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08/10/2012 à 16:38
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Un militant pour l'abolition de la peine de mort. Un militant pour l'abolition de la peine de mort. © AFP

Pour la dixième année consécutive se tient la journée mondiale contre la peine de mort, le 10 octobre. Comme il y a dix ans, l’Afrique reste un vaste chantier où les partisans de la suppression de la peine capitale ont encore beaucoup à faire. Mais petit à petit, les exécutions se raréfient et le continent progresse sur la voie de l'abolition. En dépit de quelques "couacs" notables... comme en Gambie.

L’idée de l'abolition de la peine de mort fait son chemin sur les terres africaines. Symbole de cette évolution : le Bénin. En adhérant au deuxième protocole facultatif visant à abolir la peine capitale, Cotonou a fait un pas de plus, en juillet, vers le groupe des abolitionnistes africains.

Seize pays du continent ont officiellement aboli la peine de mort*, mais bien d'autres ont encore du mal à franchir le pas (voir la carte ci-dessous). S’ils semblent avoir pour politique ou pour pratique établie de s'abstenir de toute exécution judiciaire, la plupart conservent la peine capitale dans leur législation**. Une épée de Damoclès qui, pour beaucoup, ne s’est plus abattue sur un condamné depuis plus d’une décennie. L’Algérie a pratiqué sa dernière exécution en 1993, tout comme le Maroc, alors que le Burkina Faso n’a pas exécuté depuis 1988 et le Congo-Brazzaville depuis 1982.

Mouton noir

« Hormis la Gambie, aucun pays d'Afrique de l'Ouest n'a procédé à des exécutions récemment et, au cours des cinq dernières années, la peine de mort a été abolie pour tous les crimes au Togo, au Burundi, au Gabon et au Rwanda », explique Amnesty International. Yahya Jammeh a en effet prouvé au monde que la peine capitale n’était pas encore relégué au rang de triste souvenir.

Le 23 août, huit hommes et une femme ont été abattus par un peloton d’exécution, suite aux propos du président gambien qui indiquaient, les 19 et 20 août, que son pays exécuterait tous ses condamnés à mort avant la mi-septembre. Pourtant, la Gambie faisait encore récemment partie des abolitionnistes en pratique, la précédente exécution datant de 1985. Devant le tollé suscité au sein de la communauté internationale, Jammeh a néanmoins annoncé, le 14 septembre, un moratoire sur les exécutions. Mais cette décision incertaine laisse toujours au moins 38 condamnés à mort fortement menacés d'exécution, selon Amnesty International.

Moratoire universel ?

En 2011, « seulement » 23 personnes avaient été exécutées en Afrique. Dix en Somalie, cinq au Soudan du Sud, sept au Soudan ainsi qu’une en Égypte. Dans chacun de ces pays, la peine capitale est toujours en vigueur en 2012, bien que peu appliquée, notamment par les autorités du Caire : sur 123 condamnations en 2011, une seule avait été suivie d’exécution.

Il n’y a donc qu’un pas, plus ou moins grand selon les régions, de la peine de mort à son abolition. Les années 2012 et 2013 pourraient être des années charnière. Ban Ki-moon, le secrétaire général de l’ONU, a demandé, le 3 juillet, l’abolition générale de la peine de mort. Tout comme la France qui milite, de son côté, pour faire adopter un moratoire universel. Une initiative qui ne manque pas d’optimisme, tant les grains de sables sont encore nombreux. Qu'ils viennent d’Afrique ou d’ailleurs, en particulier de Chine ou des États-Unis...

________

Par Mathieu Olivier (@MathieuOlivier)

*Afrique du Sud, Angola, Burundi, Cap-Vert, Côte d’Ivoire, Djibouti, Gabon, Guinée-Bissau, Maurice, Mozambique, Namibie, Rwanda, Sao-Tomé et Principe, Sénégal, Seychelles, Togo.

**Algérie, Burkina Faso, Cameroun, Congo-Brazzaville, Érythrée, Ghana, Kenya, Libéria, Madagascar, Malawi, Mali, Maroc, Mauritanie, Niger, Centrafrique, Sierra Leone, Swaziland, Tanzanie, Tunisie, Zambie.

 

La peine de mort en Afrique

(Condamnations et exécutions en 2011 - Situation des pays en 2012)

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