Des islamistes du groupe Ansar Eddine près de Tombouctou dans le nord du Mali, en avril 2012.
© AFP
À Tombouctou, la chasse aux femmes non voilées est ouverte. Selon des habitants de la "Ville aux 333 saints", les islamistes d'Ansar Eddine ont commencé à arrêter, jeudi 20 septembre, toutes les habitantes qui ne dissimulent pas intégralement leur corps sous des habits. Et un couvre-feu d'un genre particulier a également été instauré.
L'obscurantisme frappe chaque jour un peu plus la population du Nord-Mali. D'après des habitants de Tombouctou, les islamistes qui contrôlent la « Ville aux 333 saints » ont commencé, jeudi 20 septembre, à arrêter et à punir les femmes qui ne portent pas le voile, ou celles rencontrées tard dans les rues.
« Les islamistes sillonnent aujourd'hui (jeudi) le marché de la ville et arrêtent les filles qui ne portent pas le voile », a déclaré un habitant du quartier de Djinguerey Ber, El Mehdi Cissé, joint par téléphone depuis Bamako. « Toute fille ou femme rencontrée dans la rue à partir de 23 heures sera conduite en prison et paiera une contravention », a ajouté El Mehdi Cissé, citant une des directives édictées par les islamistes d'Ansar Eddine. « Depuis hier soir, ils rendent visite à des imams pour leur dire que, désormais, toutes les filles doivent s'habiller décemment », a confirmé un habitant du quartier Bellah Farandi, Boubacar Yattara.
Les imams ont également été informés de la création d'une « prison pour femmes » et des différents montants d'amendes que les « contrevenants à la loi islamique » doivent payer, a précisé un religieux d'une des mosquées de la ville.
Châtiments corporels
Dans la foulée du putsch militaire du 22 mars à Bamako, le nord du Mali est entièrement tombé sous le contrôle des groupes islamistes Ansar Eddine (Défense de l'islam) et Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), alliés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).
Amnesty International a dénoncé jeudi la multiplication des violences et châtiments corporels infligés par les islamistes dans le Nord du Mali, « au nom de leur interprétation de la charia » : exécution par lapidation d'un couple non marié, amputations de présumés voleurs, à la suite de « parodies de procès », flagellations de buveurs d'alcool ou de fumeurs.
Les islamistes d'Ansar Eddine ont également démoli la majorité des mausolées des saints musulmans de la cité de Tombouctou, qui était aux XVe et XVIe siècles une capitale intellectuelle et spirituelle, haut lieu de la diffusion de la culture islamique en Afrique.
(Avec AFP)

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