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François Hollande devant la 67e Assemblée générale de l'ONU, le 25 septembre 2012. François Hollande devant la 67e Assemblée générale de l'ONU, le 25 septembre 2012. © AFP

Crises malienne et syrienne, nucléaire iranien, film anti-islam et manifestations anti américaines... Les sujets les plus brûlants de l'actualité ont été abordés par les dirigeants du monde, lors de la 67e Assemblée des Nations unies, le 25 septembre à New-York. Le président français, François Hollande, a notamment exhorté ses pairs à une action urgente au Mali, mais aussi en Syrie, où l'émir du Qatar pense qu'une intervention militaire arabe est désormais souhaitable.

Mardi 25 septembre, au siège des Nations unies à New-York, les grands de ce monde s’étaient donné rendez-vous pour un tour de parole dont on pourra déduire qu’il annonce une séquence diplomatique pour le moins musclée, tant les sujets de conflits sont nombreux. À commencer par la crise au Mali et la question de la sécurité au Sahel, dont François Hollande a longuement parlé lors de sa première allocution devant l’ONU.

« Nous avons le devoir d'agir, d'agir ensemble et d'agir vite, car il y a urgence », a estimé le président français, qui milite pour une résolution rapide du Conseil de sécurité donnant un mandat d’intervention militaire à la Cedeao, en accord avec Bamako et avec « un soutien logistique de la France », « pour permettre au Mali de retrouver son intégrité territoriale ». Paris espère que la 67e Assemblée générale de l'ONU et la Conférence sur le Sahel qui doit se dérouler à sa marge, mercredi 26 septembre, marquera un « tournant important » dans ce dossier.

Obama avertit l’Iran

« Un Iran doté de l'arme nucléaire (...) ferait peser des menaces sur l'existence d'Israël, sur la sécurité des pays du Golfe, et sur la stabilité de l'économie mondiale. (…) C'est pourquoi les Etats-Unis feront ce qu'ils doivent faire pour empêcher l'Iran d'obtenir l'arme nucléaire. L'Amérique veut résoudre ce dossier par la diplomatie et nous pensons qu'il y a encore le temps (...) de le faire. Mais ce temps est limité », a averti Barack Obama.

Sur la Syrie, le président américain a estimé que le régime de Bachar al-Assad devait « prendre fin » pour « que soit mis un terme aux souffrances de la population syrienne ». Selon un diplomate américain, les États-Unis doivent d’ailleurs annoncer une aide supplémentaire à la rébellion syrienne, pour qu'elle puisse « se protéger et se défendre », mais en excluant toujours tout envoi d’armement.

Enfin, à six semaines de la présidentielle américaine, Barack Obama est également revenu sur le film islamophobe « L'Innocence des musulmans » qui a entraîné des manifestations meurtrières antiaméricaines dans le monde musulman. Le qualifiant de « répugnant », il a souligné que cette « insulte visant non seulement les musulmans mais aussi l'Amérique » ne justifiait « aucune violence » et jugé que le Printemps arabe constituait « un progrès ».

Soulignant l’importance qu’il accorde à la résolution de la crise malienne, François Hollande devrait prendre à nouveau la parole lors de cette réunion. Lors de la conférence de presse qui a suivi son discours, le président français a réaffirmé son volontarisme, tout en précisant le rôle de la France qui ne s'engagera pas sur le terrain, mais « soutiendra toutes les initiatives permettant que les Africains eux-mêmes règlent cette question dans le cadre de la légalité internationale ».

Soutien "politique", "logistique" et "matériel"

Le soutien de la France sera « politique », « logistique » et « matériel », a-t-il précisé, « mais c'est aux Africains de mener l'intervention et la reconquête du nord » du Mali. Interrogé sur la délicate question des six otages français détenus par Al-Qaïda au Maghreb islamique dans le Sahel, François Hollande a répondu avec fermeté. « La nécessité de libérer nos otages ne doit pas passer par un renoncement à assurer l'intégrité du Mali. (…) Les otages hélas sont retenus depuis plus de deux ans, avant même qu'il y ait eu l'occupation par des forces terroristes du Nord-Mali. Nous assurons nos obligations internationales de lutte contre le terrorisme ».

Outre le discours de Barack Obama, qui n’a absolument pas parlé du Sahel, préférant s'étendre sur le problème du nucléaire iranien, la crise syrienne et les récentes violences anti-américaines (lire l'encadré ci-contre), une autre intervention a été remarquée. Celle de l'émir du Qatar, Cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani, dont le pays est soupçonné d’entretenir des liens avec au moins un des groupes islamistes armés qui contrôle le Nord-Mali (Ansar Eddine). S’il n’a pas évoqué le Sahel, à l'instar du président américain, l'émir a en revanche appelé à une intervention militaire des pays arabes en Syrie.

Dans son discours, Barack Obama n'a pas abordé le problème de la sécurité au Sahel.

© Emmanuel Dunand/AFP

"Cycle de tueries"

« Nous avons utilisé tous les moyens disponibles pour sortir la Syrie de ce cycle de tueries mais en vain », a expliqué l'émir qui a rappelé que le Conseil de sécurité n'avait toujours pas réussi à se mettre d'accord sur une position efficace. Pour appuyer sa position, il a fait référence à un précédent : l'intervention décidée par la Ligue arabe au Liban en 1976 (30 000 hommes), pour tenter de faire cesser la guerre civile libanaise. « Cette initiative avait été efficace et utile », a-t-il souligné.

« Il y a un plan B », a ensuite expliqué l'émir à la chaîne de télévision américaine CNN. « En premier lieu, vous devez constituer des zones protégées, ce qui suppose une zone d'exclusion aérienne. (…) Si les Syriens veulent s'attaquer (à ces zones), c'est une autre question. Nous avons besoin alors de quelqu'un qui ait la puissance nécessaire pour leur dire "ne le faites pas, nous ne le permettrons pas" », a-t-il ajouté.

(Avec AFP)

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