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10/10/2012 à 13:10
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Le président angolais José Eduardo dos Santos, le 31 août 2012 à Luanda. Le président angolais José Eduardo dos Santos, le 31 août 2012 à Luanda. © AFP

Avant sa facile réelection en août, le président angolais José Eduardo dos Santos, au pouvoir depuis 33 ans, avait promis un vrai changement. Aujourd'hui, les observateurs et l'opposition se demandent s'il ne s'agissait pas que de paroles en l'air.

La composition du nouveau gouvernement de José Eduardo Dos Santos, quasiment cloné sur le précédent, entretient des doutes consistants sur la réelle volonté de changement du président angolais. Et donc sur sa capacité à tenir ses promesses électorales, faites avant sa facile réelection au mois d'août.

« Le récent remaniement ministériel ne montre pas de changement dans le fonctionnement du pouvoir, centré autour du président dos Santos et fondé sur le clientélisme pour maintenir une unité », souligne Alex Vines, directeur de recherche à l'institut londonien Chatham House.

« On aurait pu penser que José Eduardo dos Santos allait ouvrir son gouvernement à certains membres de la société civile, mais ce n'est pas le cas », regrette pour sa part le sociologue angolais João Paulo Ganga.

« C'est le même groupe restreint, issu du même parti politique, le MPLA, qui continue à détenir le monopole du pouvoir en Angola », renchérit le professeur de journalisme à l'Université catholique angolaise Celso Malavoloneke.

L'opposition, elle aussi, critique l'immobilisme de Dos Santos et la nouvelle équipe gouvernementale, dont elle juge l'effectif pléthorique. Elle dénonce un gaspillage d'argent public au détriment des besoins de beaucoup d'Angolais, toujours sans eau courante, électricité ou logement.

Attentes sociales

De fait, sur les 35 ministres, 21 ont été reconduits à leur poste, dont les portefeuilles-clés de l'Économie, des Affaires étrangères et de la Défense. Et sept autres nouveaux ministres étaient déjà vice-ministres ou secrétaires d'État. Seul mouvement majeur, le président a demandé à un proche, Fernando da Piedade dos Santos, dit « Nando », de quitter la vice-présidence pour céder la place à celui qui est désormais considéré comme son dauphin, Manuel Vicente, 56 ans.

Ex-patron de la Sonangol, la compagnie nationale pétrolière, M. Vicente devient ainsi officiellement le deuxième homme fort du régime. Mais rien n'indique que M. dos Santos, 70 ans, ait une quelconque intention de lui passer la main à court terme.

« Nous allons consacrer davantage de moyens à l'amélioration des conditions de vie des Angolais », a-t-il promis dans son discours d'investiture, alors que les attentes sociales de la population n'ont jamais été aussi fortes.

L'Angola a affiché une croissance moyenne autour de 10% sur la dernière décennie, mais la majorité de ses habitants vit avec moins de deux dollars par jour. Des manifestations de jeunes se succèdent depuis un an et demi.

Plan quinquennal

« Au regard des événements d'Afrique du Nord l'an dernier et de la situation actuelle en Afrique du Sud, l'exécutif angolais sait que des progrès sociaux sont nécessaires si le MPLA veut rester au pouvoir », indique M. Vines. Mais « le principal message adressé par le pouvoir est celui de la continuité à court terme », ajoute-t-il. « À plus long terme toutefois, l'enjeu est celui du changement. À savoir, quand dos Santos quittera-t-il le pouvoir et est-ce que Manuel Vicente lui succèdera ? ».

Durant la campagne électorale, M. dos Santos s'était engagé à mieux distribuer les richesses issues du pétrole, dont l'Angola est le deuxième producteur africain. De « vaines promesses », se désole aujourd'hui l'opposition. « Nous n'attendons rien de ce gouvernement dont nous ne reconnaissons pas la légitimité après un processus électoral frauduleux, et qui ne pense qu'à s'enrichir », a critiqué Alcides Sakala, porte-parole de l'Unita, le principal parti d'opposition.

Seul gage de changement, le pays a un nouveau plan quinquennal 2013-2017 adopté lors du premier conseil des ministres. Il prévoit notamment la diversification de l'économie et des politiques de lutte contre le chômage.

(Avec AFP)

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