Extension Factory Builder
21/09/2012 à 09:33
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Rached Ghannouchi, chef du parti islamiste Ennahdha. Rached Ghannouchi, chef du parti islamiste Ennahdha. © AFP

Paroles en l'air ou changement d'attitude d'Ennahdha vis-à-vis des radicaux flirtant avec Al-Qaïda ? "Les salafistes jihadistes sont un danger pour la Tunisie, et après l'attaque de l'ambassade américaine, l'État tunisien doit serrer la vis", a décalré Rached Ghannouchi, le chef du parti islamiste au pouvoir.

« À chaque fois que des partis, ou des groupes outrepassent d'une façon flagrante la liberté il faut être ferme, serrer la vis et insister sur l'ordre », a déclaré le chef du parti tunisien islamiste Ennahdha (au pouvoir), Rached Ghannouchi, avant d'ajouter que  « ces gens là représentent un danger non seulement pour Ennahda mais pour les libertés publiques dans le pays et pour sa sécurité, c'est pour cela que tous nous faisons face à ces groupes mais avec des outils respectueux de la loi ».

Ces déclarations interviennent alors que l'action politique du pouvoir a été vivement critiquée par Béji Caïd Essebsi. S’exprimant lors d’une conférence de presse à Tunis, jeudi 20 septembre, le fondateur du parti d’opposition Nidaa Tounès (l’Appel de la Tunisie) a violemment fustigé les ambiguités et les contradictions de la coalition au pouvoir, composée des islamistes d’Ennahdha et de deux partis de centre gauche, Ettakatol et le Congrès pour la république (CPR). « Les violences anti-américaines que la Tunisie a connues sont le résultat de la politique de tolérance envers des groupes prônant la violence », a-t-il déclaré. « Si ce gouvernement devait poursuivre cette politique, il nous conduira vers l'abîme. (…) Il a échoué et n'est plus en mesure de diriger le pays, c'en est fini de la troïka ».

Virage difficile

Le gouvernement doit négocier un virage difficile : la prolongation de ses fonctions après un an de pouvoir, qui est la limite théorique. De son côté Rached Ghannouchi a par ailleurs rejeté ces accusations de laxisme à l'encontre du gouvernement tunisien, qui n'a pas arrêté, alors qu'il en avait la possibilité cette semaine, le chef jihadiste Abou Iyad soupçonné d'être derrière l'attaque du 14 septembre contre l'ambassade des États-Unis et une école américaine.

« Le chef d'Al-Qaïda Oussama Ben Laden est resté beaucoup d'années libres et les services secrets internationaux sont restés longtemps sans l'arrêter donc ce n'est pas étonnant que quelqu'un disparaisse (...) mais la police va le poursuivre jusqu'à ce qu'il soit arrêté », a déclaré Rached Ghannouchi.

Deux jours après la publication, le 19 septembre, de nouvelles caricatures du prophète Mohammed par le journal satirique français « Charlie Hebdo », le pays redoute des violences contre les intérêts de la France en Tunisie. Selon Rached Ghannouchi, les forces de l'ordre sauront désormais empêcher tout débordement. « La police a bien retenu sa leçon et je ne pense pas que cela (les violences, NDLR) va se reproduire vendredi », a-t-il assuré. 

Film anti-islam : les Occidentaux redoutent de nouvelles protestations

La journée du vendredi 21 septembre pourrait être marquée par de nouvelles protestations dans les pays musulmans contre le film anti-islam et les caricatures du Prophète publiées dans l’hebdomadaire satirique français, Charlie hebdo. Depuis dix jours, plus de 30 personnes ont péri dans des manifestations.

Jeudi 20 septembre, ils étaient un millier d’étudiants, armés de bâtons, à défiler dans les rues d’Islamabad pour protester contre « L'innocence des musulmans », film produit aux États-Unis et dont un extrait circule sur Internet.  Au cours des échauffourées qui ont éclaté avec la police, cinq policiers et six manifestants ont été blessés.

