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09/10/2012 à 13:35
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François Hollande avec Ban Ki-moon, à Paris, mardi 9 octobre. François Hollande avec Ban Ki-moon, à Paris, mardi 9 octobre. © Philippe Wojazer/Reuters

Lors d'une conférence de presse avec le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, le 9 octobre, François Hollande s'est exprimé sur l'action de la France pour le règlement de la crise malienne, mais aussi au sujet de la situation de la RDC sur les plans sécuritaire et démocratique - provoquant au passage l'indignation de Kinshasa. Le président français a également expliqué le sens qu'il entendait donner à son premier voyage présidentiel en Afrique.

Mis à jour le 10/10 à 12h20.

Lors de son passage à Paris, Ban Ki-moon s’est entretenu, mardi 9 octobre, avec François Hollande, avant de tenir une conférence de presse conjointe. À côté des déclarations bien plates du secrétaire général de l'ONU, qui a notamment réclamé la libération « immédiate » de tous les otages au Sahel, les propos du président français ont marqué par leur fermeté - même s’ils ne sont pas très surprenants.

Concernant le Sahel, il a rappelé que la France était prête à voter une résolution à l'ONU sur une intervention militaire africaine au Mali. Le soutien de Paris, a-t-il ajouté, sera « logistique », « politique » et « matériel ». Hollande a reconnu que la mise en place d’une telle force serait « difficile », mais qu’elle devait avoir lieu « dans un délai raisonnable ».

« Il y aura sûrement un calendrier à respecter », a-t-il ajouté, sans plus de détail. À cet égard, Paris s’apprête à soumettre dans les prochains jours  au vote du Conseil de sécurité une résolution qui pourrait être adoptée « dans un délai court. (…) Le but c'est éradiquer le terrorisme », a martelé le président français.

Enfin, il a soutenu le choix de Ban Ki-moon de demander à Romano Prodi, ex-président de la Commission européenne et ancien chef du gouvernement italien, de devenir l'émissaire de l'ONU pour le Sahel. « Le nom proposé me paraît le bon », a-t-il déclaré.

Réunion sur la crise malienne, le 19 octobre à Bamako

Selon Saïd Djinnit, le responsable de l'ONU en Afrique de l'Ouest, une réunion de représentants de la communauté internationale se tiendra le 19 octobre à Bamako. Ce sera « l'occasion de se mettre d'accord sur une stratégie avec les Maliens, avec les pays de la région, pour qu'il y ait une convergence de vues sur comment agir vite et efficacement pour le Mali et le Sahel ».

Quelques jours avant de se rendre à Kinshasa, le 13 octobre, pour le sommet de la Francophonie, François Hollande a également eu des mots assez durs avec le régime du président Joseph Kabila - peut-être pour désamorcer la polémique lancée par l’opposition congolaise, qui voit dans son voyage une reconnaissance de fait de l’élection du chef de l’État, non reconnue par la communauté internationale.

« La situation dans ce pays est tout à fait inacceptable sur le plan des droits, de la démocratie, et de la reconnaissance de l'opposition », a fustigé le président français. « L'autre préoccupation est l'agression dont ce pays est l'objet, venant de l'extérieur, sur ses frontières, et notamment au Kivu », a-t-il poursuivi, en se prononçant pour la protection des frontières de la RDC.

Kinshasa outré

La réaction de Kinshasa ne s’est pas fait attendre. « Nous sommes le pays le plus avancé dans les droits de l'opposition », a soutenu le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende, pour qui les propos de François Hollande ne correspondent « à aucune réalité ». Et de suggérer au président français de « compléter son information » pour rendre son bref séjour à Kinshasa « très utile ».

Pour Clément Boursin, de l'association Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (ACAT), les « paroles fortes » de François Hollande traduisent « certainement le mécontentement de Paris vis-à-vis de toutes les promesses faites durant l'été par les autorités congolaises et qui n'ont pas été tenues ». La France demandait notamment un procès « équitable et transparent » des responsables de l'assassinat, en 2010, du militant des droits de l'homme Floribert Chebeya. Mais une audience cruciale a été reportée à une date ultérieure sommet.

Paris demandait aussi une réforme de la Commission électorale, très critiquée lors des élections contestées de 2011. Une réforme qui reste en discussion à l'Assemblée, de même que la création d'une Commission consultative des droits de l'homme, annoncée mais pas encore votée. « La promesse de délivrer une invitation officielle de l'État congolais au cinéaste belge Thierry Michel, auteur d'un documentaire sur l'affaire Chebeya, n'a pas non plus été tenue », relève Clément Boursin

"Message de solidarité"

Le groupe rebelle du M23 en a profité pour faire sa communication. Il « salue la déclaration du président français François Hollande affirmant qu'il n'y a pas de démocratie, ni de droits de l'homme et que l'opposition est marginalisée », a déclaré le lieutenant-colonel Vianney Kazarama, porte-parole du groupe rebelle. « La communauté internationale commence à reconnaître et à découvrir les vraies réalités de notre pays. C'est parmi les causes de notre lutte armée », a-t-il ajouté.

Avant de se rendre en RDC, Hollande fera une escale au Sénégal, vendredi prochain, où il doit s'exprimer devant l'Assemblée nationale sénégalaise et se rendre également sur l'île de Gorée, lieu de mémoire de la traite négrière. Son discours de Dakar est d’autant plus attendu que celui de son prédecesseur Nicolas Sarkozy, en 2007, avait été tout simplement jugé raciste et condescendant par de nombreux Africains.

Hollande a cependant expliqué qu’il considérait que son premier voyage de président en Afrique a pour but non pas de se « différencier » de ses prédécesseurs, mais de porter « un message de confiance » aux Africains, « un message de solidarité par rapport à leur développement, un message d'amitié car nous avons besoin d'une Afrique dynamique ».

(Avec AFP)

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