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20/09/2012 à 15:53
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Cindy Lee Garcia a porté plainte contre M. Nakoula. Cindy Lee Garcia a porté plainte contre M. Nakoula. © CNN

Dernier rebondissement en date dans "l’affaire Innocence of Muslims" : Cindy Lee Garcia, une des actrices ayant joué dans le film, a porté plainte pour "tromperie" contre le producteur présumé du film, Nakoula Basseley Nakoula, avant d'être déboutée. Se disant la cible de menaces de mort, elle répète que les acteurs ont été bernés. Dans le même temps, le script tel qu'il a été fourni aux acteurs vient d'être publié.

Mis à jour le 21/09 à 10h25.

Cindy Lee Garcia, qui apparaît dans « Innocence of Muslims » (« L’innocence des musulmans »), le film islamophobe qui a entraîné de violentes manifestations dans le monde musulman, a porté plainte pour tromperie contre Nakoula Basseley Nakoula, mercredi 19 septembre. Cependant, moins de 24 heures après, l’actrice a été déboutée par le juge Luis Lavin de Los Angeles. XCelui-ci a motivé sa décision notamment par la non-remise d’une copie du dossier de plainte à M. Nakoula. L’actrice californienne accusait le copte originaire d’Égypte, prétendu producteur du brûlot islamophobe, d'avoir dissimulé aux acteurs du film ses véritables motivations.

Lee Garcia, qui a été la première actrice du film à se présenter publiquement lors d'une interview accordée à CNN la semaine passée, soutient qu’elle a été dupée par M. Nakoula et assure qu'il se cache derrière le pseudonyme de Sam Bacile. La production aurait affirmé aux acteurs qu’ils allaient jouer dans un film d'aventures, présenté sous le titre de « Desert Warrior », se déroulant dans l’Égypte ancienne, à l'époque du Christ, mais en aucun cas dans un film « haineux » argue l’actrice.

M. Nakoula, producteur présumé du film, emmené par les forces de l'ordre pour son audition.

© Reuters

Volonté de nuire

L’actrice, qui incarne dans le long-métrage la mère d’une fille de 12 ans devant être mariée à Mahomet, avait également motivé sa plainte par des accusations d’intrusion dans sa vie privée, de fraude, de calomnie et de volonté de nuire rapporte Le Nouvel Observateur.

La plainte précisait que le scénario ne mentionnait pas à une seule reprise le nom du Prophète, pas plus que des allusions religieuses ou sexuelles. La Californienne a révélé que la plupart des scènes ont été tournées sur fond vert, avant que les décors ne soient juxtaposés en postproduction. Elle ajoute, dans une interview accordé au Hollywood Reporter que de grands noms du cinéma faisaient partie de la production et de la direction du film. Lesquels ? Elle n'en dit pas plus.

Concernant la scène où son personnage insulte Mahomet, l’actrice soutient qu’elle a conservé les scripts du film prouvant qu’elle devait seulement déclarer « Dieu soit loué, Dieu soit loué » d’un ton railleur alors que son mari se réjouissait que leur fille épouse « Maître George », à qui il voue une admiration sans faille. Lors de la postproduction, la voix de Lee Garcia aurait été doublée, et « Maître George » remplacé par « Mohammed » et certaines phrases ajoutées, comme celle qualifiant le futur mari de sa fille de « pédophile ».

Le script inital dévoilé

Le site américain Gawker a dévoilé le 18 septembre un document de 106 pages présenté comme le script initial du film, celui qui a été fourni aux acteurs. On y retrouve le fameux « maître George », présenté comme un messager de l’islam, qui sera transformé en « Mohammed » lors de la postproduction. Si les prénoms occidentaux (Docteur Matthew, Mary, William) et orientaux (Ali, Abou, Omar) s'y côtoient, les références à l’islam sont tout de même fréquentes et le nom d’ « Allah » apparaît à pas moins de 127 reprises. Retrouvez le document ici.