À Kaboul et Téhéran, des manifestants ont protesté à la fois contre le film et contre la publication mercredi par l'hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo de caricatures du prophète Mohammed.
À Téhéran, une centaine de manifestants se sont rassemblés devant l'ambassade de France en criant « mort à l'Amérique », « mort à Israël » et « mort à la France ».

Appels à la prudence

Les Occidentaux, Paris en tête, craignent que la publication des caricatures en France n'accroisse les tensions et n'entraîne de nouveaux débordements vendredi 21 septembre.

Dans la soirée du 21 septembre, Paris a invité les ressortissants français dans les pays musulmans à la prudence. Il leur a été conseillé de rester chez eux vendredi. Autre sujets d’inquiétude pour les autorités françaises, la sécurité des soldats français en Afghanistan et au Liban.

La France a ordonné la fermeture vendredi des ambassades, consulats et écoles françaises dans une vingtaine de pays musulmans. De leurs côtés, les États-Unis ont eux annoncé avoir acheté des espaces publicitaires sur des chaînes de télévision pakistanaises pour diffuser des spots destinés à calmer la colère des musulmans contre le film.

À Paris, la sécurité est toujours renforcée autour de l'immeuble abritant la rédaction de Charlie Hebdo, et, comme à Tunis, toute manifestation de protestation contre le film ou les caricatures interdite.

.

(Avec AFP)

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Tunisie

La Tunisie à la pointe de la chirurgie modifiant la couleur des yeux

La Tunisie à la pointe de la chirurgie modifiant la couleur des yeux

Changer la couleur de ses yeux, ce serait aussi simple qu'un coup de bistouri ? C'est ce que vante BrightOcular, une méthode américaine dont la Tunisie est devenu un eldorado alors qu'elle reste interdite aux &Eac[...]

Présidentielle tunisienne : Marzouki et Essebsi polémiquent au sujet de la Constitution

Les quelques lignes adressées par Mohamed Moncef Marzouki, le président sortant, à son rival Béji Caïd Essebsi, chef du parti majoritaire à la nouvelle Assemblée, pour lui demander[...]

Tunisie : Ennahdha protège ses arrières

Alors qu'un second tour de la présidentielle doit encore être organisé en décembre, les négociations ont déjà commencé entre Nidaa Tounès et Ennahdha pour la formation[...]

Présidentielle tunisienne : l'Isie annonce un second tour entre Essebsi (39,46 %) et Marzouki (33,43 %)

L'Instance supérieure indépendante pour les élections en Tunisie (Isie) a rendu public mardi les résultats provisoires (hors recours) du premier tour de la présidentielle organisée le 23[...]

Tunisie : la dernière marche

Les Tunisiens nous étonnent chaque jour un peu plus. De tous les peuples arabes, ils sont ceux qui ont fait montre de la plus grande maturité, malgré de vives inquiétudes après le[...]

Présidentielle tunisienne : vers un second tour Essebsi - Marzouki

Le premier tour de la présidentielle tunisienne s'est tenu dimanche avec un taux de participation d'environ 64 %. Selon les premières estimations à la sortie des urnes, Béji Caïd Essebsi devance[...]

Tunisie : faible participation à la présidentielle

À la mi-journée, le taux de participation à la présidentielle tunisienne était de 11,85 %. Un faible intérêt de la population pour le scrutin, qui ne lui enlève pas son[...]

Tunisie : ouverture des bureaux de vote pour une présidentielle historique

Les bureaux de vote ont ouvert leurs portes dimanche en Tunisie pour la première présidentielle libre de son histoire, près de quatre ans après la révolution de janvier 2011 qui lança le[...]

Une Tunisienne remporte le concours "Miss monde Muslimah" en Indonésie

Une informaticienne tunisienne, Fatma Ben Guefrache, a remporté vendredi en Indonésie l'élection de "Miss monde Muslimah", présentée comme une riposte aux concours de beauté[...]

La Tunisie vote pour sa première présidentielle de l'après-révolution

La Tunisie organise dimanche sa première élection présidentielle pluraliste et espère franchir sans accroc cette nouvelle étape de sa transition vers la démocratie, jusqu'ici[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces