Extension Factory Builder
28/09/2012 à 14h:53
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Des policiers maliens décorés de la Médaille des Nations Unies, en janvier 2012. Des policiers maliens décorés de la Médaille des Nations Unies, en janvier 2012. © Sergio Gonzalez – UN/MINUSTAH

Si l’armée malienne paraît divisée, on sait désormais que la police n’est pas épargnée par les tensions nées de la tentative manquée de contre-coup d’État, le 30 avril dernier.

La fusillade qui a éclaté mercredi 26 septembre au matin dans le camp du Groupement Mobile de Sécurité (GMS), à Bamako, a révélé le climat de tension qui règne au sein de la police malienne. D’après le ministère de la Sécurité intérieure et de la Protection civile, c’est « une promotion à titre exceptionnel de certains fonctionnaires de police à des grades supérieurs qui a fait l’objet de contestation au sein de la famille policière. »

Résultat : deux blessés, dont un par balle. L’enquête ouverte au sein du GMS implique « une quarantaine de personnes », selon une source policière. Mais parmi les « contestataires » visés figurent, ajoute-t-on, des éléments réputés favorables au contre-coup d’État manqué du 30 avril dernier.

Cette opération, entreprise par des éléments du régiment parachutiste des bérets rouges, impliquait également des éléments de la police et visait l’ex-junte du capitaine Amadou Haya Sanogo. Beaucoup d’éléments anti putsch ont été arrêtés ou enfermés. Une vingtaine ont tout simplement disparu. Selon une enquête d’Amnesty international, certains auraient été sommairement exécutés.

Suspicions

D’autres n’ont pas encore été inquiétés et restent en poste dans les garnisons, où les tensions sont vives. « Les suspicions entre éléments de la police existent depuis le mois de mai », explique le secrétaire général du syndicat de la police, Siméon Keita. Et la fusillade de mercredi dépasse sans doute la simple contestation de promotions internes, jugées illégitimes.

D’autant que ces derniers jours, le climat de méfiance a été exacerbé par une « lettre envoyée par l’armée » à la direction générale de la police, à la veille de la Fête nationale, le 22 septembre. Une attaque se prépare, met en garde le document. La vigilance doit être alors renforcée, et les soupçons entre frères d’armes se multiplient. Les ennemis « peuvent encore fomenter des attaques demain », explique Siméon Keita.

Quoi qu'il en soit, ce regain de tension est de bien mauvais augure pour le gouvernement de transition, qui cherche l’aide rapide de la communauté internationale dans la future reconquête du Nord mali, en proie aux milices islamistes. Dans un communiqué, le ministre de la Sécurité Intérieure, le général Tiefing Konaté, s’est empressé de rassurer « l’opinion nationale et internationale (…) que tout est mis en œuvre pour un retour rapide à un climat serein et cordial au sein de la corporation policière. » A-t-il réussi à convaincre ?

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Mali

Mali : vers un nouveau départ

Mali : vers un nouveau départ

Règlement de la question touarègue, préparation de l'élection présidentielle, reconstruction du pays, composition de la future Minusma... Tous ces sujets ont été abordés lors[...]

Double attentat au Niger : le retour de Mokhtar Belmokhtar

Deux attentats-suicides contre une caserne de l'armée nigérienne à Agadez et un site d'Areva à Arlit ont fait jeudi 23 mai une vingtaine de morts. D'après plusieurs communiqués[...]

Droits de l'homme : portrait d'une Afrique très contrastée

Du Mali à l’Afrique du Sud, en passant par la Côte d’Ivoire et la RDC, les droits de l’homme ont souffert sur le continent africain en 2012. Mais au-delà de dégradations liées[...]

Niger : un jihadiste retranché "avec des explosifs" dans la caserne militaire d'Agadez

Un attentat-suicide à la voiture piégée a visé, jeudi 23 mai au petit matin, une caserne militaire à Agadez, dans le nord du Niger. Revendiqué par le Mujao, l'attaque a fait, selon un[...]

Niger : au moins 23 morts dans les attentats d'Arlit et d'Agadez

Selon un premier bilan officiel, 23 personnes - 18 militaires, quatre kamikazes et un civil - ont été tuées dans une attaque à la voiture piégée contre une caserne militaire à[...]

Carteron au TP Mazembe : le Mali va saisir la Fifa

Patrice Carteron, le sélectionneur des Aigles du Mali, s’est engagé mercredi 22 mai pour deux ans avec le TP Mazembe (RDC). La Fédération malienne a décidé de saisir la Fifa pour[...]

ONU : la Chine propose l'envoi de 500 soldats au Mali

Alors que la traque des islamistes au Mali se poursuit, la Chine propose d’envoyer 500 soldats au Mali. De nouvelles troupes qui pourraient être intégrées à la Minusma qui comptera 12 600 [...]

Mali : un émissaire nommé Tiébilé Dramé

Drôle de statut pour Tiébilé Dramé. En tant que conseiller spécial de Dioncounda Traoré, il est désormais chargé d'engager des contacts avec les groupes armés du nord[...]

Carteron en RDC : "J'ai eu un coup de coeur pour le TP Mazembe"

Mercredi 22 mai, le Français Patrice Carteron (42 ans) a été officiellement nommé entraîneur du TP Mazembe. Une volonté de retrouver les terrains au quotidien, mais qui fait grincer des[...]

Algérie : Bouteflika et les autres patients africains du Val-de-Grâce

Avant Abdelaziz Bouteflika, de nombreux présidents africains sont allés se faire soigner au mystérieux hôpital militaire du Val-de-Grâce, à Paris. De Mathieu Kérékou à[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers