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27/09/2012 à 09:38
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Le Premier ministre du Mali Cheick Modibo Diarra, le 26 septembre 2012 à New York. Le Premier ministre du Mali Cheick Modibo Diarra, le 26 septembre 2012 à New York. © AFP

Une réunion consacrée à la crise malienne s'est tenue, mercredi 26 septembre, au siège de l'Organisation des Nations unies à New York. L'ONU reste prudente et a demandé au Mali des précisions sur une éventuelle intervention militaire pour chasser les groupes islamistes armés qui occupent le nord du pays.

Actuellement réunie à New-York pour la 67ème Assemblée générale des Nations unies, la communauté internationale s'est penché mercredi 26 septembre sur le sort du Mali. Si elle a admis la gravité et l'urgence de la situation malienne, la constitution d'une force internationale réclamée par Bamako est encore loin d'être certaine.

Lors d'une réunion en marge de l'Assemblée générale de l'ONU consacrée à la crise sahélienne, mais largement centrée sur le Mali, le Premier ministre malien Cheick Modibo Diarra a répété la demande d'intervention militaire de Bamako, officiellement envoyée la semaine dernière au secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon.

"Agir vite"

« Nous sollicitons l'adoption d'une résolution du Conseil de sécurité pour la mise en place d'une force militaire internationale composée de tous ceux qui veulent et peuvent nous aider à reconquérir les territoires occupés dans le nord », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité d'« agir vite ».

Bamako et la Cedeao (Communauté des États d'Afrique de l'Ouest) se sont mis d'accord la semaine dernière sur les grandes lignes d'une intervention, dont les troupes seraient ouest-africaines mais bénéficieraient d'un soutien logistique d'autres pays, comme la France.

Cette demande pressante du Mali a été relayée par plusieurs responsables africains, et, côté occidental, par Paris, qui a d'importants intérêts en jeu dans la région. « La France demande au plus vite une nouvelle convocation du Conseil de sécurité de l'ONU » pour examiner la demande malienne, a déclaré le président français François Hollande, qui souhaite que les forces soient définies « dans les prochaines semaines ». « Quand un territoire grand comme la France est occupé par des groupes terroristes (...) alors nous sommes devant une menace qui concerne l'ensemble du monde », a-t-il averti.

François Hollande a par ailleurs souhaité que la définition de la force africaine soit bouclée « dans les prochaines semaines ».

Expectative

Même tonalité du côté des responsables africains. « La zone sahélienne est devenue un sujet de préoccupation qui nous interpelle tous », a lancé le président sénégalais Macky Sall. « Ce n'est pas une crise de faible intensité ni une menace locale, nous avons besoin d'une action militaire aujourd'hui », a-t-il martelé.

« Nous devons secourir le Mali qui nous le demande, ne ménageons aucun effort », a déclaré le président béninois Boni Yayi, qui préside actuellement l'Union africaine.

Mais le reste de la communauté internationale semble dans l'expectative. « Toute solution militaire pour résoudre la crise sécuritaire dans le nord du Mali devrait être envisagée avec une extrême prudence. Elle pourrait avoir de graves conséquences humanitaires », avait ainsi averti d'entrée de jeu le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon en ouvrant la réunion.

« Il n'y a pas de réponse facile », a-t-il insisté. La seule mesure concrète a été l'annonce de la nomination d'un envoyé spécial pour le Sahel, dont le nom n'a pas encore été révélé.

Définir les objectifs

La plupart des orateurs issus de pays européens ont tous reconnu « l'urgence » de la situation, mais ont insisté, à l'instar du ministre belge des affaires étrangères Didier Reynders, sur la nécessité que « les objectifs » d'une éventuelle force militaire « soient clairement définis ».

L'ONU a déjà réclamé au Mali et à la Cedeao des précisions sur les modalités d'une intervention aux contours encore très flous. Plusieurs diplomates ont déjà fait part de leur scepticisme concernant la mise en place d'une telle force. Ils font notamment valoir que si la Cedeao est une force sur le papier, elle n'a pas assez de troupes à fournir, ni même la volonté de participer, pour certains pays comme la Mauritanie. En outre, la restructuration de l'armée malienne préalable à toute intervention dans le nord prendra, selon l'un d'entre eux, au moins 18 mois.

(Avec AFP)

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