Extension Factory Builder
20/09/2012 à 17:36
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
On ne connaît pas les motifs de l'arrestation du chef de milice Mahamadou Diouara. On ne connaît pas les motifs de l'arrestation du chef de milice Mahamadou Diouara. © DR

Le chef de la milice d'autodéfense Bouyan Ba Hawi ("La mort vaut mieux que la honte" en langue songhaï) n'est pas réapparu depuis sa spectaculaire arrestation par les forces de sécurité, le 25 août dernier. À Bamako, les autorités restent muettes.

Pour arrêter Mahamadou Diouara, chef de la milice d'auto-défense Bouyan Ba Hawi, les forces d’intervention n’ont pas lésiné sur les moyens, cette nuit du 24 au 25 août. Trois pick-up, des cagoules et des kalachnikovs attendent le chef de milice devant sa porte. « Ils sont entrés en trombe dans l’appartement et ont braqué leurs armes de guerre sur nous. Ils n’ont pas dit qui ils étaient, ni ce qu’ils voulaient », se souvient un témoin de l’arrestation. Mahamadou Diouara est emmené manu militari à bord d’un pick-up et disparaît dans la nuit bamakoise. C’est la dernière fois qu’il a été vu.

Depuis, ni son lieu de détention, ni les charges retenues contre cet étudiant en sociologie n'ont été rendue publiques. Sa famille n'est pas autorisée à le voir. « Un seul appel téléphonique a été autorisé en trois semaines, s'alarme Cheick Diouara, l'un de ses frères. La Sécurité d’État a admis, au bout d’une semaine de relances, qu’elle détenait mon frère. Avant ça, on nous fermait la porte au nez. »

Toujours selon ses proches, aucun avocat n'a été pourvu à Mahamadou pour assurer sa défense. À la Sécurité d’État comme au ministère de la Sécurité intérieure, aucun élément ne filtre pouvant laisser présager un dénouement imminent de l’affaire.

Plus de trois semaines sans nouvelles

Cette détention est « totalement illégale », explique-t-on au siège de l’ordre des avocats du Mali. « La Sécurité d’État n’étant pas un auxiliaire de justice, elle n’est pas habilitée à détenir des civils. Même si l’affaire est suivie par un procureur, aucune garde à vue ne peut se prolonger au-delà de quatre jours. Cela fait plus de trois semaines aujourd’hui ! »

Selon un officier des Affaires publiques des Forces de sécurité maliennes, cité par plusieurs journaux de la capitale malienne, Mahamadou Diouara et ses miliciens détenaient un « arsenal de guerre ». « Faux » répondent plusieurs membres de la milice. « Nous n’avions que des bâtons, et un fusil pour 400 ! Qu’ils montrent à la presse les photos de cette prétendue saisie ! ».

Les quelque 400 membres revendiqués par Bouyan Ba Hawi attendaient de pouvoir rejoindre la « ligne de front » de Sévaré, à la limite du territoire sous contrôle de l'armée malienne. Deux autres milices y ont établi un campement et attendent avec impatience une offensive armée vers le Nord. En attendant, la Sécurité d'État peine à définir une politique ferme vis-à-vis de ces initiatives citoyennes vectrices d'instabilité politique.

________

Par François Rihouay, à Bamako

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Mali

Affaire Kadhafi - Sarkozy : les propos de Bany Kanté contredits par Dupuydauby

Affaire Kadhafi - Sarkozy : les propos de Bany Kanté contredits par Dupuydauby

Soupçonné d'être impliqué dans le financement présumé de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy par Mouammar Kadhafi en 2007, Cheick Amadou Bany Kanté a démenti merc[...]

Affaire Kadhafi - Sarkozy : le Malien Bany Kanté nie avoir joué un rôle de "porteur de valise"

Soupçonné par la justice française d'être impliqué dans le financement présumé de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy par Mouammar Kadhafi en 2007, le Malien Cheick[...]

Exclusif - Financement présumé de Sarkozy par Kadhafi : demande d'entraide judiciaire de la France au Mali

Rebondissement dans l'enquête sur le financement présumé de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy par Mouammar Kadhafi en 2007. Soupçonnant certains hommes d'affaires maliens d'être[...]

Mali - OIF : Dioncounda Traoré, le lièvre de Bamako

Après des mois d'hésitations, l'ancien chef de l'État malien se lance enfin dans la course pour succéder à Abdou Diouf à la tête de l'OIF. Le soutien du président IBK[...]

Nord du Mali : deux soldats burkinabè tués, quatre blessés dans un attentat suicide

Deux soldats burkinabè de la force de l'ONU au Mali ont été tués samedi et quatre blessés dans un attentat-suicide à Ber, dans le nord du Mali, a-t-on appris de source sécuritaire[...]

Mali : les négociations de paix d'Alger reportées au 1er septembre

Après une première phase préparatoire en juillet, les pourparlers entre le gouvernement malien et les groupes armés vont reprendre le 1er septembre à Alger et non plus le 17 août comme[...]

Mali : trois jihadistes, dont un proche de l'émir d'Aqmi au Sahel, arrêtés par l'armée française

Trois présumés jihadistes, dont un proche de Djamel Okacha, ont été arrêtés par l'armée française le 10 août près de Tombouctou.[...]

Mali : Karim Keïta, ascenseur pour un novice

Le fils du président malien, Karim Keïta, déjà président de la Commission de la Défense de l'Assemblée, multiplie les interventions à l'étranger. Une manière de[...]

Mali - Yero Ould Daha : "Le Mujao nous protégeait du MNLA"

Yero Ould Daha, ancien cadre du Mujao à Gao, a rejoint le Mouvement arabe de l'Azawad (MAA), groupe armé opposé au MNLA qui participe aux négociations d'Alger en vue d'un accord de paix.[...]

Le Mali relâche un ex-responsable jihadiste arrêté par les militaires français

Un ancien responsable du Mujao, un groupe islamiste armé, arrêté la semaine dernière à Gao, dans le nord du Mali, par les militaires français de l'opération Barkhane, a[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers