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17/09/2012 à 09:33
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Le président du Parlement libyen, Mohammed al-Megaryef, lors d'une interview le 15 septembre 2012. Le président du Parlement libyen, Mohammed al-Megaryef, lors d'une interview le 15 septembre 2012. © AFP

Tripoli a annoncé, dimanche 16 septembre, avoir interpellé une cinquantaine de personnes à la suite de l'attaque meurtrière de Benghazi. Contrairement aux autorités libyennes qui parlent d'un assaut "planifié", l'ambassadrice américaine à l'ONU, Susan Rice, estime que celui-ci n'était pas forcément prémédité.

Qui se cache derrière l'attaque meurtrière du consulat américain de Benghazi ? Près d'une semaine après l'attaque qui a coûté la vie à l'ambassadeur Chris Stevens et à trois de ses compatriotes, la question reste toujours sans réponse. Dimanche, la Libye a annoncé un vaste coup de filet dans l'enquête sur l'assaut du consulat - qualifié d'« attentat planifié » - avec une cinquantaine de personnes interpellées.

L'ambassadrice américaine à l'ONU, Susan Rice, a au contraire estimé que cette attaque, le jour du 11e anniversaire du 11 septembre, n'était pas forcément « préméditée » et résultait plus probablement d'un rassemblement « spontané » et « violent » qui se déroulait le 11 septembre devant le consulat des États-Unis à Benghazi (est de la Libye).

Une vague de protestations et de violences antiaméricaines secoue le monde arabo-musulman à la suite de la diffusion, sur Internet et à la télévision égyptienne, d'un extrait d'un film amateur américain islamophobe. Des affrontements ont eu lieu devant des représentations diplomatiques américaines en Afrique du Nord, au Moyen-Orient et en Asie. Des manifestations se sont aussi tenues ce week-end à Paris, Anvers et Londres.

Selon le département d'État, l'ambassadeur Christopher Stevens et trois autres Américains ont perdu la vie à Benghazi lorsque des « militants extrémistes libyens » ont pris d'assaut au lance-roquettes le consulat, incendiant le bâtiment.

L'ombre d'Al-Qaïda

La Libye, qui, dès le début de son enquête, avait montré du doigt des partisans du régime déchu de Mouammar Kadhafi et d'Al-Qaïda, a annoncé dimanche, par la voix du président du Parlement Mohammed al-Megaryef, l'interpellation « d'environ cinquante » personnes.

Le dignitaire a précisé sur CBS News qu'un « petit nombre » d'assaillants étaient des étrangers entrés en Libye, « certains depuis le Mali et l'Algérie ». « Les autres sont des complices, peut-être des sympathisants », a-t-il ajouté.

Mais une chose est sûre pour Tripoli : l'attaque n'est pas directement liée aux violences provoquées par le film « L'innocence des musulmans » qui accuse l'islam d'être un « cancer ».

Cet assaut « était planifié, c'est certain, par des étrangers, par des gens entrés dans le pays il y a plusieurs mois. Et ils prévoyaient cette attaque criminelle depuis leur arrivée », a martelé Mohammed al-Megaryef. Ces propos corroborent ceux d'Al-Qaïda, qui déclare que l'attentat a été motivé par la mort du n°2 de la nébuleuse islamiste, le libyen Abou Yahya al-Libi, tué en juin dans une attaque américaine au Pakistan.

Prudence à la Maison Blanche

Prenant le contre-pied des affirmations libyennes, l'ambassadrice Susan Rice a quant à elle expliqué sur la chaîne ABC que le drame de Benghazi avait commencé mardi par un rassemblement « spontané et non pas prémédité » contre le film, à l'instar de ce qui se passait le même jour en Égypte. « Des gens s'étaient rassemblés à l'extérieur du consulat avant que cela devienne très violent et que des extrémistes lourdement armés se jettent dans la mêlée », a insisté Mme Rice sur Fox News. « Nous ne voyons pas de signes, en l'état actuel, d'un projet coordonné, d'une attaque préméditée », a déclaré l'ambassadrice. Elle a toutefois demandé « d'attendre » les « confirmations définitives de l'enquête » du FBI.

Mesures de sécurité renforcées

Face aux agressions contre leurs représentations diplomatiques, les États-Unis ont envoyé cent soldats Marines en Libye et cinquante au Yémen, le Soudan refusant l'entrée de ces « forces spéciales ». Le secrétaire à la Défense Leon Panetta a souligné que son pays devait être « prêt » au cas où « les manifestations seraient hors de contrôle ». Washington a ordonné samedi soir l'évacuation de tout son personnel non essentiel de Tunisie et du Soudan - théâtres d'affrontements meurtriers vendredi - et a déconseillé à ses concitoyens de se rendre dans ces pays. La secrétaire d'État Hillary Clinton a également téléphoné samedi à ses homologues égyptien, saoudien, turc, britannique et français, ainsi qu'au Premier ministre libyen et au président somalien pour réclamer leurs soutiens.

Jusqu'ici, Washington est resté extrêmement prudent sur cette enquête. La Maison blanche a indiqué vendredi « n'avoir aucune information laissant penser à une attaque planifiée ». Le département d'État a annoncé qu'il ne communiquerait plus sur le sujet.

Reste que dès mercredi, un responsable américain avait dit privilégier la piste d'une opération coordonnée, les assaillants s'étant servis de la manifestation comme d'un « prétexte ». D'autant que, comme l'a souligné le sénateur républicain John McCain sur CBS, « la plupart des gens ne vont pas manifester avec des lance-roquettes et des armes de guerre ».

(Avec AFP)
 

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