En visite à Alger, le général Carter Ham, haut commandant des forces armées américaines en Afrique (Africom), s’est opposé à toute intervention militaire dans le Nord-Mali. "La situation (…) ne peut être réglée que de manière diplomatique ou politique", a-t-il déclaré dimanche 30 septembre. Dans le même temps, Abdou Diouf a estimé que "la seule façon de régler [la crise] était "militaire".
Abdelaziz Bouteflika a trouvé, avec le général Carter Ham, haut commandant des forces armées américaines en Afrique (Africom), un allié de poids en faveur d’une solution diplomatique au Nord-Mali. « En raison de la présence de groupes terroristes dans la région, une aide militaire peut être requise […] La situation dans le nord du Mali ne peut être réglée que de manière diplomatique ou politique », a déclaré le général américain, dimanche 30 septembre, à Alger. « Il y a une composante militaire qui fera partie d'un tout et jouera un rôle bien précis dans la résolution de ce conflit ». « La seule alternative qui ne pourrait pas exister, c'est la présence militaire américaine dans le nord du Mali », a poursuivi le général Carter Ham.
Ce dernier, qui s'est entretenu avec le président Algérien, a déclaré que l'Algérie et les États Unis étaient « tout à fait d'accord sur une priorité : le peuple malien doit avoir l'opportunité de choisir librement son gouvernement et de vivre dans la paix et la sécurité ».
« L'un des aspects clés dans la résolution de la crise malienne, c'est de faire la distinction entre les groupes armés dans cette région et définir ceux qui sont terroristes et ceux qui ne le sont pas », a ajouté le patron de l'Africom. Washington « essaie de comprendre le rôle du Mujao (Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest), du MNLA (rebelles touareg indépendantistes) et d'Ansar Eddine (milice des « Défenseurs de l'islam ») », a-t-il dit. Selon lui, « il y a d'autres défis dans le nord du Mali qu'il faudrait résoudre, à commencer par la mise en place d'un gouvernement légitime à Bamako ». Il a également évoqué « la nécessité de faire face aux préoccupations des populations du nord du Mali ».
"J'ai perdu mes illusions"
Si le déploiement d’une force militaire de la communauté économique des États de l’Afrique de l'Ouest (Cedeao) était autorisé, « les États-Unis étudieraient la question mais on ne sait pas encore, actuellement le sujet n'est pas vraiment clair », a déclaré le général.
À l’opposé, Abdou Diouf estime que cette intervention militaire est la seule solution pour régler la crise. « J'ai nourri l'espoir que ce problème se réglerait par la négociation mais j'ai perdu mes illusions », a déclaré le secrétaire général de la Francophonie. « Il n'y a pas d'alternative » face à des « islamistes alliés à des narcotrafiquants, à des preneurs d'otages et à des criminels frontaliers », a-t-il estimé. Pour l’ancien président du Sénégal, la crise malienne doit être l’affaire de l’ensemble de la communauté internationale. « C’est un problème qu'on ne peut pas laisser entre les mains du Mali et de la Cedeao. Il faut les aider à vaincre le terrorisme qui se développe dans le nord du pays », a-t-il estimé.
(Avec AFP)

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