Impliqué dans une affaire d’arnaque à la nigériane et détenu à Lomé, Loïk Le Floch-Prigent se trouverait dans un état de santé « extrême » selon ses avocats. Se basant sur une attestation médicale qu’ils ont fait réaliser, ils réclament le rapatriement immédiat en France de l’ancien patron d’Elf. Dans le même temps, la justice togolaise ne s’est toujours pas penchée sur la demande de remise en liberté requise le 14 septembre par la défense.
L’avocat de Loïk Le Floch-Prigent, inculpé et incarcéré au Togo pour complicité d'escroquerie, a fait savoir, jeudi 4 octobre, que son client se trouvait dans un « état de santé extrême ». La défense a étayé ses dires en se basant sur l'attestation alarmiste d'un professeur de médecine pour exiger le rapatriement en France de l’ancien patron d’Elf.
Souffrant notamment de psoriasis, M. Le Floch-Prigent, devait initialement subir une intervention chirurgicale en France à la fin du mois dernier, mais il a été arrêté en Côte d’Ivoire le 14 septembre puis extradé au Togo.
Basée sur des photographies, l’attestation du dermatologue Jean-Paul Escande tire la sonnette d’alarme concernant l'évolution de la situation médicale de M. le Floch-Prigent, qui se trouverait désormais dans un état « catastrophique », a confié Me Patrick Klugman à l'AFP.
Avertissements ignorés
L’attestation, lue par l’avocat, pointe du doigt l’absence de suite donnée aux avertissements précédents concernant l’état de santé de M. le Floch-Prigent. Le sexagénaire traverserait désormais une « situation d'extrême urgence carcinologique et infectieuse » ajoute l’attestation, qui redoute le pire si aucune mesure appropriée n’est prise.
« Nous ne sommes plus dans une situation judiciaire mais dans une situation sanitaire et humanitaire. Mon client se trouve dans une situation extrême et il doit être rapatrié sans délai en France pour être soigné », s’est alarmé Me Klugman.
Le 14 septembre, Me Klugman avait déposé une demande de remise en liberté de l'ancien patron du géant pétrolier Elf. Le 27 septembre, la requête a été rejetée. L'avocat français et les avocats togolais du suspect ont fait appel mais la justice togolaise n’a pas encore examiné celui-ci.
Par ailleurs, l'attestation du Profeeseur Escande a été transmise aux autorités judiciaires togolaises et au ministère des Affaires étrangères français. Un examen médical doit être réalisé à Lomé, où M. le Floch-Prigent est incarcéré, a précisé l’avocat.
Escroquerie
La justice togolaise accuse M. le Floch-Prigent d’être impliqué dans une affaire d'escroquerie internationale portant sur 48 millions de dollars (environ 36,5 millions d'euros). Cette somme aurait été spoliée à l’homme d'affaires émirati, Abbas El Youssef par un businessman togolais, Bertin Sow Agba.
L'Emirati a porté plainte contre M. Agba, l'accusant d'avoir mis en place un véritable réseau pour lui soutirer 48 millions de dollars. Le plaignant estime que M. Le Floch-Prigent aurait tiré les ficelles dans cette affaire d’arnaque à la nigériane. Le Français, conseiller de M. El Youssef, aurait notamment dupé son employeur en lui certifiant que la femme qui sollicitait l’aide financière de l’homme d’affaire pour récupérer l’agent de son défunt mari, était bien la veuve de Robert Gueï. Or, celle-ci avait été tuée en même temps que son mari. De son côté, la défense argue que son client fait les frais d’une affaire intérieure de politiqué togolaise.
Par le passé, M. Loïk Le Floch-Prigent a été condamné en 2003 à cinq ans de prison dans l'affaire Elf et s’est déjà trouvé emprisonné environ deux ans pour cause de malversations financières.
(Avec AFP)

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