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08/10/2012 à 09:25
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Moustapha Abou Chagour a été élu le 12 septembre. Moustapha Abou Chagour a été élu le 12 septembre. © AFP

Moustapha Abou Chagour a été démis de ses fonctions de Premier ministre, dimanche 7 octobre. Peu de temps avant, l’Assemblée nationale a rejeté sa nouvelle proposition de gouvernement.

Trois jours après le premier refus en bloc des députés, l’Assemblée nationale a rejeté, dimanche 7 octobre, le « gouvernement de crise » proposé par le Premier ministre libyen élu, Moustapha Abou Chagour. Conséquence directe, ce dernier a été démis de ces fonctions, en respect du règlement intérieur de l'Assemblée, qui prévoit que celle-ci doit élire ou désigner un nouveau chef de gouvernement après deux rejets de propositions de gouvernement successifs.

« Je respecte le choix du Congrès de me retirer sa confiance. J'y vois un pas de plus vers un État libyen démocratique. Mais, j'appelle le Congrès à choisir rapidement un Premier ministre et un gouvernement pour éviter au pays un vide politique qui lui serait dommageable », a déclaré Moustapha Abou Chagour.

Dimanche, cent vingt-cinq membres de l'Assemblée s'y sont opposés, 44 ont voté pour, et 17 se sont abstenus, selon des images retransmises en direct par la télévision libyenne. Dans la soirée, les membres du Congrès général national (CGN) discutaient de la procédure à suivre pour choisir un nouveau chef du gouvernement. En attendant, ils ont annoncé leur intention de renouveler leur confiance dans le gouvernement de transition sortant d'Abdelrahim al-Kib.

Le Premier ministre libyen aura pourtant tout tenté. Dimanche, il a proposé un « gouvernement de crise » restreint à dix ministères, affirmant avoir privilégié la compétence à d'autres considérations géographiques ou politiques. « Je n'abandonnerai pas mes principes et mes convictions […] Face aux dangers qui menacent le pays, je vous présente un gouvernement de crise, restreint à dix ministères, rejetant toute considération géographique », a-t-il déclaré quelques minutes avant le vote devant les 186 membres présents (sur 200) du CGN.

Le "chantage" des "blocs politiques"

Élu le 12 septembre par cette même CGN, Moustapha Abou Chagour estime que son échec est le résultat de l’échec de tractations entre les différents blocs politiques dont il a fustigé le « chantage ». « Le premier gouvernement n'était pas parfait. Et nous aurions pu le discuter et le remanier (...) mais les demandes des membres du congrès étaient irréalistes : quelques-uns exigeaient un portefeuille bien précis pour leur région, l'un des blocs politiques a demandé onze portefeuilles et un autre en a exigé neuf ».

« Les partis politiques ont décidé de me retirer la confiance », avait-il ajouté en présentant son gouvernement. Une référence directe aux rumeurs faisant état d’un accord entre les deux principaux partis représentés au CGN, les deux rivaux : l'Alliance des forces nationales (premier bloc parlementaire) de Mahmoud Jibril, qui a refusé de participer au gouvernement après l'échec des négociations, et le Parti de la justice et de la construction issu des Frères musulmans. Les deux partis seraient d'accord pour former un gouvernement d'union, avec à sa tête une personnalité indépendante.

Selon le plan de transition, le nouveau gouvernement aura un mandat d'un an jusqu'à la tenue de nouvelles élections aux termes d'une nouvelle Constitution dont la rédaction se fait attendre.

(Avec AFP)
 

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