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21/09/2012 à 09:33
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Des soldats ivoiriens patrouillant dans le sud de la Côte d'Ivoire. Des soldats ivoiriens patrouillant dans le sud de la Côte d'Ivoire. © AFP

Des hommes armés ont attaqué, jeudi 20 septembre au soir, deux commissariats de police et un poste de gendarmerie dans la commune de Port-Bouët, au sud d'Abidjan, faisant trois morts. La ville de Noé, à la frontière ghanéenne, a elle aussi été prise pour cible par des assaillants.

Mis à jour à 17h15.

Depuis les attaques à la chaîne contre les Forces Républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI) au début du mois d'août, la tension était quelque peu retombée. Dans la nuit de jeudi à vendredi, des hommes armés ont à nouveau visé les forces de sécurité, faisant au moins trois morts à Abidjan et à la frontière avec le Ghana.

En début de soirée, deux commissariats de police et un poste de gendarmerie ont été pris d'assaut dans la commune de Port-Bouët, dans le sud de la capitale économique ivoirienne. Plus tard dans la nuit, c'est la ville de Noé (environ 170 km d'Abidjan), à la frontière avec le Ghana, qui a été attaquée, provoquant la fermeture des voies de communication entre les deux pays.

Trois personnes ont été tuées dans les fusillades à Abidjan. Selon le ministre de la Défense, Paul Koffi Koffi, qui s'est rendu sur place vendredi matin, les attaques avaient pour but de s'emparer des armes entreposées dans les commissariats et la gendarmerie.

« Ce sont des bandits qui ont opéré hier, tout ce qu'ils ont pris comme armement a été récupéré. Un passant a été tué par des balles perdues, un militaire de passage a également perdu la vie et un des assaillants a été abattu », a-t-il déclaré à la presse. En outre, au moins une personne soupçonnée d'avoir participé aux violences a été arrêtée.

Frontière fermée

Paul Koffi Koffi a confirmé qu'une attaque s'était aussi déroulée jeudi soir à Noé, sans pouvoir donner davantage d'informations dans l'immédiat. « Les tirs ont commencé à Noé vers trois heures du matin. La population est apeurée, la frontière avec le Ghana a été fermée », a confirmé une source sécuritaire, qui ne disposait pas encore de bilan pour cette attaque.

Une vague d'attaques avait déjà visé en août les FRCI, à Abidjan, dans ses environs et dans l'ouest du pays, marquant le plus grave regain de tension en Côte d'Ivoire depuis la fin de la crise postélectorale de décembre 2010-avril 2011.

Elles avaient été attribuées par les autorités à des partisans de l'ancien président Laurent Gbagbo - des civils et des militaires, policiers ou gendarmes -, ce que dément le parti de l'ex-chef de l'État, le Front populaire ivoirien (FPI).

Ces violences ont été suivies de l'arrestation de plusieurs hauts responsables du camp Gbagbo, dont le secrétaire général du FPI, Laurent Akoun, condamné à six mois de prison ferme pour « trouble de l'ordre public ». Cinquante-quatre civils et 19 militaires ont aussi été arrêtés et sont inculpés, notamment pour « attentat contre la sûreté de l'État ».

Réconciliation en panne

De nombreux responsables politiques et militaires de l'ex-régime ivoirien ont trouvé refuge au Ghana, qui partage une frontière de près de 700 km avec la Côte d'Ivoire, ce qui a créé des tensions entre Accra et Abidjan. Le président ghanéen, John Dramani Mahama, a cependant assuré le 5 septembre qu'il ne laissera pas son pays servir de « base arrière » pour déstabiliser la Côte d'Ivoire.

Le porte-parole en exil de Laurent Gbagbo, et adversaire virulent du nouveau pouvoir, Justin Koné Katinan, accusé de « crimes économiques » par Abidjan, a été arrêté le 24 août à Accra. La justice ghanéenne examine une demande d'extradition vers la Côte d'Ivoire.

Les attaques de jeudi soir ont également eu lieu au lendemain de la commémoration du dixième anniversaire du déclenchement de la rébellion contre l'ancien président Laurent Gbagbo. Le processus de réconciliation paraît en panne en Côte d'Ivoire. Le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies, Bert Koenders, a appelé cette semaine à « relancer un véritable dialogue politique dans le pays ».

Le président de la Commission dialogue, vérité et réconciliation (CDVR), l'ancien Premier ministre Charles Konan Banny, avait aussi exhorté fin août le président Alassane Ouattara à prendre des « initiatives » pour relancer le dialogue.

(Avec AFP)

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