les « valeurs, les principes et les exigences de la Francophonie », mais a été un ton en dessous par rapport aux déclarations faites depuis Paris, où il estimait que la situation en RDC était « tout à fait inacceptable sur le plan des droits, de la démocratie et de la reconnaissance de l'opposition. » « Ici, il ne pouvait pas tenir de tels propos sans risquer de provoquer un incident », reconnaît un responsable français. De fait, la salle du Palais du Peuple, où s'est déroulé le sommet, était acquise à Joseph Kabila...

"Exigeants et vigilants"

François Hollande a donc lancé ses attaques depuis la résidence de l'ambassadeur de France, le 13 octobre, dans la soirée, avant de s'envoler pour Paris. Après avoir inauguré la médiathèque Floribert Chebeya, du nom du militant des droits de l'homme assassiné en 2010, il a déclaré à propos du procès en cours sur cette affaire et de la réforme promise par Kinshasa de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) : « Nous n'allons pas nous arrêter là, nous continuerons à être exigeants et vigilants. » Juste après ses propos, il rencontrait le leader historique de l'opposition, Étienne Tshisekedi. À l'issue d'un entretien qui n'a pas dépassé les vingt minutes, remonté comme jamais, le Sphinx de Limete a lâché : « Je serai au pouvoir sous peu et je vais dissoudre l'Assemblée nationale. » Sans plus de précision. Pas sûr que Paris cautionne cette envolée.

Je serai au pouvoir sous peu et je vais dissoudre l'Assemblée nationale.

Étienne Tshisekedi, leader de l'opposition congolaise

Dans son discours, en guise de réponse à son homologue français, Joseph Kabila a rappelé « la complaisance de la communauté internationale avec la dictature prédatrice de Mobutu ». Il a aussi estimé que « la restauration de l'autorité de l’État et la démocratisation étaient une œuvre de longue haleine ». Échange à fleurets mouchetés après une poignée de mains plus que sobre et furtive entre les deux hommes. « Tout cela est de la gymnastique pour un président très bas dans les sondages », ironise un proche de Kabila dénonçant « les diatribes socialistes lancées depuis Paris » et « le retour à la réalité à Kinshasa ». Tout le monde aura en effet remarqué les corrections faites au stylo par François Hollande avant de prononcer son discours. A-t-il atténué la charge prévue ?

Pas de consensus

Sinon, durant le sommet, la résolution la plus attendue était celle sur la situation en RDC. Elle a donné lieu à une intense bagarre diplomatique entre Kinshasa et Kigali. Le texte provisoire appelait « le Conseil de sécurité des Nations unies à adopter des sanctions ciblées contre tous les responsables des exactions commises dans l'Est de la RDC » et encourageait le gouvernement congolais à « poursuivre en justice les auteurs des crimes de guerre et de crimes contre l'humanité. »

L'essentiel est que ce texte a été adopté par tout le monde, à l'exception du Rwanda.

Joseph Kabila, président de la RDC

Le texte visait notamment les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23) qui contrôlent une partie du Nord-Kivu. En l'absence du président rwandais, Paul Kagamé, la ministre des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, a rejeté ces deux passages. Selon les règles de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), une résolution devait être adoptée par consensus. Ce ne fut pas le cas cette fois. « L'essentiel est que ce texte a été adopté par tout le monde, à l'exception du Rwanda », a souligné Joseph Kabila.

À l'ordre du jour également de ce sommet, il faut souligner l'adhésion à la Francophonie de l'Uruguay...et du Qatar, qui décidément déploie une diplomatie d'influence tous azimuts. Quant au XV sommet en 2014, il se tiendra au Sénégal. Après douze années en fonction, ce sera le dernier sommet de l'ancien chef d'État sénégalais, Abdou Diouf. « Nous ressentons cette marque de confiance comme un hommage à l’œuvre de Léopold Sédar Senghor et à l'action d'Abdou Diouf », a déclaré le président sénégalais, Macky Sall. « Je vous remercie », a répondu Abdou Diouf. C'est la première fois qu'il s'adressait publiquement à l'un de ses successeurs...

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Par Philippe Perdrix, envoyé spécial à Kinshasa

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