Extension Factory Builder
11/10/2012 à 19:09
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Le discours de François Hollande à Dakar, le 12 octobre, est très attendu. Le discours de François Hollande à Dakar, le 12 octobre, est très attendu. © Martin Bureau/AFP

Le chef de l’État français est arrivé, vendredi 12 octobre au matin, à Dakar. Il doit y passer la journée en compagnie de son homologue sénégalais, Macky Sall, avant de s’envoler pour Kinshasa, en RDC, où il assistera à la première journée du sommet de la Francophonie.

Mis à jour à 14h25.

À 11h20 (GMT), vendredi 12 octobre, il n’y avait à l’aéroport de Dakar que des personnalités politiques pour assister aux premiers pas du président François Hollande sur le continent africain. La sécurité était à son maximum pour encadrer le chef de l’État français, qui a été accueilli par son homologue sénégalais, Macky Sall. Et l’accueil populaire – pourtant une tradition au pays de la Terenga – devait se faire un peu plus tard dans la journée, lors de la visite de l’île de Gorée.

L’époque est désormais lointaine où les présidents français s’absentaient longtemps de l’Hexagone. Déjà avec Nicolas Sarkozy, les tournées africaines s’étaient transformées en allers-retours express avec nuits dans l’avion et visites symboliques au pas de course.

Dès son arrivée, François Hollande a prévu de rencontrer Macky Sall en tête-à-tête.

C'est le cas cette fois-ci également. François Hollande est certes accompagné par Valérie Trierweiler, mais ils n’auront certainement pas le temps de profiter des douceurs de la capitale sénégalaise qui a pourtant revêtu récemment de beaux atours (corniche flambant neuve, peintures refaites… et l’air toujours frais de l’océan).

Dès son arrivée, François Hollande avait prévu de rencontrer Macky Sall en tête-à-tête. L’occasion de féliciter le nouveau président pour l’élection exemplaire du début d’année, mais d’évoquer aussi la crise malienne qui représente un enjeu de sécurité majeure pour le Sénégal. Après un déjeuner de travail, Hollande doit se rendre à l’Assemblée nationale pour y prononcer un discours - absolument pas rédigé, prétend-on à l’Élysée, en miroir avec celui donné par Nicolas Sarkozy, en février 2007 dans la même ville, et qui avait suscité des polémiques encore vives.

Nord-Mali : "Pas de négociations préalables avant une intervention armée"

François Hollande a d'catégoriquement rejeté, jeudi 11 octobre, sur RFI/France24/TV5Monde, toutes négociations préalables à une intervention militaire africaine au Nord-Mali, une proposition avancée la veille par le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon. « Discuter avec qui ? Avec Aqmi? Qui imposent une loi, la charia, et qui coupent des mains, et qui détruisent des monuments jusque-là considérés comme au patrimoine de l'humanité? Qui peut imaginer qu'il puisse y avoir là des conversations qui puissent être utiles? » a déclaré le chef de l'État français.

Dans un entretien avec l'AFP mercredi, Ban Ki-Moon avait plaidé pour qu'« avant toute opération militaire, il y ait des négociations politiques et un dialogue ». François Hollande a, en revanche, ouvert la porte aux forces politiques maliennes « laïques qui veulent prendre part à la réconciliation nationale ». Le chef d'État français a de nouveau plaidé, « au nom de la paix, au nom des droits humains », pour « une résolution aux Nations unies, au Conseil de sécurité, dans les jours qui viennent sur le principe d'une force qui pourrait être déployée si les Africains en décidaient ».

« Et ensuite il y aurait une autre résolution du Conseil de sécurité pour mettre en œuvre ce que pourrait être cette force », a-t-il ajouté. Une force à laquelle la France offrirait si on lui demande un « soutien logistique », « mais pas d'hommes au sol ». (Avec AFP).

François Hollande souhaite faire passer un message de respect et de lucidité sur l’avenir commun des deux pays : soutien de la France à la croissance économique africaine, aide au renforcement de la démocratie, message d’espoir aux jeunesses africaines

« Je ne viens pas pour effacer un précédent. Je viens prononcer un discours pour écrire avec l’Afrique une nouvelle page », a-t-il déclaré lors d’une interview accordée le 11 octobre à TV5 Monde, RFI et France 24. Mais le discours de Hollande – qu’il a préparé en discutant longuement avec des intellectuels ou des acteurs africains comme Elikia M’Bokolo, Sidiki Kaba, Mamadou Diouf, Lionel Zinsou ou encore l’Africaniste français Jean-François Bayart - sera évidemment pesé et scruté à l’aune des déclarations passées de son prédécesseur. Il devrait réaffirmer sa volonté de rupture avec le fonctionnement traditionnel de la Françafrique en mettant fin aux réseaux informels, parallèles et à « ce que nous pouvions emmener dans nos bagages ». Avant de voir comment ces voeux pieux s'appliqueront réellement à la diplomatie française...

