Extension Factory Builder
02/10/2012 à 11:04
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Des manifestants à Sidi Bouzid, le 9 août 2012. Des manifestants à Sidi Bouzid, le 9 août 2012. © Reuters

Des centaines de personnes ont manifesté, lundi 1er octobre, à Sidi Bouzid et Laâyoune, dans le centre de la Tunisie. Elles réclamaient la libération de manifestants arrêtés la semaine dernière et protestaient contre le chômage qui gangrène la région.

La grogne sociale se fait toujours entendre à Sidi Bouzid, berceau de la révolution tunisienne. Lundi, quelques centaines de personnes ont manifesté dans cette ville du centre de la Tunisie et des enseignants ont observé une grève pour dénoncer l'arrestation de manifestants dans la région la semaine dernière.

Parallèlement, à Tunis, trois députés de Sidi Bouzid ont entamé une grève de la faim au siège de l'Assemblé nationale constituante pour soutenir les revendications de la région. La colère a également gagné la région limitrophe de Kasserine dans le centre-ouest, où une grève générale a paralysé la localité de Laâyoune (22 000 habitants) contre l'exclusion et le chômage, qui touche 50% de la population locale.

À Sidi Bouzid, les manifestants ont défilé dans le centre-ville avant de se rassembler face au siège du gouvernorat (préfecture), criant des slogans contre les islamistes au pouvoir et réclamant la démission du gouverneur. Par ailleurs, une grande partie des enseignants du secondaire ont refusé de travailler lundi, un de leur collègue faisant partie des manifestants dont ils réclament la libération.

Douze personnes avaient été arrêtées mercredi 26 septembre après plusieurs jours de protestations contre le chômage et la précarité. De nouvelles interpellations s'étaient produites le lendemain. Une grève générale avait déjà été observée samedi 29 septembre dans la localité de Menzel Bouzaïane, dans cette même région, pour la libération des manifestants.

Ville déshéritée

Les trois députés en grève de la faim - Mohamed Brahimi, Ahmed Khaskhoussi et Tahar El-Ilah - ont exigé eux-aussi dans un communiqué  la libération des personnes interpellées, l'arrêt des poursuites contre les manifestants et le limogeage du gouverneur de Sidi Bouzid.

Ville déshéritée, Sidi Bouzid a été le berceau de la révolte qui a renversé l'ancien président Zine El Abidine Ben Ali en janvier 2011. Le suicide par immolation de Mohamed Bouazizi, un vendeur ambulant de la commune, avait mis le feu aux poudres.

La région - qui compte près de 12 000 diplômés chômeurs -, accuse le gouvernement dominé par le parti islamiste Ennahdha d'ignorer les revendications populaires, en particulier la création d'emplois.

Dans la même région du centre-ouest, à Laâyoune, des habitants ont défilé à l'appel de syndicats, d'ONG et de partis politiques pour dénoncer l'exclusion, le chômage et la pauvreté. « Laâyoune a été marginalisée à toutes les époques et par tous les régimes, les précédents comme l'actuel », a déclaré Ounaies Laabidi, un dirigeant syndical. Cette localité se situe à 30 km environ de Kasserine, chef-lieu d'une région montagneuse qui a payé un lourd tribut au soulèvement populaire de décembre 2010-janvier 2011.

(Avec AFP)
 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Tunisie

Tunisie : 26 candidats en lice face à Marzouki pour la présidentielle du 23 novembre

Tunisie : 26 candidats en lice face à Marzouki pour la présidentielle du 23 novembre

L'Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie) a dévoilé mardi les noms de 27 candidats retenus pour la présidentielle du 23 novembre en Tunisie.[...]

Tunisie - Troussier : "Il fallait que je quitte Sfax"

À peine trois mois après son arrivée à Sfax, Philippe Troussier (59 ans) quitte la Tunisie, après l’élimination samedi soir en demi-finale de la Ligue des champions face aux[...]

Tunisie : le procès en appel de deux policiers tunisiens reconnus coupables de viol reporté au 6 novembre

Le procès en appel de deux policiers tunisiens reconnus coupables d'avoir violé une jeune femme a été reporté au 6 novembre à la demande des avocats de la jeune femme.[...]

Démographie : si la Tunisie m'était comptée

Exode rural massif, baisse de la natalité, réduction de la taille des familles, boom de l'immobilier... Le recensement va-t-il orienter l'action du prochain gouvernement tunisien ?[...]

Maghreb : une lueur au bout du couloir de la mort

Au Maghreb, des centaines de détenus croupissent dans les prisons, attendant une hypothétique exécution. À moins que le parti des abolitionnistes ne l'emporte. Rendez-vous à Tunis les 25[...]

Amina Sboui : son "agression" par des salafistes à Paris était bien "un mensonge"

L’ancienne Femen, Amina Sboui a inventé son agression de juillet dernier par des salafistes à Paris. Un mensonge qui était avant tout un "appel au secours", avoue-t-elle au quotidien[...]

Immigration : mort à crédit en Méditerranée

Ils paient des passeurs sans scrupule à prix d'or pour traverser la Méditerranée. Cette année, trois mille migrants ont perdu la vie dans ce voyage. Un commerce lucratif et un drame humain face[...]

Élections tunisiennes : guerre d'influence dans les médias

Profitant d'un flou juridique, plusieurs hommes d'affaires tunisiens ont investi dans les médias pour servir leur camp politique. Voire défendre leur propre candidature aux prochaines élections.[...]

Tunisie : à Gabès, le gouvernement bloque un projet de 25 millions d'euros et 300 emplois

Avec une relance en panne, la Tunisie multiplie les appels aux investisseurs étrangers. Mais le gouvernement ne donne pas toujours une suite positive aux projets, sans pour autant motiver son refus de manière[...]

Divergences jihadistes en Tunisie

Les dirigeants du mouvement jihadiste tunisien Ansar al-Charia se divisent sur l'opportunité d'une lutte armée en période pré-électorale. La base, elle, rêverait d'en découdre.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers