Des policiers maliens décorés de la Médaille des Nations Unies, en janvier 2012.
© Sergio Gonzalez – UN/MINUSTAH
Si l’armée malienne paraît divisée, on sait désormais que la police n’est pas épargnée par les tensions nées de la tentative manquée de contre-coup d’État, le 30 avril dernier.
La fusillade qui a éclaté mercredi 26 septembre au matin dans le camp du Groupement Mobile de Sécurité (GMS), à Bamako, a révélé le climat de tension qui règne au sein de la police malienne. D’après le ministère de la Sécurité intérieure et de la Protection civile, c’est « une promotion à titre exceptionnel de certains fonctionnaires de police à des grades supérieurs qui a fait l’objet de contestation au sein de la famille policière. »
Résultat : deux blessés, dont un par balle. L’enquête ouverte au sein du GMS implique « une quarantaine de personnes », selon une source policière. Mais parmi les « contestataires » visés figurent, ajoute-t-on, des éléments réputés favorables au contre-coup d’État manqué du 30 avril dernier.
Cette opération, entreprise par des éléments du régiment parachutiste des bérets rouges, impliquait également des éléments de la police et visait l’ex-junte du capitaine Amadou Haya Sanogo. Beaucoup d’éléments anti putsch ont été arrêtés ou enfermés. Une vingtaine ont tout simplement disparu. Selon une enquête d’Amnesty international, certains auraient été sommairement exécutés.
Suspicions
D’autres n’ont pas encore été inquiétés et restent en poste dans les garnisons, où les tensions sont vives. « Les suspicions entre éléments de la police existent depuis le mois de mai », explique le secrétaire général du syndicat de la police, Siméon Keita. Et la fusillade de mercredi dépasse sans doute la simple contestation de promotions internes, jugées illégitimes.
D’autant que ces derniers jours, le climat de méfiance a été exacerbé par une « lettre envoyée par l’armée » à la direction générale de la police, à la veille de la Fête nationale, le 22 septembre. Une attaque se prépare, met en garde le document. La vigilance doit être alors renforcée, et les soupçons entre frères d’armes se multiplient. Les ennemis « peuvent encore fomenter des attaques demain », explique Siméon Keita.
Quoi qu'il en soit, ce regain de tension est de bien mauvais augure pour le gouvernement de transition, qui cherche l’aide rapide de la communauté internationale dans la future reconquête du Nord mali, en proie aux milices islamistes. Dans un communiqué, le ministre de la Sécurité Intérieure, le général Tiefing Konaté, s’est empressé de rassurer « l’opinion nationale et internationale (…) que tout est mis en œuvre pour un retour rapide à un climat serein et cordial au sein de la corporation policière. » A-t-il réussi à convaincre ?

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