Exercice mémoriel et intérêts économiques

Dans l’après-midi, le président français se rendra sur l’île de Gorée – passage obligé de tout invité de marque –  et visitera, en compagnie du maire Augustin Emmanuel Senghor, la Maison des esclaves, celle des gouverneurs et le monument aux morts.

Au port de Dakar, où l'aura rejoint Macky Sall, ils doivent visiter ensemble un Centre de formation aux métiers portuaires et à la logistique et s’entretenir avec des étudiants.
François Hollande rencontrera enfin la communauté française avant de quitter le Sénégal dans la nuit pour s’envoler vers Kinshasa où se déroulera le sommet de la Francophonie, du 12 au 14 octobre.

Probablement un peu courte, l’étape sénégalaise lui permettra quand même d’appréhender l’Afrique plus calmement que ce qui l’attend dans la capitale congolaise, où les esprits sont de plus en plus échauffés à mesure que les déclarations sévères depuis Paris se multiplient à l’encontre du régime de Joseph Kabila.

________

Par Élise Colette, envoyée spéciale à Dakar

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Sénégal

Prolifération des sacs plastiques en Afrique de l'Ouest : faut-il les interdire ?

Prolifération des sacs plastiques en Afrique de l'Ouest : faut-il les interdire ?

Le Sénégal vient d'interdire les sacs plastiques fins sur son territoire. Le pays suit la voie de plusieurs de ses voisins en Afrique de l’Ouest qui ont déjà choisi, depuis quelques année[...]

Everjobs veut doper le marché de l'emploi en Afrique

Everjobs a choisi le Cameroun pour lancer ses activités, le 23 avril. Opérationnel en Côte d’Ivoire, au Sénégal et en Ouganda, ce portail d'offres d'emploi développé par[...]

Souleymane Jules Diop : "L'Europe ne peut pas faire payer aux Africains les conséquences du chaos libyen !"

Depuis le début de l'année 2015, plus de 1 750 migrants ont trouvé la mort en Méditerranée, dont de nombreux ressortissants du Sénégal. Une tragédie dans laquelle l'Europe[...]

Méditerranée : des migrants musulmans accusés d'avoir jeté douze chrétiens à la mer

Un drame mêlant religion et immigration s’est produit mercredi en Méditerranée. Douze Chrétiens auraient été jetés par-dessus bord après une altercation avec des[...]

Rwanda, Côte d'Ivoire, RDC... : Stromae annonce une grande tournée africaine avec 8 dates de concert dans 8 pays

Stromae a annoncé vendredi les dates de sa première tournée africaine. Le chanteur de "Papaoutai" se rendra au Sénégal, en Côte d'Ivoire, au Cap-Vert au Cameroun, au Gabon, au[...]

Sénégal-Tchad : pour Hissène Habré, le compte à rebours a commencé

Les trois magistrats chargés de juger l'ancien président tchadien ont été nommés début avril, et le procès pourrait débuter en juin, à Dakar.[...]

Football : le Sénégalais Souleymane Diawara risque sept ans de prison

L’international sénégalais Souleymane Diawara est écroué depuis le 9 avril, avec un de ses frères, pour "extorsion de fonds en réunion" et "tentative[...]

Arachide : au Sénégal, Sifca lance la contre-offensive

Doublé par le groupe français Avril dans la reprise d'une partie des activités de Suneor, l'ivoirien Sifca envisage néanmoins un rapprochement stratégique avec le leader sénégalais[...]

France : pourquoi l'ex-international sénégalais Souleymane Diawara est en prison

L'ex-international sénégalais Souleymane Diawara a été écroué vendredi à la prison des Baumettes à Marseille après avoir été interpellé et[...]

Sénégal : Sall - Wade, le président et le prisonnier

Que l'opposition ait fait de Karim Wade son candidat à la prochaine élection ne gênera sans doute pas beaucoup Macky Sall. Mais l'ancien ministre sera bien plus gênant derrière les barreaux[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers
Purging www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20121011185546 from 172.16.0.100 Purging jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20121011185546 from 172.16.0.100