Le 14e sommet de la Francophonie s'est ouvert samedi 13 octobre à Kinshasa. Au coeur des débats entre les diplomates, la situation au Nord-Kivu.
« Le succès de ce sommet repose sur la résolution sur la situation en RDC », tranche un diplomate ouest-africain présent à Kinshasa pour le 14e sommet de la Francophonie, qui s'est ouvert samedi 13 octobre. « Car concernant le discours très attendu de François Hollande, il a semble-t-il déblayé le terrain à Paris », ajoute-t-il faisant allusion à la conférence de presse du président français, le 9 octobre, et l'interview donnée à nos confrères de TV5, France 24 et RFI, deux jours plus tard. Après avoir jugé « inacceptable » la situation des droits de l'homme et de la démocratie en RDC, le président français, qui est arrivée à Kinshasa à 06h15 (05h15 GMT), devrait prononcer un discours essentiellement axé sur la francophonie, lors de la cérémonie d'ouverture le 13 octobre. Avec sans doute, tout de même, quelques allusions sur le respect des libertés et de la transparence électorale en RDC. Et également un appel au respect des « frontières intangibles » de cet immense pays. Kigali pourrait se sentir visé, mais les apparences sont sauves.
En coulisses en revanche, les discussions ont été vives. Le 10 octobre, les deux sherpas des présidents congolais (Isabel Tshombé, représentante personnelle de Jospeh Kabila à la Francophonie) et rwandais (Jacques Kabale, ambassadeur du Rwanda en France) ont eu un échange musclé à propos de la résolution en cours d'élaboration sur la RDC, et tout particulièrement sur la situation dans le Nord-Kivu. Un compromis doit être trouvé par les diplomates. À défaut, les chefs d’État vont devoir trancher, en sachant que Paul Kagamé n'est pas annoncé à Kinshasa et qu'il sera représenté par sa ministre des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo. Le projet de résolution évoquait les soutiens extérieurs au mouvement rebelle du 23-Mars (M23) et envisageait des poursuites par la Cour pénale internationale (CPI). Kigali rejette ces formulations.
Droits de l'homme et crise au Mali
L'autre moment attendu durant ce sommet est bien entendu la venue de François Hollande, le temps d'une journée menée tambours battants. Le président français va prononcer un discours de 7 minutes en ouverture du sommet, donner deux conférences de presse, rencontrer des militants des droits de l'homme et des responsables de l'opposition... Et s'entretenir avec le leader historique de cette opposition, Étienne Tshisekedi. À moins que la marche évoquée dans les rangs de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), avec ses risques de débordements et de violences, ne vienne tout remettre en cause...
Pour le reste, une déclaration finale et cinq résolutions – l'une d'entre elles portera sur le Mali - devraient être adoptées par plus d'une vingtaine de chefs d’État et de gouvernement. Parmi les Africains, outre le chef d’État hôte, Joseph Kabila, sont annoncés les présidents Boni Yayi (Bénin), Blaise Compaoré (Burkina), Pierre Nkurunziza (Burundi), Paul Biya (Cameroun), François Bozizé (Centrafrique), Dhoinine Ikililou (Comores), Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville), Alassane Ouattara (Cote d'Ivoire), Ali Bongo Ondimba (Gabon), Alpha Condé (Guinée), Mamadou Issoufou (Niger), Macky Sall (Sénégal), Idriss Déby Itno (Tchad) et Moncef Marzouki (Tunisie).
À l'ordre du jour également, la destination pour le 15e sommet de la Francophonie, en 2014. Après le retrait de Haïti, trois pays sont candidats : la Moldavie, le Vietnam et le Sénégal. Le pays de la Teranga tient la corde. Ce sera le dernier sommet du secrétaire général de la Francophonie et ancien chef d'État sénégalais, Abdou Diouf.

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