Extension Factory Builder
13/10/2012 à 17:29
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
François Hollande et Joseph Kabila après leur tête-à-tête, le 13 octobre à Kinshasa. François Hollande et Joseph Kabila après leur tête-à-tête, le 13 octobre à Kinshasa. © Capture d'écran J.A./YouTube/TV5 Monde

La crise au Nord-Kivu et la situation des droits de l’homme en RDC ont été les deux sujets forts de la visite de François Hollande, le 13 octobre à Kinshasa, à l’occasion du XIVe sommet de la Francophonie. Dans une ambiance plutôt fraiche entre le président français et son homologue congolais, Joseph Kabila.

Sur les marches du Palais du peuple de Kinshasa, à l’arrivée des chefs d’État à la cérémonie d’ouverture du XVIe sommet de la Francophonie, la poignée de main entre le président français, François Hollande, et son hôte congolais, Joseph Kabila, a été rapide et froide. Pas de regards échangés, pas de sourires polis. Les deux dirigeants s’étaient vus en tête-à-tête plus tôt dans la matinée et n’avaient l’intention ni l’un ni l’autre de feindre le parfait amour.

Dès sa descente d’avion, et après un passage rapide à son hôtel, samedi 13 octobre au matin, François Hollande a été reçu au Palais de la nation par Joseph Kabila. Les deux hommes se sont entretenus pendant près de 40 minutes, lors desquelles ont été évoqués la situation des droits de l’homme en RDC et le conflit au Nord-Kivu.

Hollande avait déjà donné son point de vue, le 9 octobre à Paris, en estimant que « la situation (en RDC) est tout à fait inacceptable, sur le plan des droits, de la démocratie et de la reconnaissance de l’opposition ». Il a répété son message en exprimant devant Joseph Kabila la « préoccupation de la France face à l’état précaire des libertés » dans le pays, selon un proche de l’Élysée. Dans la perspective des élections locales de l’année prochaine, la France souhaite ainsi que la réforme de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) ait aboutie afin que l’opposition y obtienne la place qu’elle réclame.

"Long processus" démocratique

Pour mieux marquer son point de vue, Hollande a également évoqué devant le président congolais le procès des meurtriers présumés de Floribert Chebeya, le militant des droits de l’homme assassiné en 2010, en rappelant que la France ne relâchera pas la pression pour que les responsables soient jugés.

Joseph Kabila a réagi froidement au discours de François Hollande.

Joseph Kabila a réagi froidement au discours de son invité. Il a tenu à lui rappeler que la démocratie était un « long processus » et a expliqué qu’une première loi a déjà été votée pour la réforme de la Commission des droits de l’homme tandis que celle sur la Ceni était en cours. Quant à l’affaire Chebeya, Kabila a souligné qu’il n’interférait pas dans les affaires de la justice et qu’il n’était pour rien dans le report du procès à une date ultérieure au sommet.

Après le tête-à-tête entre les deux dirigeants, François Hollande s’est rendu à la résidence de France où il a reçu cinq leaders de l’opposition congolaise, pendant environ 45 minutes. Étaient présents Vital Kamerhe (UPNC), Samy Badibanga (UDPS-FAC), Martin Faylu (UDPS-FAC), Jean-Lucien Bussa (MLC) et Pierre Matusika (Abako). Ils étaient accompagnés de représentants d’ONG comme la Voix des sans voix (ONG de Floribert Chebeya). Le même message qu’à Kabila leur a été transmis, et il a été bien mieux reçu évidemment.

Le Nord-Kivu, timide terrain d’entente

L’autre sujet à l’ordre du jour a permis d’apaiser un peu les esprits. Et la France en a peut-être un peu rajouté dans le sens de Kinshasa pour compenser les attaques formulées à l’encore du régime de Kabila.

Dans son discours, lors de la cérémonie d’ouverture du sommet, François Hollande s’est attardé sur la question des crises et a logiquement commencé par évoquer la situation des populations au Kivu. Il a martelé la nécessité de « réaffirmer que les frontières de la RDC sont intangibles ». L’ovation dans la salle n’a jamais été aussi intense et elle s’est poursuivit quand il a demandé à ce que les forces de l’ONU soient davantage présentes et que le mandat de la Monusco puisse être élargi.

C’est également ce message qu’il a transmis à Joseph Kabila, qui ne pouvait – sur ce sujet - qu’acquiescer au soutien répété de Hollande en faveur de la protection des frontières de la RDC.

Le président congolais ne s’est cependant pas privé de préciser au chef de l’État français qu’il trouvait dommage qu’on ne désigne jamais nommément l’agresseur – entendre le Rwanda accusé par Kinshasa de soutenir la rébellion du M23

________

Par Élise Colette et Philippe Perdrix, envoyés spéciaux à Kinshasa

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

RD Congo

RDC : le gouvernement met en avant ses efforts pour lutter contre les violences sexuelles

RDC : le gouvernement met en avant ses efforts pour lutter contre les violences sexuelles

À l'occasion d'une conférence de presse organisée lundi par les Nations Unies et le gouvernement de République démocratique du Congo, les autorités congolaises ont cherché à[...]

RDC - Félix Tshisekedi : "Aucun parti ne peut gagner seul"

Après deux semaines passées au chevet de son père, l’opposant congolais (RDC) Étienne Tshisekedi, à Bruxelles, Félix Tshisekedi retourne dans la mêlée Kinoise.[...]

RDC : la mort du général Bahuma suscite un grand malaise à Goma

Depuis l'annonce du décès du général Bahuma, commandant de l'armée congolaise dans le Nord-Kivu, les habitants de Goma sont inquiets et en colère. Ils ont manifesté lundi dans les[...]

RDC : mauvaise nouvelle pour Congo News

Lundi 1er septembre, la Chambre du conseil de RDC a placé Mike Mukebayi en détention préventive. L’éditeur du journal Congo News est poursuivi pour diffamation. Auparavant, le ministre des[...]

Sindika Dokolo, l'homme qui collectionne les pièces... d'art contemporain

Businessman congolais et époux d'Isabel dos Santos, la fille du président angolais, Sindika Dokolo est surtout connu pour sa passion pour les créateurs africains.[...]

Référendum

En brumeuse Écosse le 18 septembre, mais surtout, en ce qui nous concerne, au Burkina, dans les deux Congo, au Rwanda et au Burundi, cinq pays où pourraient être organisées dès 2015[...]

RDC : qui était le général Lucien Bahuma, chef de l'armée au Nord-Kivu ?

L'armée congolaise connaît un coup dur avec la mort du général Lucien Bahuma, chef d'état-major de la région troublée du Nord-Kivu, qui a joué un rôle clef dans les[...]

RDC : mort du chef de l'armée au Nord-Kivu après un malaise

Le général Lucien Bahuma, chef de l'armée congolaise pour la région troublée du Nord-Kivu, est mort dans la nuit de samedi à dimanche en Afrique du Sud après avoir fait un malaise[...]

Italie : le père de Cécile Kyenge a-t-il (vraiment) ensorcelé Roberto Calderoli ?

Connu notamment pour ses insultes racistes, Roberto Calderoli a affirmé mardi que le père de Cécile Kyenge l'avait ensorcelé. Et le sénateur italien dit détenir des preuves de ses[...]

RDC : Joseph Kabila cherche des alliés

Les concertations nationales de septembre et octobre 2013 en RDC entre Joseph Kabila et une partie de l'opposition n'auraient-elles servi à rien ? C'est bien possible. Explications.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces
Buy VentolinBuy Antabuse Buy ZithromaxBuy Valtrex