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05/10/2012 à 12:00
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Vue de l'Assemblée nationale libyenne à Tripoli, le 9 août 2012. Vue de l'Assemblée nationale libyenne à Tripoli, le 9 août 2012. © AFP

Le Congrès général national (CGN) - l'Assemblée nationale libyenne - a débouté, jeudi 4 octobre, le gouvernement proposé par le Premier ministre Moustapha Abou Chagour. Une centaine de personnes se sont introduites dans l'hémicycle pour dénoncer le manque de représentativité de l'équipe ministérielle.

C'est un premier avertissement pour Moustapha Abou Chagour. Dans la soirée du 4 octobre, l'Assemblée nationale a rejeté la composition du gouvernement proposée par le nouveau Premier ministre libyen, élu le 12 septembre dernier. Le siège du Parlement a par ailleurs été envahi par une centaine de protestataires.

« Nous avons voté pour rejeter le gouvernement proposé par Abou Chagour et nous lui avons donné un délai, jusqu'à dimanche, pour proposer une nouvelle liste » des futurs ministres, Abdelali al-Dersi, élu de la ville d'Al-Bayda (est). « Le gouvernement ne représentait pas tous les secteurs de la société libyenne ni toutes les régions. Il a été constitué à la hâte de façon arbitraire et sur la base d'amitiés », a-t-il ajouté.

Le Congrès général national (CGN), la plus haute autorité politique du pays créée après la chute et la mort du colonel Mouammar Kaddafi, avait commencé jeudi soir à discuter de la composition du gouvernement après que plus de cent manifestants eurent pénétré au siège du Parlement pour dénoncer le fait que la ville de Zawiyah, dans l'ouest du pays, ne soit pas représentée dans la nouvelle équipe. Certains ont en outre déploré que le gouvernement manque, selon eux, de personnalités compétentes ou connues.

Des ministres "incompétents ou inconnus"

Le Premier ministre a fait une brève allocution télévisée juste après le vote pour dire qu'il avait fait appel à des personnes « hautement qualifiées » pour entrer dans son gouvernement et qu'il regrettait que, concernant son rejet, l'Assemblée n'ait donné « aucune raison ». La liste de 29 ministres, dont une seule femme, comprenait plusieurs membres du gouvernement de transition sortant d'Abdelrahim al-Kib et ne comptait aucun représentant de la principale coalition libérale.

Au cours des débats retransmis en direct à la télévision, plusieurs élus ont critiqué le gouvernement proposé, notamment la présence en son sein de personnalités qui avaient servi dans les instances mises en place par la rébellion pendant l'insurrection de 2011, ou dans le gouvernement sortant de M. Kib.

« Abou Chagour n'a pas formé le gouvernement qu'il avait promis. Ce n'est ni un gouvernement d'union nationale ni un gouvernement représentatif de toutes les régions », a dit l'un des élus. « Nous n'avons pas reçu leurs CV », s'est plaint un autre. « La plupart des ministres dans la liste étaient dans le précédent gouvernement, sont des incompétents ou des inconnus », a lancé un troisième.

Pression

D'autres élus ont appelé à ce que la sécurité des débats soit assurée, soulignant qu'il était impossible de former un gouvernement sous la pression ou les menaces, dans une allusion aux manifestants qui ont fait irruption au siège de l'Assemblée.

Les manifestants, qui n'étaient pas armés, sont entrés dans les locaux du CGN dans la soirée. Ils ont fait part de leur mécontentement à l'Assemblée, première autorité élue après les quatre décennies du régime dictatorial de Mouammar Kaddafi, renversé à l'issue d'un conflit de huit mois en 2011.

M. Abou Chagour, un technocrate de 61 ans, a été élu Premier ministre par le CGN le 12 septembre avec seulement deux voix d'avance sur le chef de l'alliance des libéraux, Mahmoud Jibril.

(Avec AFP)

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