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10/10/2012 à 12:05
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Mark Basseley Youssef, auteur présumé du brûlot islamophobe, Mark Basseley Youssef, auteur présumé du brûlot islamophobe, © DR

Mercredi 10 octobre, Mark Basseley Youssef, auteur supposé du film islamophobe "Innocence of Muslims" est convoqué par la justice américaine. L’Américain d’origine égyptienne, emprisonné depuis le 27 septembre, est accusé d’avoir violé les termes de sa liberté conditionnelle, après sa condamnation pour fraude bancaire. Il encourt deux ans de prison.

L’instigateur présumé du brûlot islamophobe « Innocence of Muslims » («L’Innocence des musulmans») va comparaître ce mercredi 10 octobre, devant une cour fédérale à Los Angeles, a indiqué l’instance judicaire. Le long-métrage, dont seul un extrait de 14 minutes circule sur la Toile, avait déclenché  une vague de violences meurtrières, en septembre, dans le monde arabo-musulman.

Le réalisateur du film, présenté jusqu’alors comme Nakoula Basseley Nakoula, se prénomme en réalité Mark Basseley Youssef, d’après la cour. Dans un premier temps, il avait contacté les médias américains en se faisant passer pour un certain Sam Bacile.

Violation de liberté conditionnelle

L’homme de 55 ans comparaîtra sous haute surveillance policière, comme lors de sa première présentation à la justice, le 27 septembre. La presse et le public ne sont pas autorisés à se rendre dans la salle et devront se contenter d’une retransmission de l’audience en direct, depuis un bâtiment voisin.

M. Youssef n’est pas convoqué devant la cour pour son implication dans le film « Innocence of Muslims » puisque le Premier amendement de la Constitution américaine garantit la liberté d’expression, mais parce qu’il est soupçonné d’avoir violé les termes de sa liberté conditionnelle. Il bénéficiait de ce régime depuis sa condamnation en 2010 pour fraude bancaire. Le copte américain d’origine égyptienne est poursuivi pour huit chefs d’accusation, qui comprennent notamment fausses déclarations et usage d’au moins trois pseudonymes.

L’accusation indique que les officiers de contrôle judiciaire ont réclamé une peine d’emprisonnement de deux ans. Certains observateurs font d’ailleurs remarquer que l’apprenti cinéaste sera plus en sécurité en prison au vue des menaces qui pèsent sur lui et des violences que son long métrage amateur a suscitées.

50 morts

M. Youssef avait été brièvement entendu le 15 septembre par son agent de probation, dans le cadre de sa liberté conditionnelle. Craignant pour sa sécurité, l’homme s'était ensuite caché. Sa famille avait pu le rejoindre deux jours plus tard, grâce à l’aide de la police.

L’auteur présumé du film a été arrêté le 27 septembre lorsque la juge Suzanne Segal a ordonné son emprisonnement immédiat. Toute possibilité de libération sous caution était exclue, la justice ayant considéré que le suspect risquait de s’enfuir et présentait un danger pour la communauté. « La cour n’a pas confiance dans l’accusé», avait souligné la juge. M. Youssef vit à Cerritos, au sud de Los Angeles.

Le 18 septembre, la justice égyptienne avait lancé des poursuites à l’encontre de sept coptes de la diaspora qui vivent aux États-Unis. Tous étaient impliqués dans le brûlot islamophobe. M. Youssef n’apparaissait toutefois pas dans cette liste. Le lendemain, Cindy Lee Garcia, une actrice du film avait porté plainte contre le réalisateur pour « tromperie », mais elle avait vu sa plainte déboutée par la justice américaine pour vice de forme.

De nombreux musulmans se sont sentis offensés par « Innocence of Muslims », qui dépeint le prophète Mohammed comme un voyou assoiffé de sang, pédophile et homosexuel. Plus de 50 morts ont été causées par la vague de protestations, notamment anti-américaines, dont le film est à l’origine dans le monde musulman.

(Avec AFP)

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