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22/09/2012 à 11:00
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Radhi Meddeb est président-fondateur de l'association Action et Développement Solidaire.

Il faut condamner avec la plus grande vigueur les actes récents d’hostilité et de violence perpétrés à l’encontre de l’ambassade des États-Unis et de l’école américaine à Tunis. Ces actes ne ressemblent en rien aux comportements traditionnels des Tunisiens, empreints de sagesse et de discernement, et à leurs valeurs de tolérance, d’ouverture, de modernité et de solidarité. Ils sont la marque d’une volonté délibérée d’une minorité agissante de dresser les tunisiens les uns contre les autres, d’isoler la Tunisie dans le concert des nations porteuses des valeurs universelles de progrès et de respect des droits humains, de couper le pays de tout soutien et sympathie dans sa situation économique et sociale actuelle particulièrement difficile et de porter un coup fatal au processus démocratique.

Ces actes sont préjudiciables à l’image de la Tunisie, à ses relations diplomatiques et à son positionnement stratégique pour une ouverture économique, politique et culturelle. Les relations tuniso-américaines sont vieilles de plus de deux siècles. Elles ont toujours été empreintes de respect et de solidarité. L’appui des autorités américaines a été décisif dans le mouvement de lutte pour la libération nationale, mais également pour porter un coup fatal au régime de Ben Ali dans ses derniers soubresauts ou encore pour accompagner la transition démocratique.

Il est de la responsabilité du gouvernement tunisien d’assurer la sécurité et le bon fonctionnement des missions diplomatiques accréditées en Tunisie, de prendre toutes les mesures sécuritaires de nature à protéger leurs ressortissants, leur personnel et leurs biens et d’empêcher tous débordements et toutes dérives par une application ferme et sans concession de la loi.

Les allégations de « légitimité » des mouvements de protestation contre les atteintes au sacré sont fallacieuses, dangereuses et inacceptables. Elles tombent dans le piège tendu par les provocateurs à l’origine du film islamophobe. Elles nient les libertés individuelles et l’État de droit en vigueur dans les démocraties occidentales. Elles entretiennent la confusion entre la responsabilité des États et celle de leurs ressortissants. Elles donnent la prééminence à la rue face à l’État et ouvrent la porte à toutes les dérives extrémistes et les légitiment, mettant en cause toute forme d’organisation sociale.

Cette attaque est d’autant plus odieuse qu’elle a terrorisé des enfants et qu’elle les a privés de leur raison d’être en Tunisie et que ses motivations n’ont été que le vol et le pillage organisés.

Nous condamnons plus particulièrement l’attaque de l’Ecole américaine à Tunis. Il s’agit d’un acte de barbarie et de négation des valeurs d’ouverture, de sacralisation du savoir et de respect des droits des enfants à l’éducation et l’épanouissement individuel. Cette attaque est contraire aux principes fondamentaux de l’islam qui a fait de la quête du savoir son premier message coranique, mais aussi une exhortation permanente. Cette attaque est d’autant plus odieuse qu’elle a terrorisé des enfants et qu’elle les a privés de leur raison d’être en Tunisie et que ses motivations n’ont été que le vol et le pillage organisés.

Ces actes altèrent profondément l’image de la Tunisie. Ils compliquent durablement la sortie de la crise économique et sociale en tarissant les flux touristiques et d’investissements extérieurs.

Face à une situation particulièrement difficile et dans une conjoncture adverse, nous appelons l’Assemblée ationale constituante et le gounvernement tunisien à faire preuve de responsabilité dans la gestion de la crise, à faire des choix clairs et définitifs entre les extrémistes et les défenseurs de la république et de la démocratie, entre la gestion de court terme électoraliste et partisane et celle de long terme privilégiant les intérêts de la nation, ses valeurs, sa cohésion et sa solidarité et enfin à adopter dans le dialogue et le consensus, la feuille de route et l’agenda politiques susceptibles de restaurer la confiance et de tracer la voie vers la stabilité institutionnelle.

Nous appelons également tous les acteurs politiques et les partenaires sociaux à faire preuve de responsabilité et de clairvoyance pour éviter que les valeurs de la république ne soient mises en défaut et pour remettre au plus tôt, et en parallèle à la clarification de l’agenda politique, l’impératif économique et social au cœur du projet de société.

Enfin, nous appelons les amis de la Tunisie à accepter ses excuses pour ces dérapages inacceptables et à ne pas faire payer à un peuple qui souffre les errements d’une minorité qu’il ne reconnaît pas et dont il rejette fermement les agissements.

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