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17/09/2012 à 16:09
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Mariam Sankara accuse le président burkinabè d'être responsable de la mort de son mari. Mariam Sankara accuse le président burkinabè d'être responsable de la mort de son mari. © DR

Habituellement très discrète, la veuve de Thomas Sankara, Mariam Sankara, a décidé de briser le silence qu’elle s’impose depuis des années. Dans une lettre adressée à François Hollande, datée du 13 septembre, signée de sa main et dont nous reproduisons de larges extraits ci-dessous, elle tente de "le dissuader" de recevoir Blaise Compaoré à l’Élysée, tout en lui demandant "d’exiger" de son hôte que "justice soit rendue au feu président Thomas Sankara".

Durant trois jours à compter du 17 septembre, le président du Burkina Faso doit effectuer « une visite d’amitié » à Paris. Il devrait être reçu par son homologue français mardi à 16 heures au palais de l’Élysée. Il sera notamment question de la coopération entre les deux pays et de la crise au Mali.

La veuve de l’ancien chef d’État burkinabé s’est installée en France, dans la région de Montpellier, après l’assassinat de son mari, le 15 octobre 1987. Elle y a élevé leurs deux enfants (qui sont aujourd’hui étudiants aux États-Unis) en prenant soin de ne pas attirer l’attention des médias.

"C’est un sanguinaire"

Pour elle, la venue de Compaoré dans son pays d’accueil est inacceptable. « Blaise Compaoré n’est pas le démocrate qu’il prétend être », écrit-elle. « C’est un sanguinaire » qu’elle accuse d’être à l’origine de l’assassinat de son mari, et dont elle rappelle les immixtions dans plusieurs conflits de la région durant les vingt dernières années (en Angola, au Libéria et en Côte d’Ivoire notamment).

« Monsieur le Président, conclut-elle, je suis persuadée que la vision politique que vous incarnez permettra de faire avancer [la vérité sur la mort de Thomas Sankara, NDLR] ». Elle l’appelle notamment à soutenir la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire « pour situer les responsabilités » dans la mort de Sankara et à exiger de Compaoré que la plainte qu’elle a déposée voici plusieurs années à Ouagadougou soit suivie d’effets.

Un rassemblement « contre la réception de Compaoré à l’Élysée » est prévu ce lundi 17 septembre, à 18h30 à Paris, à l’appel d’une trentaine d’associations, de collectifs et de partis.

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