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11/10/2012 à 19:36
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La pêche locale a beaucoup souffert de la concurrence des chalutiers étrangers. La pêche locale a beaucoup souffert de la concurrence des chalutiers étrangers. © AFP

Le 11 octobre, Greenpeace a publié un rapport qui soutient que le Sénégal a vu ses ressources halieutiques être la cible d’un "pillage organisé" de la part des pêcheurs étrangers pendant au moins deux ans. Si Macky Sall a mis un terme à l'hémorragie, toute la lumière n’a pas encore été faite. De hauts dirigeants du régime de Wade auraient pu s’enrichir à travers un vaste système de corruption, ajoute l’ONG.

Dans un rapport, publié le 11 octobre 2012 à Dakar - à la veille de la visite de François Hollande -, Greenpeace dénonce un « pillage organisé » des ressources halieutiques du Sénégal entre mars 2010 et avril 2012. Le document, basé sur une enquête de 25 mois, fait état d’« autorisations illicites » de pêche concédées à des navires étrangers.

« Le scandale des autorisations de pêche au Sénégal » a débuté en mars 2010, explique Greenpeace dans ce rapport intitulé « Main basse sur la sardinelle ». Une série d'arrêtés ministériels illégaux auraient permis à des chalutiers industriels battant pavillon étranger de pêcher dans la Zone économique exclusive (ZEE) du Sénégal.

Le rapport précise que 29 des 44 chalutiers qui ont reçu une autorisation entre octobre et novembre 2011, ont « effectivement exercé une activité de pêche dans la ZEE du Sénégal entre décembre 2011 et avril 2012 ».

Pour bénéficier de ce passe-droit, les armateurs devaient s’acquitter de 35 dollars (27 euros) par tonne pêchée auprès du Trésor sénégalais, affirme un document officiel de l'époque. Cet accord est assimilé par Greenpeace à « un bradage » des ressources pélagiques [espèces évoluant dans les zones de pleine mer, à distance des côtes, et qui se déplacent en bancs, NDLR], a fait savoir Raoul Monsembula, un responsable de l’ONG.

"Kleptocratie maritime"

D’autre part, le rapport dévoile des zones d’ombres. Au moins deux armateurs russes ont indiqué avoir payé 120 dollars (93 euros) par tonne, soit 85 dollars de plus que le tarif fixé par le Trésor sénégalais, ce qui laisse supposer d'énormes montants de droits de pêche « non déclarés et non perçus » par l’institution bancaire sénégalaise, s’inquiète le rapport.

Greenpeace voit dans ces accords une véritable « kleptocratie maritime ». L’ONG explique que « ce pillage [a été] orchestré avec la complicité de hauts responsables du gouvernement sénégalais de l'époque », sous le régime de Abdoulaye Wade.

L’ancien président du Sénégal de 2000 à 2012 a été battu au second tour de l'élection présidentielle, en mars dernier, par Macky Sall. Dès lors, conformément à l'une de ses promesses de campagne, le nouveau chef d’Etat a annulé les autorisations de pêche controversées, le 30 avril dernier. Alors que la pêche est un secteur clé de l’économie locale, les pêcheurs sénégalais pâtissaient considérablement de la concurrence des chalutiers étrangers, qui épuisaient rapidement les ressources halieutiques du pays.

Pour Greenpeace, le nouveau gouvernement ne doit pas en rester là. L’ONG exhorte les autorités sénégalaises à lancer un audit sur ce dossier, afin de poursuivre « les personnes impliquées dans le pillage organisé des eaux sénégalaises » et de mettre sur liste noire les navires et sociétés impliqués.

(Avec AFP)

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