Extension Factory Builder
12/10/2012 à 13:07
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Mustapha Ben Jaafar, président de l'Assemblée nationale constituante. Mustapha Ben Jaafar, président de l'Assemblée nationale constituante. © AFP

Le président de l'Assemblée nationale constituante (ANC), Mustapha Ben Jaafar, a annoncé, vendredi 12 octobre, qu'un premier projet de Constitution serait présenté en novembre aux députés. D'après lui, la criminalisation de l'atteinte au sacré, chère aux islamistes, n'y figure pas.

Après de longs mois d'attente, les Tunisiens vont enfin avoir un projet de Constitution sous les yeux. Selon le président de l'Assemblée nationale consituante (ANC), Mustapha Ben Jaafar, une première version complète du texte sera débattue en novembre par les députés au palais du Bardo. Autre information : la volonté des islamistes tunisiens d'inscrire la criminalisation de l'atteinte au sacré dans la Loi fondamentale n'aboutira ^pas, du moins dans la première version du texte.

« Il n'y aura pas de criminalisation [de l'atteinte au sacré, NDLR], bien sûr », a assuré Mustapha Ben Jaafar, dont le parti de centre-gauche Ettakatol est allié aux islamistes d'Ennahdha. « Ce n'est pas parce que nous sommes d'accord avec les atteintes au sacré, mais parce que le sacré est très très difficile à définir », a-t-il ajouté.

Ennahdha avait placé cette notion au coeur de son programme politique, suscitant une levée de bouclier au sein de la société civile qui y voit la porte ouverte à la violation de la liberté d'expression. Selon Mustapha Ben Jaafar, le principal point d'achoppement reste la question du futur régime politique. Les islamistes souhaitent un modèle parlementaire tandis que les autres formations réclament un système mixte laissant d'importantes prérogatives au chef de l'État.

Calendrier électoral

« J'ai bon espoir pour que le compromis soit trouvé », a déclaré le président de l'assemblée, rappelant qu' Ennahdha avait déjà renoncé à inscrire la charia dans la loi fondamentale. Dès lors, une première mouture du texte sera soumise « en novembre » à l'ANC en session plénière, puis les élus débattront chaque article « en décembre-janvier ».

« Je pense que raisonnablement (...), on aura nos élections avant l'été 2013 », a ajouté M. Ben Jaafar, 72 ans, alors que la date d'adoption de la loi fondamentale et le calendrier électoral font l'objet de toutes les spéculations. Onze partis politiques s'étaient engagés à rédiger la Constitution dans un délai d'un an à compter de l'élection de l'ANC, le 23 octobre 2011. Une partie de l'opposition, notamment Béji Caïd Essebsi de Nida Tounès, juge que le gouvernement et l'assemblée perdront leur légitimité à cette date anniversaire.

M. Ben Jaafar a rejeté cette interprétation : « Un certain nombre de partis se sont engagés à respecter la date d'une année (...) mais cette date est beaucoup plus incitative que limitative ». « L'assemblée est totalement souveraine pour fixer son rythme de travail », a-t-il insisté, ajoutant que la seule limite était un engagement « politique et moral » à aboutir à un texte rapidement.

Le président de l'ANC a aussi promis de négocier « un consensus » sur le nouveau calendrier « au sein de l'Assemblée et en dehors », tout en demandant que personne ne « mette en cause la légitimité de l'ANC », une allusion à Essebsi.

Des réussites, et des échecs

De son côté, le Premier ministre Hamadi Jebali, islamiste, a promis d'annoncer un nouveau calendrier consensuel le 18 octobre. Face aux accusations de dérive autoritaire et d'échec sur le front socio-économique, au coeur des objectifs de la révolution de 2011, M. Ben Jaafar a reconnu des « fautes » du gouvernement. « C'est un gouvernement où certains responsables ont manqué d'expérience et ont commis des fautes (...). Il y a des réussites, il y a aussi des échecs », a-t-il analysé, citant pour la seconde catégorie le cas d'une femme violée par des policiers et confrontée à la justice pour atteinte à la pudeur. « Là, on a commis une faute », a insisté M. Ben Jaafar, déplorant un amalgame « inacceptable ».

