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24/09/2012 à 14:02
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Les forces de l’ordre déployées lors d’une manifestation à Lomé le 20 septembre. Les forces de l’ordre déployées lors d’une manifestation à Lomé le 20 septembre. © AFP/Archives - Daniel Hayduk

Le collectif "Sauvons le Togo" a de nouveau appelé à trois jours de manifestations - du 25 au 27 septembre - à Lomé. Une situation très tendue alors que des incidents violents ont émaillé les précédentes mobilisations. Dans le même temps, l’incertitude plane toujours sur la date des prochaines législatives et la situation économique du pays se dégrade.

L’opposition togolaise remet le couvert en organisant trois jours de manifestations dans la capitale, à partir du 25 septembre sur la place Déckon. Le rassemblement sur cette place fréquentée de Lomé risque encore de donner lieu à des affrontements avec les forces de l'ordre. De fait, les manifestations sont interdites dans tous les lieux à forte activité commerciale de la capitale. Presque invariablement, les rassemblements précédents ont été dispersés à coups de gaz lacrymogène ou sous la menace de jeunes armés de gourdins (lire encadré ci-dessous).

Prévues en octobre, les élections législatives devraient être repoussées étant donné le contexte délétère qui domine au Togo. Le Collectif « Sauvons le Togo » rassemble neuf organisations de la société civile et sept partis et mouvements politiques de l'opposition. Il exige le départ du président Faure Gnassingbé et organise des manifestations, généralement dispersées par la police, depuis plusieurs mois. Fin août, les femmes de « Sauvons le Togo » se sont distinguées en planifiant  une semaine de « grève du sexe ». Une forme de chantage visant à contraindre leurs époux à s'investir davantage dans le mouvement.

Pour l'heure, l’opposition semble déterminée à boycotter les prochaines élections, comme le souligne de Jean-Pierre Fabre, le dirigeant de l’Alliance nationale pour le changement (ANC) et adversaire malheureux de Faure Gnassingbé à la présidentielle de 2010. « C'est fini d'aller aux élections pour faire plaisir, pour accompagner un régime fraudeur et faire plaisir à l'Occident », clame-t-il.

Faure Gnassingbé, contesté par l’opposition, préside aux destinées du Togo depuis 2005.

© Mamadou Toure Behan/AFP/Archives

"Moi ou le chaos"

De leur côté, les partisans du président Faure Gnassingbé estiment que le gouvernement est résolu à mettre en place de vraies mesures pour susciter le changement, mais que cela demande du temps, essentiellement parce qu’il est difficile de court-circuiter de l’armée.

Les incidents du 15 septembre

De violents incidents ont eu lieu, le 15 septembre, suscitant l’inquiétude de la communauté internationale, qui n’a pas caché sa « vive préoccupation » quant à la situation de tension régnant au Togo. Lors des derniers rassemblements, des groupes armés de bâtons s’étaient donnés pour mission de disperser les manifestants. « Ce que nous faisons n'a rien de politique, c'est juste du social », prétendait un jeune homme milicien arborant une hachette. Il arguait que sa bande s’était déployée pour assurer la protection des personnes âgées du quartier, qui auraient pu être touchées par des gaz lacrymogène si les manifestants et les forces de l’ordre s’étaient affrontés.

Derrière lui, le reste du groupe arrêtait, sans mobile apparent, un motard pour le passer à tabac, tandis que des policiers assistaient à la scène sans réagir. Les organisateurs de la manifestation avaient alors préféré jouer la carte de la prudence et mettre un terme au rassemblement, tout en accusant les jeunes armés de gourdins et de machettes d'être des miliciens à la solde du parti au pouvoir.

Gilbert Bawara, ministre de l'Administration territoriale, dépeint l’opposition comme des hommes uniquement attirés par le pouvoir, sans projet politique pour le pays, dont l’unique mot d’ordre est le départ du président Gnassingbé. « Et après ? Il se passe quoi après ? », s’interroge-t-il, suggérant que l'opposition serait incapable de tenir tête à la Grande muette.

Mais en ces temps de crise, les Togolais semblent davantage préoccupés par l'amélioration de leur vie quotidienne que par la revendication de réformes politiques comme la limitation des mandats présidentiels.

LeTogo doit faire face à une baisse de la production de coton et à la stagnation de l'industrie du phosphate. « Si la situation économique s'améliore, peu nous importe de savoir qui est le président », résume un jeune Togolais du quartier de Déckon à Lomé. « On veut seulement à manger ».

(Avec AFP)

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