Lily Dionne, une jeune actrice, corrobore les dires de Mme Garcia. Elle a affirmé à Al-Jazira que les acteurs ont été rappelés lorsque le long métrage se trouvait en post-production pour enregistrer certains « mots spécifiques, comme Mahomet par exemple, de manière isolée et sortis de leur contexte ».

Le 18 septembre, le président de l’association Media for Christ, la compagnie de production conservatrice qui serait à l’origine du film, s’est aussi estimé dupée par le producteur dans la mesure où le film devait traiter des « persécutions de chrétiens », ce qu’il ne fait qu’au tout début.

Menaces de mort

« Mme. Garcia a perdu son emploi, son intimité » alors que les « actes de M. Nakoula » l’ont conduit dans une situation d’« extrême détresse » et suscité de profondes blessures et un sentiment de « honte, d’humiliation »,  souligne la plainte de l'actrice, d’une longueur totale de 17 pages, relayée par le Huffington Post.

La plainte déplore que l’actrice soit la cible de « menaces de mort sérieuses » et vive « dans la crainte pour sa vie et pour la vie et sécurité de toute personne liée à elle ». Son implication dans le film l’a privée de ce qui constituait jusqu’alors sa seule source de revenu, ainsi que de la garde de sa petite-fille.

L’actrice estime être dans son droit en réclamant d’être lavée des « mots haineux placés dans sa bouche » et de ne plus être « dépeinte comme une fanatique ». La plainte expose les craintes de l’actrice, qui redoute que sa participation au film ait brisé à jamais sa réputation et exerce un impact négatif sur sa capacité à décrocher de futurs rôles.

Google et YouTube également concernés

La plainte ciblait également Google et sa filiale YouTube, où des extraits de « Innocence of Muslims » ont été mis en ligne. L'actrice soutient que la plateforme de vidéos a porté atteinte à son intimité et mis sa vie en danger en autorisant la diffusion de ces extraits et réclame que le film soit retiré d'Internet.

« Cette plainte n'est pas une attaque contre le premier amendement [amendement qui consacre la liberté d'expression aux États-Unis, NDLR] ni contre le droit pour les Américains de dire ce qu'ils pensent, mais elle requiert que le contenu offensant soit retiré d'internet », expliquait le texte de la plainte.

Cindy Lee Garcia dans "Innocence of Muslims".

© Capture d'écran YouTube

L'extrait du film interdit dans sept pays

Google a toutefois déjà procédé à un blocage des extraits du film en Arabie Saoudite, Égypte, Inde, Indonésie, Libye et Malaisie pour des raisons de sécurité alors que le film a été jugé « illégal » dans plusieurs de ces pays.

L'Afghanistan, le Pakistan et le Soudan ont, pour leur part, bloqué eux-même les vidéos contenant des extraits du film (blocage de YouTube en intégralité pour le dernier pays).

L'agence Associated Press évalue à 28 au moins le nombre de personnes tuées dans les attaques et violences survenues suite à la diffusion des extraits du film.

(Avec agences)

Washington qualifie de terroriste l’attaque contre le consulat de Benghazi

Matthew Olsen, directeur du Centre de lutte antiterroriste (NCTC) américain, a affirmé, mercredi 19 septembre, devant une commission du Sénat, que ses quatre compatriotes tués lors de l’attaque du 11 septembre contre le consulat de Benghazi, dont l’ambassadeur Christopher Stevens, ont été victimes d’une « attaque terroriste ». Le patron de la lutte antiterroriste des États-Unis précise que l’attaque a néanmoins eu lieu de manière davantage opportuniste que planifiée.

Au conditionnel, M. Olsen évoque l'existence de liens entre les assaillants et Al-Qaïda ou Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). La chaîne de télévision américaine Fox News, s’appuyant sur des sources des services de renseignement, avance quant  à elle que Sufyan Ben Qumu, un ancien détenu de Guantanamo qui a été reconduit en Libye en 2007 avant d’être libéré un an plus tard, serait mêlé à l’attaque.

Jusqu’alors, l’administration américaine multipliait les déclarations contradictoires, décrivant l’attaque tantôt comme planifiée, tantôt comme spontanée. (Avec AFP)

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