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09/10/2012 à 08:37
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Joseph Kabila, le 8 octobre 2012 à Kampala. Joseph Kabila, le 8 octobre 2012 à Kampala. © Isaac Kasamani/AFP

Réunis pour un énième sommet à Kampala, Joseph Kabila (RDC) et Paul Kagamé (Rwanda) n'étaient toujours pas parvenus, lundi 8 octobre au soir, à une solution pour la constitution d'une "force neutre" au Nord-Kivu.

Mis à jour à 14h48.

Ils se sont vus quatre fois en moins de trois mois mais, pour l’instant, cela n’a rien donné. Les présidents congolais et rwandais, Joseph kabila et Paul Kagamé, se sont à nouveau rencontrés en face à face, lundi 8 octobre, à Kampala, lors d’un sommet des 11 pays de la Conférence internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL), avec pour but le règlement de la crise dans le Nord-Kivu (est de la RDC).

Lundi soir, rien n’avait filtré sur d'éventuelles avancées diplomatiques entre les deux pays. « Les présidents Kabila, Kagamé, le président du Burundi Pierre Nkurunziza et le président Salva Kiir du Soudan du Sud, qui participe en tant qu'observateur, figurent parmi les dirigeants » qui ont entamé une réunion à huis clos en fin de matinée de lundi, a expliqué le ministre ougandais des Affaires étrangères, Henry Okello Oryem. Étaient également présents les présidents tanzanien, Jakaya Kikwete, et ougandais, Yoweri Museveni, l’hôte du sommet.

Aucun communiqué officiel commun n'avait encore été publié mardi matin. La présidence rwandaise, s'est contentée de mettre en ligne, tard lundi soir, un communiqué sur son site internet : « Le Sommet (tenu à Kampala) a conclu en soulignant les progrès réguliers accomplis, la coopération entre États membres et l'engagement renouvelé à rechercher une paix durable fondée sur des solutions apportées par la région des Grands Lacs elle-même aux problèmes qui la concernent. (…) « Le président (ougandais Yoweri) Museveni, hôte de ce sommet, a été chargé de poursuivre le dialogue avec les belligérants et d'assurer un soutien de tous les États membres à la mise en place d'une force neutre », indique le texte.

Divergences

Selon le service de presse de la CIRGL, les dirigeants impliqués devaient « évaluer les décisions prises lors de leurs précédentes rencontres (...) concernant la consolidation de la paix et de la sécurité dans l'est de la RDC », en particulier la question du déploiement d'une « force neutre », dont les divergences de points de vue sur la composition empêchent pour l’heure la constitution.

Kabila et Kagamé (en photo au sommet, ci-contre), qui s'accusent mutuellement de soutenir des groupes rebelles hostiles à l'autre dans l'est de la RDC, ont donné leur accord de principe à la constitution d’une telle force, qu’on prévoit de déployer, au mieux, en décembre prochain. Mais les deux chefs d'État ne s’entendent visiblement pas sur le sens du mot « neutre ». Pour Kinshasa, les 19 000 hommes de la Monusco - la plus importante mission des Nations unies dans le monde – doivent être impliqués. Et Kigali se défie de l’ONU qu’il accuse de partialité depuis qu’un rapport d’experts a souligné sa complicité présumée avec le Mouvement rebelle du 23 Mars (M23), ce qu’il a toujours farouchement nié – sans convaincre.

Détente

En outre, une « force neutre » devrait être composée de soldats de la région, et donc de pays qui ont pris part, du côté de la RDC (Angola) ou du Rwanda (Burundi et Ouganda), aux guerres régionales dont la région a été le théâtre depuis 1996.

Une situation explosive et compliquée qui n’a pas empêché les chefs d'État de s’accorder un peu de détente, lundi après-midi, pour une excursion en hélicoptère afin d’inaugurer un barrage à Jinja, au bord du lac Victoria et aux sources du Nil, les ministres des Affaires étrangères continuant à plancher sur une déclaration finale.

Alors que les combats ont diminué d’intensité ces dernières semaines, les trafics en tout genre se sont multipliés et le M23 a menacé, au début d’octobre, de prendre la capitale du Nord-Kivu, Goma, accusant l'armée congolaise d'exactions sur sa population.

(Avec AFP)

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