En outre, « le gouvernement a manqué de fermeté » à l'égard des islamistes radicaux responsables des violences ayant « terni l'image de la Tunisie », comme l'attaque meurtrière de l'ambassade de américaine mi-septembre, a reconnu le président de l'ANC. « La leçon a été tirée », mais ces ces groupes ne constituent pas « un risque majeur pour l'avenir de la démocratie », la vraie menace étant « un retour à l'ancienne dictature », a-t-il insisté.

Mais Mustapha Ben Jaafar ne s'est pas exprimé sur la vidéo montrant Rached Ghannouchi, le chef d'Ennahdha, donner des conseils à des leaders salafistes pour progressivement imposer l'islamisation de la société tunisienne.

(Avec AFP)

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Tunisie

Tunisie : le gouvernement Essid confronté à la fronde des enseignants

Tunisie : le gouvernement Essid confronté à la fronde des enseignants

Pas de chance pour le gouvernement Essid. Entre inondations au Nord-Ouest et revendications sociales au Sud, il débute son mandat dans un climat social perturbé. Mais les plus grosses turbulences proviennent des g[...]

Tunisie : génération électro, reportage au coeur d'une révolution musicale

En Tunisie, quelques milliers de jeunes se sont rassemblés le week-end des 21 et 22 février pour le festival des Dunes électroniques, à Nefta, dans le désert, à une heure de route de[...]

Kabila, Ouattara, Bouteflika, Biya... Quels sont les diplômes de vos présidents ?

Votre président a-t-il le baccalauréat ? Un master ? À-t-il étudié l’économie ou le droit ? En France ou en Chine ? Toutes les réponses avec notre jeu interactif.  [...]

Sexe, mensonge, pouvoir : la trilogie infernale

Du Français Dominique Strauss-Kahn au Malaisien Anwar Ibrahim, on ne compte plus les responsables politiques dont les moeurs débridées, ou supposées telles, ont brisé la carrière.[...]

Tunisie : Moez Sinaoui, le porte-parole

Moez Sinaoui est directeur de communication et porte-parole de Béji Caïd Essebsi. C'est l'un des hommes forts du président. Portraits de ceux qui entourent et conseillent le nouveau locataire du palais de[...]

Tunisie : Rafaa Ben Achour, le légiste

Rafaa Ben Achour est conseiller de Béji Caïd Essebsi. C'est l'un des hommes forts du président. Portraits de ceux qui entourent et conseillent le nouveau locataire du palais de Carthage.[...]

Tunisie : Mohsen Marzouk, le stratège

Mohsen Marzouk est ministre conseiller en charge des affaires politiques de Béji Caïd Essebsi. C'est l'un des hommes forts du président. Portraits de ceux qui entourent et conseillent le nouveau locataire du[...]

Tunisie : Ridha Belhaj, le dircab

Ridha Belhaj est ministre directeur du cabinet de Béji Caïd Essebsi. C'est l'un des hommes forts du président. Portraits de ceux qui entourent et conseillent le nouveau locataire du palais de Carthage.[...]

Tunisie : les hommes du président Béji Caïd Essebsi

Conseillers, collaborateurs ou proches, ils bénéficient d'un accès direct au palais de Carthage. Et joueront un rôle clé dans le dispositif du nouveau chef de l'État.[...]

Tunisie : décès d'Abdelaziz Ben Dhia, ex-homme de confiance de Ben Ali

Abdelaziz Ben Dhia est décédé d’une longue maladie à Tunis, lundi 23 février, à l’âge de 79 ans.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces
Purging www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20121012121810 from 172.16.0.100 Purging jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20121012121810 from 172.16.0.100