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03/10/2012 à 11:28
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Un canon d'une arme à feu. Un canon d'une arme à feu. © AFP

Dans la matinée du mardi 2 octobre, un groupe d'hommes armés a tué au moins 40 personnes dans un foyer étudiant de la ville de Mubi, dans le nord-est du Nigeria. Les responsables de cette attaque n'ont pas encore été clairement identifiés.

Nouvelle attaque des islamistes de Boko Haram ou rivalité étudiante qui a dégénéré ? Mercredi 3 octobre, au lendemain du massacre d'au moins 40 personnes par un groupe d'hommes armés, dans un foyer universitaire du nord-est du Nigeria, les motivations du drame étaient encore obscures.

Le bilan de la tuerie est passé de 26 à « au moins 40 personnes » mercredi midi, rapporte l'AFP sur la base des déclarations d'habitants de la ville. « Vingt cinq personnes ont été amenées à la morgue. Les corps d'une quinzaine d'autres dont les familles résident à Mubi ont été emmenées par leurs proches », a déclaré sous couvert de l'anonymat un responsable de l'école.

« Les assaillants connaissaient leurs cibles », a précisé le porte-parole de la police, Mohammed Ibrahim. « Ils ont appelé les victimes par leurs noms dans chacune des maisons où ils sont entrés, et une fois qu'elles s'identifiaient, elles étaient tuées », a-t-il dit. « Elles ont été abattues par arme à feu ou égorgées », a-t-il ajouté.

L'attaque a eu lieu mardi aux premières heures à proximité du campus d'une école polytechnique en périphérie de la ville de Mubi, située dans l'État d'Adamawa. Cet État a déjà été la cible de violences attribuées au groupe islamiste radical Boko Haram.

Élections étudiantes

Mais des responsables n'excluaient pas que le drame soit lié à la tenue d'élections étudiantes, car plusieurs des victimes étaient des candidats à ce scrutin qui avait entraîné des tensions sur le campus.

« Nous n'écartons pas l'éventualité d'une affaire interne (au campus), mais nous ne savons pas encore qui est responsable de ces assassinats », a indiqué le porte-parole de la police. « Nous commençons nos investigations », a-t-il dit. « Nous soupçonnons fortement une opération interne », a aussi affirmé le porte-parole de la police.

« Une atmosphère de crise pourrait avoir été alimentée par des tensions politiques sur le campus après une élection à l'école fédérale polytechnique », a ainsi avancé un porte-parole de l'agence nationale chargée de gérer les situations d'urgence, Yushau Shuaib.

Plusieurs responsables se demandaient toutefois comment ces éventuelles tensions entre étudiants auraient pu conduire à une tragédie aussi meurtrière. Selon le porte-parole de la police, 22 des victimes étaient des étudiants, pour la plupart issus de l'école polytechnique. Des gardes de sécurité et un militaire à la retraite ont aussi été tués. La police faisait état d'un bilan de 25 morts, légèrement inférieur à celui des services de secours.

L'ombre de Boko Haram

Les regards se tournaient aussi vers le groupe Boko Haram, tenu responsable par l'ONG Human Rights Watch de 1 400 morts au Nigeria depuis 2010, et qui est soupçonné de liens avec Al-Qaïda.

L'armée nigériane a revendiqué ces dernières semaines plusieurs succès contre ce groupe, dont trois dirigeants figurent sur la liste noire des « terroristes » du département d'État américain. La semaine dernière, l'armée a ainsi annoncé avoir tué un des commandants de Boko Haram et avoir arrêté plus de 150 membres du groupe lors d'un raid mené dans la ville de Mubi, où a eu lieu la fusillade mardi.

Mubi est proche de la ville de Maiduguri, dans l'État voisin de Borno, considérée comme le berceau de Boko Haram.

Un couvre-feu a été décrété à Mubi lors du raid mené par l'armée. Cette mesure est restée en vigueur de 15h jusqu'à 6 heures du matin. Malgré le maintien du couvre-feu, de nombreux habitants de Mubi préféraient rester chez eux mardi. Ceux qui s'aventuraient dans les rues se déplaçaient avec trois rameaux en signe de paix, a déclaré un habitant, joint au téléphone.

État islamique

En septembre, Boko Haram avait revendiqué des attaques contre des dizaines d'antennes relais à travers le nord du Nigeria, dont ceux installés à Mubi, rendant très difficiles les communications sur les téléphones portables.

Quelques jours plus tôt, le 17 septembre, l'armée avait annoncé avoir tué le porte-parole du groupe. Il était connu sous le nom d'Abul Qaqa et revendiquait régulièrement les attentats. Mais le chef présumé de Boko Haram, Abubakar Shekau, est apparu lundi 1er octobre sur une vidéo, postée sur le site YouTube, démentant des informations qui l'avaient lui aussi donné pour mort.

Les attentats commis par Boko Haram ont accentué la division du pays le plus peuplé d'Afrique (plus de 160 millions d'habitants) entre le Nord musulman, où le groupe radical veut établir un État islamique, et le Sud chrétien.

(Avec AFP)

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