Extension Factory Builder
01/10/2012 à 18:11
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Mouammar Kaddafi est mort le 20 octobre 2011 dans des circonstances troubles. Mouammar Kaddafi est mort le 20 octobre 2011 dans des circonstances troubles. © AFP

Alors que l’anniversaire de la mort de l’ex-Guide libyen approche, son fantôme agite toujours les milieux diplomatiques et du renseignement occidentaux. Dans son édition du 29 septembre, le quotidien italien "Corriere della Sera" avance la thèse de l’assassinat de Kadhafi. Livré par Bachar al-Assad, le leader libyen aurait été abattu par un agent des services secrets français.

Mouammar Kadhafi a-t-il succombé à la fureur de la résistance libyenne ? Ou a-t-il péri sous les balles des services de renseignements français, dans l’ambulance qui devait l’amener à Misrata, le 20 octobre 2011 ? Pour le journal transalpin « Corriere della Sera », la réponse est toute trouvée : « Un agent français derrière la mort de Kadhafi », titre le quotidien.

Un agent étranger était infiltré avec les brigades révolutionnaires pour tuer le colonel Kadhafi.

Mahmoud Jibril, Ex-président du conseil exécutif du CNT

L’article remet en cause la version officielle des dernières heures de l’ex-Guide libyen, qui incriminait les membres de la résistance libyenne ayant procédé à son arrestation. Le « Corriere della Sera » s’appuie dans un premier temps sur les déclarations de Mahmoud Jibril, ex-président du conseil exécutif du Conseil national de transition libyen (CNT), aux micros de la télévision égyptienne Dream TV, le samedi 28 septembre : « Un service de renseignement que je ne connais pas avait intérêt à ce que Kadhafi se taise à jamais, car il a eu plusieurs secrets et a noué d’étroites relations avec de nombreux régimes internationaux ». « Un agent étranger était infiltré avec les brigades révolutionnaires pour tuer le colonel Kadhafi » a-t-il ajouté.

Trahison de Bashar ?

La France a joué un rôle direct dans la mort de Kadhafi.

Rami El Obeidi, Ancien responsable des relations avec les agences de renseignement étrangères pour le CNT

Le quotidien italien ajoute à son argumentaire les déclarations d'un autre responsable libyen, l'homme chargé des relations avec les agences de renseignement étrangères pour le CNT, Rami El Obeidi. Dans le quotidien britannique le « Telegraph », ce dernier affirme que le dictateur aurait été localisé grâce à son téléphone portable dont il s’était servi un peu plus tôt pour contacter plusieurs de ses soutiens en Syrie. Et ce serait à cette occasion que le service d’espionnage de Bachar al-Assad aurait choisi de divulguer l’information aux services secrets français, leur permettant ainsi de capturer leur cible.

Alors que la révolte grondait dans son pays, selon le quotidien italien, le leader syrien avait tout intérêt à s’attirer les faveurs des Français. Et, toujours selon le quotidien, qui cite des sources diplomatiques anonymes, il ne fait presque aucun doute que, si un service avait intérêt à faire taire Kadhafi, en le supprimant entre le moment de sa capture et son arrivée à Misrata, c’est le renseignement français. Selon Rami El Obeidi, la France aurait « joué un rôle direct dans la mort de Kadhafi, notamment dans son meurtre », ajoutant que, dans les milieux britannique et turc du renseignement, on parlait à l’époque d’opération « exclusivement française ».

L'enquête de l'ONU en échec

Dans un rapport publié en mars dernier, la commission de l'ONU sur les crimes de guerre et les violations des droits de l'homme en Libye s’était déclarée incapable de déterminer les causes de la mort de Mouammar Kadhafi, les autorités du CNT lui ayant refusé l’accès au rapport d’autopsie. L’ONU avait cependant précisé que l’ancien guide libyen était toujours vivant lors de sa capture.

La campagne de Nicolas Sarkozy financée par Kadhafi

Quel intérêt auraient eu les Français à abattre Mouammar Kadhafi ? Là encore, le « Corriere della Sera » reprend une thèse apparue il y a plus de six mois, notamment sur le site Internet « Mediapart ». La France aurait cherché, selon cette version des faits étayée par des sources diplomatiques occidentales - là encore anonymes - à protéger le secret autour de financements versés par l’ex-dirigeant libyen.

« Mediapart » publiait, en mars 2012, un document qui prétendait prouver le financement de la campagne présidentielle de 2007 de Nicolas Sarkozy par la famille Kadhafi. L’ancien chef d’État avait aussitôt déposé plainte contre le site Internet, notamment pour faux et usages de faux. Rien ne dit si l’enquête, toujours en cours, permettra de confirmer ou d’infirmer tout ou partie de la version des faits relayée par le journal transalpin. En attendant, faute de preuves suffisantes et d’un mobile avéré, l’ « assassinat » de Kadhafi reste toujours au rang des énigmes irrésolues.

Par Mathieu Olivier (@MathieuOlivier)

 

Vous pouvez nous donner votre avis sur cette version des faits dans les commentaires. La jugez-vous crédible ?

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

International

Un tandem remplace Christophe de Margerie à la tête de Total

Un tandem remplace Christophe de Margerie à la tête de Total

 Pour prendre la succesion de Christophe de Margerie, décédé le 20 octobre dans un accident d'avion, le groupe français Total a confié le poste de président du Conseil d'administratio[...]

Ebola : "Je suis un Libérien, pas un virus", la campagne qui veut vaincre la stigmatisation

#IamALiberianNotAVirus (comprenez : "Je suis un Libérien, pas un virus"). C'est la nouvelle campagne qui anime les réseaux sociaux américains pour lutter contre la stigmatisation des personnes[...]

Ebola : mille patients guéris en Afrique de l'Ouest et deux rémissions occidentales

Il y a parfois des nouvelles heureuses dans les tragédies. L'annonce de Médecins sans frontières du "1 000è survivant" d'Ebola sorti de ses centres en Afrique de l'Ouest, ainsi que celle de[...]

Automobile : la Chine, un leader qui pèse lourd en Afrique

Depuis dix ans, les ventes de camions chinois explosent. Pour répondre à la demande, les constructeurs commencent à implanter des usines d'assemblage. Les marques européennes contre-attaquent en[...]

France : Patrick Balkany rattrapé par ses pratiques douteuses en Afrique

Patrick Balkany, député et maire de Levallois-Perret, en banlieue parisienne, a été mis en examen, mardi, pour "blanchiment de fraude fiscale", "corruption" et "blanchiment de[...]

Le foot n'est pas la guerre, vous êtes sûr ?

Il n'y a pas qu'en Afrique que les questions politiques font irruption sur les terrains de football.[...]

RDC : le docteur Mukwege, lauréat du prix Sakharov du Parlement européen

Le docteur congolais Denis Mukwege s'est vu décerner mardi le Prix Sakharov 2014 pour son travail auprès des femmes victimes de violences sexuelles dans les conflits armés de l'est de la RDC.[...]

La course pour la direction du bureau Afrique de l'OMS est lancée...

Qui, début novembre, succédera à l'Angolais Luís Gomes Sambo à la tête du bureau Afrique de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ?[...]

Cinéma : "Bande de filles", quatre ados dans le vent

Porté par des actrices non professionnelles, le film de Céline Sciamma "Bande de filles" pose un regard plein de fraîcheur sur les banlieues françaises.[...]

France : Christophe de Margerie l'Africain

Surnommé "Big moustache", le dirigeant de Total Christophe Margerie, mort dans le crash de son jet à l'aéroport de Moscou, a su faire fructifier l'héritage africain du groupe français.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers