La justice sud-africaine a inculpé Julius Malema, en compagnie de neuf autres accusés, dans le cadre d'une affaire de fraude, de corruption et de blanchiment d’argent. Le leader populiste a toutefois été placé en liberté sous caution. Le procès reprendra dans quelques semaines.
Mercredi 26 septembre, le tribunal de Polokwane (nord de l’Afrique du Sud) a prononcé l’inculpation de Julius Malema pour blanchiment d'argent, abus de biens sociaux et pour avoir bénéficié de revenus provenant d'activités illégales. Des soupçons d'enrichissement personnel, en lien avec des marchés publics truqués, pèsent sur le jeune tribun populiste, qui a été remis en liberté sous caution.
Après l’annonce des charges, le juge a accepté la requête des avocats du jeune tribun, demandant sa mise en liberté contre une caution de 10 000 rands, l'équivalent d'environ mille euros.
Sympathisants devant le tribunal
Malema était le président de la Ligue de jeunesse de l'ANC (African National Congress) jusqu’à son exclusion du parti au pouvoir en Afrique du Sud, en avril dernier. À 31 ans, il multiplie les critiques très virulentes à l’égard du président de la Nation arc-en-ciel, Jacob Zuma. Mais lors de son entrée au tribunal, près duquel plusieurs centaines de partisans s’étaient rassemblés pour le soutenir, il n'a fait aucune déclaration. Le politicien s’est contenté d’adresser, dans un sourire, un salut de la tête à la foule.
Des dirigeants de la Ligue de jeunesse de l’ANC avaient dénoncé une manœuvre politique visant à éliminer un agitateur qui devenait toujours plus bruyant, surfant notamment sur la vague de grève dans les mines sud-africaines. Des proches de Malema avaient même fait planer la menace d’un soulèvement des jeunes et des mineurs si le leader populiste était arrêté.
Détournement de fonds publics
Le 25 septembre, la justice sud-africaine avait également concédé la mise en liberté sous caution des neuf co-accusés de Malema. Tous sont impliqués dans une affaire de blanchiment d’argent, corruption et fraude qui porte sur des dizaines de millions de rands (des millions d'euros) de fonds publics détournés. La suite du procès devrait se tenir dans plusieurs semaines.
L'acte d'accusation évoque, entre autre, une pyramide de sociétés reliant le jeune politicien - par l’entremise d’un fonds familial - à une entreprise de conseil, qui a remporté un appel d'offres public suspect pour les routes du Limpopo, dans la province natale de Malema, désormais dirigée par ses amis politiques. Le fisc réclamerait 16 millions de rands (1,5 million d’euros) à Malema.
(Avec AFP)

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