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20/09/2012 à 09:52
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Capture d'écran d'une vidéo de l'un des otages français détenu par Aqmi. Capture d'écran d'une vidéo de l'un des otages français détenu par Aqmi. © AFP

Dans un message publié sur un site mauritanien, Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a reproché à la France, mercredi 19 septembre, d'avoir appelé à "envahir" le Nord du Mali. L'organisation terroriste a assuré que cela risquait d'aboutir à "la mort des otages" français et à "davantage de malheurs" pour le pays de François Hollande.

Dans un message adressé aux familles des quatre otages enlevés en 2010 à Arlit au Niger, l'organisation terroriste Aqmi reproche au gouvernement français d'avoir appelé à « envahir le pays des musulmans maliens ».

« Cette initiative folle n'aura pas seulement pour conséquence la mort des otages, mais noiera la France tout entière dans les marécages de l'Azawad (Nord du Mali), ce qui aura pour conséquence pour elle et pour son peuple davantage de malheurs et de drames », menace l'organisation. Paris souhaite appuyer logistiquement une éventuelle intervention, mais est soumis à des pressions contraires de ses alliés. Le président burkinabè et médiateur de la Cedeao dans la crise malienne, actuellement à Paris, à déclaré mercredi 19 septembre sur France 24 que les conditions posées par Bamako pour une intervention de l'organisation ouest-africaine, dont l'absence de soldat au sud du pays, la rendait « impossible ».

De son côté, le Premier ministre malien Cheikh Modibo Diarra, en visite à Paris, a affirmé que le temps « pressait » pour une intervention, réclamant « beaucoup plus de fermeté » de la part de la communauté internationale. Mais « la question des otages pourrait gêner la France, ce serait légitime », a-t-il ajouté. Tombouctou, Gao et Kidal, les trois régions administratives du nord du Mali -  sont occupées depuis plus de cinq mois par différents groupes alliés d'Aqmi. Pour imposer la charia (loi islamique), ils multiplient les exactions.

Cheick Modibo Diarra répond à Blaise Compaoré

« Le temps est du côté des terroristes. Plus nous prenons du temps, plus ils ont l'opportunité de faire des dégâts, de s'enraciner, de peaufiner leur stratégie. (…) Je demande beaucoup plus de fermeté de la communauté internationale, et surtout qu'on prenne une décision. (…) Plus le temps passe, plus cela va être compliqué de déloger les islamistes, plus ils ont le temps de cibler d'autres endroits et d'exporter le problème ailleurs. Nous avons suffisamment de troupes, ce qui nous manque c'est le renseignement, l'aspect logistique et la formation », a insisté Cheick Modibo Diarra, énumérant « des armes individuelles, des détecteurs de métaux, tout ce qui permet une lutte anti-terroriste efficace dans les villes. (…) Le Mali aura aussi besoin de logistique, d'armes, de formation et de renseignement pour la phase de reconquête du Nord. (...) Nous avons demandé cinq bataillons à la Cedeao pour venir en appui à l'armée malienne dans le nord (…) ainsi que le soutien aérien de tous nos amis et partenaires. Une conquête comme ça ne peut pas se faire sans soutien aérien. »

Cheick Modibo Diarra s’est ensuite évertué à répondre au président burkinabè Blaise Compaoré, qui a jugé mercredi que les conditions n'étaient pas réunies pour une intervention armée ouest-africaine, mettant en cause « le manque de souffle » dans « le processus de sortie de crise au Mali ». « Il n'y a aucune réticence à Bamako, affirme le Premier ministre. La requête d'aide faite à la Cedeao reflète la position du gouvernement, de toute l'armée du Mali et de toutes les populations du Mali. (...) Les besoins du Mali ont été mis sur le papier », a-t-il expliqué, énumérant les différentes phases d'une opération : sécurisation de Bamako laissée à la responsabilité des forces maliennes ; appui logistique et formation des troupes maliennes avec la Cedeao ; reconquête du nord avec l'appui de cinq bataillons ouest-africains; sécurisation des zones après la reconquête.

"Promesses"

Aqmi commence toutefois son message par une proposition de négociations et, pour la première fois, s'adresse directement aux familles des quatre Français - salariés du groupe nucléaire français Areva, qu'elle retient en otages depuis deux ans. « Nous annonçons, via ce communiqué, notre disponibilité aux négociations », ont déclaré les islamistes, qui ajoutent : « c'est le gouvernement français qui a fermé la porte aux négociations et continue de mettre en danger la vie de vos fils ».

« Nous attendons de votre gouvernement qu'il fasse le premier pas, juste en prenant contact avec nous, afin de pouvoir tenir ses dernières promesses et assurances aux familles », dit encore l'organisation. Les familles des otages n'ont pas souhaité « réagir à chaud » au message, selon leur porte-parole, Mireille Blain. « J'attends », a le grand-père de l'otage Pierre Legrand.

Le 13 septembre, pendant qu'il recevait les familles des otages français, François Hollande leur avait assuré que « tout était fait avec la plus grande détermination » pour obtenir la libération des otages enlevés au Niger, de même que celle de deux autres Français enlevés au Mali fin 2011, également aux mains d'Aqmi.

C'est le site mauritanien Saharamedias, généralement très bien informé sur les activités des groupes islamistes armés au Mali, qui a publié le message. Il a déclaré avoir « authentifié » le message auprès de ses réseaux. Le 8 septembre, ce sit avait publié une vidéo datée du 29 août qui avait prouvé que les Français enlevés au Niger étaient encore en vie.

"Prendre contact"

Chacun d'eux demandait de faire le « maximum pour prendre contact avec Al-Qaïda ». Considéré comme étant le responsable de la mort de deux otages occidentaux, l'Algérien Abou Zeid, l'un des chefs les plus redoutés d'Aqmi, aurait le sort de la vie des otages français entre ses mains.

« Nous avions pensé que le nouveau pouvoir français était plus sage que l'ancien et serait plus soucieux de la vie des citoyens français » et qu'il traiterait « les vraies causes qui ont fait que nos combattants ont pris pour cible les citoyens français », affirme encore le signataire du texte, Salah Abou Mohamed, « responsable à l'information d'Aqmi ».

Le groupe terroritse menace les France au moment où l'Afrique de l'Ouest étudie les conditions d'un déploiement d'une force africaine au Mali, pour aider l'armée malienne à reconquérir le Nord. À la fin du mois d'août le président français François Hollande avait annoncé que la France appuierait « logistiquement cette intervention » si elle était organisée « dans le cadre de la légalité internationale ».

(Avec AFP)
 

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