Extension Factory Builder
29/09/2012 à 09:58
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Attaque contre le consulat américain à Benghazi, le 11 septembre 2012. Attaque contre le consulat américain à Benghazi, le 11 septembre 2012. © AFP

L'administration américaine est brocardée par l'opposition républicaine pour avoir constamment changé de versions sur l'attaque du 11 septembre contre son consulat à Benghazi, avant d'admettre qu'il s'agissait d'un "acte terroriste" impliquant Al-Qaïda.

A quarante jours de la présidentielle, "l'affaire de Benghazi" fait beaucoup du bruit sur la scène politique américaine, le camp du candidat républicain Mitt Romney accusant celui du président Barack Obama de "chercher à tromper les Américains" en masquant des failles en matière de sécurité et de renseignement à Benghazi (est de la Libye).

Au lendemain de l'attaque qui a coûté la vie à l'ambassadeur Christopher Stevens et à trois agents américains, la secrétaire d'Etat Hillary Clinton condamne un "attentat" commis par un "petit groupe sauvage". Le département d'Etat parle alors d'une "attaque complexe d'extrémistes libyens". La Libye, de son côté, montre du doigt des partisans "étrangers" d'Al-Qaïda mêlés à ceux du régime déchu du colonel Kadhafi.

Mais Washington amende rapidement sa version officielle. L'assaut est mis sur le compte d'une "foule en colère" qui manifestait devant le consulat contre le film islamophobe "L'innocence des musulmans". L'ambassadrice à l'ONU Susan Rice affirme le 16 septembre sur toutes les télévisions que cette attaque à l'arme de guerre n'était ni "coordonnée", ni "préméditée" et résultait d'un rassemblement "spontané" devant la mission consulaire. La Maison Blanche confirme alors "n'avoir aucune information laissant penser à une attaque planifiée".

Mais le 19 septembre, le patron de la lutte antiterroriste, Matthew Olsen, reconnaît que ses quatre compatriotes "ont été tués au cours d'une attaque terroriste". A ses yeux, toutefois, l'attentat a été perpétré "de manière opportuniste".

"Attaque terroriste planifiée"

Il évoque aussi, très prudemment, des "connexions" possibles entre "des individus impliqués dans l'attaque et Al-Qaïda au Maghreb islamique" (Aqmi). La télévision Fox News affirme même qu'un ancien de Guantanamo, Sufyan Ben Qumu - transféré en Libye en 2007 et libéré un an plus tard - est dans le coup. La semaine dernière, la Maison Blanche a admis pour la première fois le caractère "terroriste" de l'attaque. "Le président (Obama) pense qu'il s'agit d'une attaque terroriste", a répété mercredi son porte-parole. Le même jour à l'ONU, Mme Clinton a semblé aller plus loin en faisant dans une phrase alambiquée le lien entre Aqmi et l'attentat en Libye. Le département d'Etat a ensuite tempéré ses propos. Le secrétaire à la Défense Leon Panetta a lui aussi finalement reconnu jeudi une "attaque terroriste planifiée", mais sans désigner la main d'Al-Qaïda. C'est ce qu'a fait vendredi la Direction du renseignement américain (DNI) en déclarant que "certains (des assaillants) étaient liés à des groupes affiliés à, ou proches d'Al-Qaïda".

Les républicains ne se sont pas privés pour fustiger ces multiples changements de pied du gouvernement démocrate. "On nous a d'abord dit qu'il s'agissait d'une manifestation spontanée contre une vidéo et on apprend maintenant que c'était une attaque terroriste planifiée, perpétrée le jour anniversaire du 11-Septembre et impliquant des éléments d'Al-Qaïda!", s'est insurgé sur Fox News le conseiller de Mitt Romney, Eric Fehrnstrom. Il a tenu le président "Obama responsable des tentatives de son gouvernement pour tromper les Américains sur ce qui s'est passé à Benghazi".

Un influent élu républicain du Congrès, Pete King, a même réclamé vendredi soir la démission de Susan Rice, une très proche du président Obama, la jugeant sur CNN "irresponsable" comme "porte-parole devant le monde entier de la politique étrangère de l'Amérique".

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Libye

Terrorisme : qui sont les groupes jihadistes attirés par l'État islamique en Afrique ?

Terrorisme : qui sont les groupes jihadistes attirés par l'État islamique en Afrique ?

Alors que 30 personnes, en majorité des militaires, sont mortes aujourd'hui dans des attaques de la branche égyptienne de l'État islamique (EI) dans le Sinaï, tour d'horizon des groupes jihadsites attir&e[...]

ONU : vers la délocalisation des négociations interlibyennes... en Libye ?

Les négociations interlibyennes, qui se déroulent actuellement à Genève, pourraient se délocaliser en Libye, du moins si les conditions de sécurité y sont "suffisantes",[...]

Sommet de l'UA : les pays africains écartent l'idée d'une intervention en Libye

Réunis ce mercredi à Addis-Abeba à l'occasion du sommet de l'UA, les pays membres du groupe international de contact sur la Libye se sont prononcés en faveur d'une solution politique au détriment[...]

Libye : trois questions autour de l'attaque terroriste de l'hôtel Corinthia à Tripoli

L'hôtel Corinthia à Tripoli a été la cible mardi d'une attaque revendiquée par la branche libyenne de l'État islamique. Neuf personnes, dont cinq étrangers, ont été[...]

La branche libyenne de l'État islamique revendique un attentat qui a fait au moins 12 morts à Tripoli

L'hôtel Corinthia, qui accueille régulièrement diplomates et journalistes à Tripoli, a été la cible mardi d'une attaque terroriste. Des hommes armés ont fait au moins douze morts[...]

Mohamed al-Zehawi est mort, confirme le groupe terroriste libyen Ansar al-Charia qu'il dirigeait

Le groupe libyen Ansar al-Charia, classé comme "terroriste" par les Etats-Unis et l'ONU, a confirmé samedi soir dans un communiqué la mort de son chef Mohamed al-Zehawi, annoncée plus[...]

Annonces de cessez-le-feu en Libye, le début d'une sortie de crise ?

Emboîtant le pas à la coalition de milices Fajr Libya, l'armée libyenne a annoncé dimanche 18 janvier un cessez-le-feu dans le pays. Objectif : donner une petite chance à des négociations[...]

Libye : l'armée annonce à son tour un cessez-le-feu

L'armée libyenne a annoncé dimanche un cessez-le-feu, comme l'a fait il y a deux jours la milice Fajr Libya, pour soutenir les négociations de Genève en faveur d'un règlement du conflit qui[...]

Libye : le Conseil de sécurité salue l'annonce d'un cessez-le-feu

Le Conseil de sécurité de l'ONU a salué samedi l'annonce par une coalition de milices, notamment islamistes, d'un cessez-le-feu en Libye et a menacé de sanctions ceux qui feraient obstacle aux efforts[...]

Libye : des barils et des balles

Principale source de revenus de l'État libyen, l'or noir est plus que jamais au coeur de la guerre sans merci que se livrent les différentes factions qui se disputent le pouvoir.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers
Purging www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20120929095806 from 172.16.0.100 Purging jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20120929095806 from 172.16.0.100