Extension Factory Builder
27/09/2012 à 17:48
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Jean-François Copé est candidat à la présidence de l'UMP. Jean-François Copé est candidat à la présidence de l'UMP. © AFP

C’est la polémique du moment en France, l’expression qui est sur toutes les lèvres : le "racisme anti-Blancs". Jean-François Copé, secrétaire général de l’UMP, l'a lancée en pleine campagne pour la présidence du parti. La manœuvre est donc hautement électoraliste, mais repose-t-elle sur une réalité sociale ? Exprimez-vous dans les commentaires.

Il se veut l'héritier de Nicolas Sarkozy. Jean-François Copé ne se prive donc pas de piocher, lui aussi, du côté de la famille Le Pen. En lice face à l’ancien Premier ministre François Fillon dans la course à la présidence de l’Union pour un Mouvement populaire (UMP, opposition), le député-maire de Meaux a en effet choisi de remettre au goût du jour une des expressions favorites de la famille frontiste.

Dans son livre à paraître le 3 octobre, Manifeste pour une droite décomplexée, Jean-François Copé mentionne ainsi le « racisme anti-Blancs », qui sévit dans les quartiers de France. Un « racisme » qui donne « envie à certains de nos compatriotes de fuir le quartier où ils habitent parce qu’on leur fait comprendre qu’ils ne sont pas chez eux ».

La déclaration qui fait polémique

« Un racisme anti-Blancs se développe dans les quartiers de nos villes où des individus - dont certains ont la nationalité française - méprisent des Français qualifiés de "gaulois" au prétexte qu'ils n'ont pas la même religion, la même couleur de peau ou les mêmes origines qu'eux. »

"Grossière stratégie"

Et l’expression n’a pas tardé à faire son petit effet. Le président du Sénat, Jean-Pierre Bel, a critiqué, jeudi 27 septembre, des paroles qui pourraient « avoir des conséquences tout à fait dommageables pour la cohésion nationale ». L'association anti-raciste SOS Racisme a quant à elle dénoncé une « grossière stratégie de double vocable » à visée électoraliste.

Mais le candidat à la présidence de l’UMP se défend. « Je sais que je brise un tabou en employant le terme de racisme anti-Blancs », explique-t-il, « mais je le fais à dessein, parce que c’est la vérité que vivent certains de nos concitoyens et que le silence ne fait qu’aggraver les traumatismes ».

Vision ethnique

Un tabou brisé ? Marine Le Pen estime que les paroles de Jean-François Copé relèvent plutôt du « plagiat ». Le secrétaire général de l’UMP choisit ainsi de faire sienne une vision ethnique des banlieues, typique de l'extrême droite. D’un côté : les Français, qualifiés de « gaulois » ; de l’autre : des agresseurs, naguère candidats à la punition du « Kärcher ».

Droite décomplexée, dérapage contrôlé ? Quelle est selon vous la définition du racisme ? Peut-on parler de « racisme anti-Blancs » dans la société française au même titre qu'il y a un racisme anti-immigrés ? Exprimez vous et partagez vos expériences dans les commentaires sous cet article et sur notre page Facebook.

Par Mathieu Olivier (@MathieuOlivier)

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

International

Banque mondiale : Makhtar Diop reprend son poste de vice-président Afrique

Banque mondiale : Makhtar Diop reprend son poste de vice-président Afrique

 Écarté de son poste de vice-président Afrique de la Banque mondiale début octobre, l'économiste sénégalais, à qui l'on prêtait l'intention de briguer la pré[...]

Réfugiés africains pour audimat européen

Dans un camp de réfugiés du Darfour, la chaîne Arte tourne un documentaire bimédia "à jouer". Instrumentalisation de la détresse pour une courbe d’audience ? Ou[...]

Malick Ndiaye, le gourou à six cordes

À la tête du label ThinkZik ! depuis quinze ans, le mystérieux et exigeant producteur d'Imany et de Faada Freddy attend plus de la musique africaine.[...]

Art contemporain : rififi autour du prix Orisha

Décerné le 2 octobre à Paris au Béninois Kifouli Dossou, le premier prix Orisha pour l'art contemporain africain a suscité l'agacement de plusieurs artistes et commissaires.[...]

Algérie : des juges d'instruction français vont enquêter sur l'assassinat d'Hervé Gourdel

Des juges d'instruction français vont enquêter sur l'enlèvement et l'assassinat d'Hervé Gourdel, a-t-on appris vendredi de source judiciaire.[...]

Areva : Luc Oursel pas vraiment parti

En dépit du départ inattendu de Luc Oursel, pour des raisons thérapeutiques et son remplacement par son numéro deux Philippe Knoche le 22 octobre, l'organigramme d'Areva reste inchangé[...]

Ebola - Dr Eric Leroy : "L'épidémie continue d'évoluer dans le mauvais sens"

Le Dr Éric Leroy est l'un des plus grand spécialistes du virus Ebola. Selon lui, l'épidémie ne sera pas endiguée avant plusieurs mois. Interview.[...]

Brésil : Dilma Rousseff, surprise du chef

Les sondages la donnaient battue au second tour de la présidentielle par la socialiste Marina Silva. Ils se sont lourdement trompés. Avec 41,6 % des suffrages au premier, Dilma Rousseff est bien [...]

Un Michel peut en cacher un autre

Le nouveau Premier ministre se prénomme Charles et n'a que 38 ans. Mais il a de qui tenir. Louis, son père, est un vieux briscard de la politique locale. Et de la "Belgafrique".[...]

Terrorisme : le Maroc demande à la France de retirer son appel à la vigilance

Pour le ministre marocain de l'Intérieur, Mohamed Hassad, la présence du Maroc dans une liste de 40 pays dans lesquels la France appelle ses ressortissants à une vigilance renforcée "est[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers